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26/05/2000
RÉSOLUTIONS DU TROISIEME CONGRÈS

.... Un sursaut salutaire et rédempteur devient impérieux devant le danger d’une déflagration sociale qui menacerait la survie même de la patrie algérienne. L’ouverture d’un front social devient également une impérieuse nécessité pour acculer ce pouvoir impopulaire à son retrait de la gestion du pays afin de laisser se promouvoir la démocratie, seule à même de redonner au peuple sa véritable dimension. ...


ASSISES DU TROISIEME CONGRÈS

RESOLUTIONS DU CONGRÈS

ECONOMIE, FINANCES ET SOCIAL

Etat des lieux :

Après près d’un demi-siècle de gestion autoritaire de la société, le pouvoir a plongé le pays dans une situation de dépendance multiforme, qui s’est traduite notamment par une paupérisation totale du citoyen.

L’hypothèque des ressources naturelles du pays par une politique d’endettement erratique, substitue pour le pays une...........sévère et durable. Le rééchelonnement de cette dette très mal négociée a porté un coup sévère à l’emploi, au revenu, au pouvoir d’achat des citoyens et aux investissements.

Cette politique de l’échec s’est traduite par des perversions économiques et sociales qui peuvent s’illustrer par les indicateurs suivants :

 - Une paupérisation absolue des pans entiers de la société.

 - Un chômage endémique d’un tiers de la population active.

 - De graves déséquilibres macro-économiques : dette interne, déficit budgétaire, déficience du système de protection sociale.

 - Insatisfaction des besoins sociaux de base tel que le logement.

 - Arrêt et stagnation du processus de développement du pays.

 - Des coûts de production prohibitifs des biens et services locaux qui grèvent leur compétitivité interne et externe.

 - Fraude et évasion fiscale tolérées et encouragées qui obèrent gravement les ressources de la nation.

 - Désinvestissement généralisé, alimentant une fuite importante de capitaux à travers des circuits occultes et à l’origine d’une grave sous-utilisation des capacités de production nationale.

 - Un climat d’insécurité, s’ajoutant au désordre économique entretenu, explique la répulsion du capital étranger à s’investir dans les branches autres que celles de l’énergie.

 - Une grave détérioration du pouvoir d’achat du citoyen algérien.

 - Une dépendance alimentaire sans cesse grandissante.

 - Un mécontentement social de plus en plus profond s’exprimant à travers une multitude de fléaux et dérives sociaux.

 - Des choix de développement économique inadaptés ainsi une allocation bureaucratique des ressources sont à l’origine d’une corruption érigée en système de pouvoir.

 - Une gestion irrationnelle et occulte de la manne financière temporaire obtenue par les accords avec le FMI, a permis le financement de l’effort de guerre, contre les Algériens et l’enrichissement de réseaux maffieux liés au pouvoir.

Pour l’ensemble de ces considérations, le programme de développement que propose le FFS s’inscrit dans une stratégie de rupture nécessaire et salutaire avec la politique économique et les méthodes de gestion du régime, en concertation étroite avec l’ensemble des partenaires sociaux, des acteurs et opérateurs économiques. Cette politique se fixera comme priorités économiques du pays, la relance de l’investissement productif et la création d’emplois par la maîtrise des leviers économiques qui les conditionnent tels que (le taux d’intérêt, taux de change et le taux de l’inflation), elle devra en outre évoluer à travers le double écueil d’une démographie galopante qui continuera de peser sur les infrastructures de santé, d’éducation et de transport, sur le budget alimentaire de la nation, et d’un endettement toujours très lourd malgré le rééchelonnement obtenu absorbant de ce fait la majeure partie des recettes d’exportations, rétrécissant ainsi l’épargne extérieur destiné à l’investissement et à la relance. Mais ces contraintes sont atténuées par de nombreux atouts qui, bien exploités pourraient assurer un développement rapide de l’économie nationale :

 - Une main d’œuvre jeune et relativement qualifiée

 - Des ressources minières partiellement explorées et exploitées

 - Une position géostratégique.

Ces atouts, avec la crédibilité de notre programme alternatif de développement, renforceront notre capacité de négociation tant globale que bilatérale, en vue d’établir une coopération avantageuse à long terme sur la base d’un programme de co-développement : la fourniture de matières premières, d’un marché de projets et de produits contre des capitaux et de la technologie.

Les principaux axes de notre programme de développement :

- Ce programme s’inscrit dans le modèle de l’économie sociale de marché fondée sur :

- La liste initiative économique

- La concurrence légale et la coexistence féconde des secteurs public et privé

- Le désengagement de l’Etat du circuit productif et son investissement dans des fonctions de régulation sociale et de redistribution des revenus en faveur des plus démunis, de création de climat favorable à l’entreprise et de correction des effets négatifs du marché.

Ce programme est basé en outre sur une ouverture graduelle et contrôlée dans une perspective d’intégration régionale (le Maghreb et l’Union Européenne) et mondiale (OMC) sans que cette libération ne se fasse au détriment de la production nationale et de l’emploi.

Une réforme de l’Etat, visant à mettre en œuvre qui permettra une décentralisation des fonctions économiques de l’Etat et une meilleure prise en charge des spécificités régionales à même de rapprocher l’Etat du citoyen.
Les actions prévues viseront à développer les priorités, sectorielles recteurs de relance économique de création et distribution des revenus et de satisfaction des besoins sociaux fondamentaux :

La modernisation de l’agriculture par une politique hardie d’intensification et d’encadrement technique et humain judicieux permettra de dynamiser l’emploi agricole et rurale, de réduire la lourde facture alimentaire et de recouvrer notre indépendance et autosuffisance alimentaire ; l’économie de devise ainsi réalisée permettra le financement de la relance d’autres secteurs.

La valorisation de notre potentiel halieutique matérialisé par une façade maritime de 1200 Km en assurant une infrastructure maritime appropriée et en renforçant la flotte. L’amélioration ainsi attendue des captures permettra de résorber sensiblement le déficit chronique en protéines animales

La reconstitution, la régénération et le développement du patrimoine forestier, fortement dégradé, permettront, de préserver la surface arable en régression, de lutter contre la désertification et l’érosion des sols et de favoriser la substitution de micro-climats, en sus des retombées bénéfiques attendues de son exploitation. L’amélioration et la préservation du cadre de la qualité de vie du citoyen agressé dans sa quotidienneté par nombre de nuisances de tous types générées par le non respect des normes environnementales les plus élémentaires, nécessiteront une intervention plus active des pouvoirs publics afin de protéger le fragile équilibre écologique entre l’homme et la nature qui, suditionne de nos jours la dynamique des sociétés humaines.

L’assainissement du secteur industriel visera :

Le renforcement des secteurs vitaux et stratégiques de l’économie, notamment, le secteur pétrolier et gazier, qui de par leur impact social et macro-économique devront rester sous le contrôle de l’Etat.

Le développement de la PMI/PME qui permettra de faire face à une demande d’emplois toujours plus massive, d’améliorer l’intégration économique intersectorielle et de répondre à une demande sociale accrue en biens et services.

Néanmoins, l’assainissement des entreprises publiques ne se fera pas sans le consentement des travailleurs qui seront étroitement associés à la gestion en qualité d’actionnaires privilégié. L’apport de capitaux étrangers sera nécessaire pour permettre une remise à niveau technologique de ces unités.

Ce secteur des PMI/PME si nécessaire à la densification industrielle doit être encouragé dans les branches d’exportation et de substitution des importations.

L’ouverture de grands chantiers et le lancement d’infrastructures lourdes dans le secteur de l’habitat, des réseaux routiers, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires, dans la grande hydraulique, outre leur avantage d’être très intensifs en travail donc générateurs d’emplois, répondront à une importante demande sociale jusque là insatisfaite tant en amont qu’en aval.

La concrétisation de ce programme, certes ambitieux, mais néanmoins réaliste et à notre portée, nécessitera une recherche et une mobilisation d’importants moyens financiers aussi bien internes qu’externes.

Le financement du programme : Il résultera d’actions à plusieurs niveaux :

La mise en œuvre d’une véritable révolution fiscale à même d’assurer la transition de l’économie algérienne d’une économie de rente à une économie moderne, assurera plus de justice et plus de simplicité donc de contrôle permettant ainsi d’améliorer les rentrées fiscales de l’Etat. Ces performances seront obtenues, corrélativement à un allégement du lourd poids fiscal qui repose sur les travailleurs par le biais de la fiscalité sur la dépense et du prélèvement à la source ; par une lutte soutenue contre la fraude et l’évasion fiscale, et une meilleure évaluation de l’assiette fiscale et des patrimoines mobiliers et immobiliers. L’instauration d’une taxe sur les capitaux oisifs (terre agricole et immeuble non exploités).

La mobilisation de l’épargne nationale dont celle de l’immigration devra à cet effet bénéficiée de toutes les incitations nécessaires notamment en taux d’intérêt. Des mesures seront prises pour encourager la déttésaurisation d’une importante épargne et l’inciter à se recycler dans le circuit productif.

Une gestion judicieuse et rationnelle de la dette procurera une aisance financière certaine et permettra à l’Etat de dégager les capacités de financement nécessaires au développement.

L’appel à la contribution du capital étranger qu’il s’agira d’attirer et d’intéresser à un partenariat actif utile et bénéfique.

En conclusion, il est évident que la mise en œuvre et la matérialisation du programme proposé nécessite le préalable incontournable du rétablissement de la paix et l’instauration d’une véritable démocratie.

COMMISSION EMIGRATION

Le projet du Front des forces socialistes, FFS, vise l’intégration nationale par la transformation de la société. Aussi implique-t-il une participation véritable de notre émigration au processus engagé dans notre pays, ce qui est impératif si l’on veut faire vivre la démocratie et réussir une société intégrée où chacun peut être reconnu comme citoyen à part entière.

La spécificité de l’émigration ne se limite pas uniquement à une zone géographique. En effet, l’émergence de nouvelles générations nées et ayant grandi à l’étranger, en France notamment, et porteuse de nouveaux projets renforce davantage les perspectives démocratiques.

Par son dynamisme, ses potentialités créatives et inventives mais aussi et surtout par son ancrage dans la modernité, elle peut aussi susciter une émulation libératrice et stimulante dans notre jeunesse.

La contribution de l’émigration à la relance économique de l’Algérie doit être encouragée par des mesures incitatives à même d’attirer son épargne. Notre pays a également besoin du savoir-faire de notre émigration dans les secteurs de l’économie, dans les sciences humaines et exactes, ainsi que dans les technologies, notamment les nouvelles technologies, afin de faire face aux nouveaux enjeux (PAD).

Notre pays peut tirer profit du capital d’expérience forgé dans les luttes politiques, syndicales et dans le milieu associatif de l’émigration, ce qui constitue un atout non négligeable de la construction de la démocratie.

Défendons ensemble notre partie dans la synergie et l’unité.

L’Algérie doit gagner en sa faveur tout ce potentiel humain, intellectuel et économique en créant des conditions nécessaires à cette politique aux plans juridique, institutionnel, économique et socioculturel.

Le FFS Emigration - par le biais de ses structures organiques, de ses représentants et ses relais - doit être porteur des aspirations et revendications légitimes de notre communauté.

Il doit devenir un interlocuteur auprès des instances des pays d’accueil pour défendre les droits de la communauté tant au niveau moral, droits de la Personne Humaine : inégalité de traitement, xénophobie, double peine prison et expulsion, que matériel :

En informant la communauté de ses droits et l’aider à les faire appliquer avec le concours des associations compétentes, le FFS étant membre de l’I.S. Il a développé un réseau d’associations, de syndicats, et d’intellectuels des plus compétents ;

En mobilisant et en sensibilisant, en faisant un travail de mémoire auprès de la seconde Génération, pour se faire organiser des rencontres, tournées/débats, avec des intervenants compétents nationaux et/ou internationaux ;

En incitant la communauté à user de ses droits civiques pour les binationaux de manière à être considéré dans la société civile du pays d’accueil ;

En construisant un "pont" entre le pays d’origine et le pays d’accueil : pont culturel, information, formation, échange d’idées avec nos compatriotes,

En se mobilisant en impulsant la solidarité, le service national, les études, les problèmes de papiers, les retraites, les rapatriements de corps, etc.

Sans cette prise en compte nécessaire et sans une réelle volonté affichée de changer l’étiquette "émigration = citoyens de seconde zone n’ayant que des devoirs, porteuse de devise, base arrière logistique, pour notre pays d’origine l’Algérie, et des "étrangers" pour le pays d’accueil.

Le FFS ne pourra, de manière efficace, être entendu.

Dans son projet de société le FFS doit avoir en permanence le souci de cette émigration qui au fur et à mesure des générations s’accroît en nombre et dont l’intégration reste toujours à faire.

Le FFS récoltera alors le fruit de son travail sur le terrain, un travail de proximité et de conscientisation auprès des binationaux - potentiel de sympathisant
CULTURE - EDUCATION - FORMATION - RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Culture :

Après avoir été longtemps prise en otage par un pouvoir totalitaire, la culture algérienne plurielle et riche par ses valeurs identitaires : Amazighité, l’Islam, l’Arabité et la modernité, ne doit plus être perçu comme danger pour l’unité nationale. Leur prise en charge effective ne doit souffrir d’aucune ségrégation.

L’ouverture sur le monde et la modernité et une nécessité pour nous permettre l’accès au progrès et aux valeurs universelles.

Le FFS entend promouvoir la culture algérienne par la concrétisation du principe du pluralisme culturel et linguistique à tous les niveaux, et la mise à disposition des moyens appropriés à ce secteur afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle moteur, dans le développement du pays.

Education :

Préambule : Le système éducatif, véritable cheville ouvrière de formation et de promotion sociale vit une crise multiforme et son échec est patent. Les dommages subis par notre société sont d’une extrême gravité dans la mesure où les lésions infligées à des générations entières de notre jeunesse sont hélas irréversibles.

La politique d’arabisation irrationnelle non préparée et incompatible avec les faibles potentialités du pays en la matière a provoqué une déperdition importante de cadres et d’enseignants de haut niveau.

Cette politique brutale et démagogique, basée sur le prétexte fallacieux de souveraineté, n’est en fait qu’une dangereuse manifestation dans la mesure où elle a :

Ignoré le contexte géo-culturel de l’Algérie

Compromis les chances d’adaptation aux exigences du monde moderne

Jeté l’anathème à l’encontre d’enseignants francisants de valeur.

Le système éducatif, socle de toute émancipation politique, économique et sociale, se trouve livré à des forces rétrogrades et obscurantistes qui réduisent considérablement les chances d’éclosion d’une véritable démocratie constructive.

L’état de délabrement avancé de notre système de formation fait apparaître comme une nécessité impérative d’opérer une véritable révolution de notre institution éducative afin de permettre, à terme l’entrée de notre pays dans le concert des nations modernes. A cet effet, notre approche doit prendre sa source et puiser ses fondements dans la déclaration des droits de l’enfant approuvée par l’O.N.U le 20.11.1958, ainsi que dans la convention internationale sur les droits de l’enfant approuvée le 20.11.1989.

De ces textes, nous ne citerons que la substance de base qui doit guider notre réflexion : “ L’enfant doit bénéficier d’une protection spéciale et se voir accorder des possibilités et des facilités, par l’effet de la loi et d’autres moyens afin d’être en mesure de se développer, d’une façon saine et normale, sur les plans : physiques, intellectuel, moral, spirituel et social, dans les conditions de liberté et de dignité dans l’adoption des lois à cette fin, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération déterminante et ce, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langues, de religion, d’opinion politique où de toute autre opinion, d’origine national ou social, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

Il s’agit, donc de former l’homme de demain, en fonction des données universelles, en matière de psychologie appliquée et de pédagogie active, sur la base des principes suivants :

Former un Algérien fier de ses origines, autonome et ouvert sur le monde conscient de la dignité, jaloux de sa liberté, conscient de ses obligations envers la société fortement imprégné et respectueux des droits de l’homme.

Recréer une institution éducative qui génère, l’intelligence et non l’obscurantisme et les extrémismes de toutes sortes, par l’assimilation des connaissances universelles, notamment scientifiques et techniques, par un esprit ouvert à la rationalité, l’intuition vérifiable de l’esprit critique.

Les attitudes sont de nature à renforcer les idées de progrès et à répondre aux exigences du développement. L’application des principes de démocratie, transcendera alors toute forme de subjectivité (langue, mixité, ...) .

L’éducation civique orientée vers un patriotisme authentique exclura les visions étroites et le chauvinisme.

On arrivera alors à ancrer les valeurs de dignité humaine de tolérance et de solidarité agissante dans l’esprit de tout un chacun.

Refonte du système éducatif :

Le FFS est pour une profonde mutation du système éducatif. La refonte doit baser sa réussite dans la capacité d’intégrer les progrès scientifiques et technologiques tout en respectant les valeurs qui définissent la personnalité algérienne.

L’école doit refléter l’identité algérienne authentique dans sa dimension historique dans sa dimension historique intégralement rétablie. Dans sa dimension linguistique Tamazigh et arabe.

L’école algérienne doit être démocratique, elle doit en traduire les valeurs.

L’école algérienne doit être moderne par l’introduction de méthodes conformes à la promotion de l’esprit rationnel en s’inscrivant dans une perspective de progrès universel. Dans ce contexte, il s’agira de trancher sans complaisance sur la nécessité d’introduire de façon importante les langues étrangères comme instrument efficace d’ouverture au progrès.

L’école algérienne doit être neutre et tolérante, respectueuse de tous sur le plan politique, religieux moral et civique. Respectueuse de la dignité et de la liberté de l’enfant et du citoyen.

Suppression et discrimination factice.

L’enseignement général, technique et professionnel, grâce à une orientation basée sur les aptitudes et les prédispositions de chacun et que l’école doit révéler. La prise en charge précoce de l’enfant (crèches, préscolaire).L’enseignement préscolaire doit se généraliser et être mis sous la tutelle du ministère chargé de l’éducation nationale.

Cycle d’enseignement obligatoire :

L’enseignement doit être obligatoire de 06 à 16 ans, on y enseigne :

Les disciplines de base et les disciplines d’observation avec l’utilisation de la langue maternelle dans les activités d’éveil.

Les activités qui développent l’habilité manuelle pour une projection technologique.

Disciplines d’éducation civique et morale.

Les langues étrangères avec un horaire qui permette son acquisition pour une utilisation instrumentale et utilitaire.

A la fin du cycle, l’élève doit avoir acquis les notions essentielles de moral et civisme. Il doit avoir un minimum de connaissance linguistiques, scientifiques et techniques lui permettant de poursuivre les études secondaires ou le cas échéant, pour entrer dans le monde du travail et de la vie active.

Enseignement secondaire et technique :

L’enseignement secondaire doit avoir une double finalité :

Préparer à l’enseignement supérieur

Préparer à l’entrée dans la vie active immédiatement ou après une formation spécialisée de courte durée.

Une réforme est indispensable au niveau de l’enseignement secondaire qui doit permettre d’introduire la langue française pour toutes les disciplines scientifiques et techniques.

Une sélection et une orientation judicieuses doivent être effectuées en fonction des aptitudes de réussite ou des possibilités de chacun. Les élèves non admis doivent être pris en charge par la formation professionnelle.
Formation professionnelle :

Le FFS considère la formation professionnelle comme un instrument de valorisation de la ressource humaine et de la promotion de l’emploi.

La formation professionnelle permet l’insertion des jeunes dans la vie active.

Adapter les moyens matériels, didactiques et techniques aux nouvelles technologies.

Assurer aux jeunes issues du système éducatif une formation de qualité répondant aux exigences technologiques actuelles.

Pour répondre aux profondes mutations économiques :

Revaloriser le statut du Formateur

Assurer des recyclages et perfectionnements aux formateurs.

La formation professionnelle doit établir un rapprochement étroit avec le monde de travail et l’ensemble des partenaires économiques et sociaux.

Développer tous les modes de formation à savoir :

Résidentiel

Apprentissage

A la carte

Cours du soir

A distance

Par alternance

Elargir le système modulaire à travers tous les établissements de la formation professionnelle.

Arrêter une stratégie plus performante en matière de formation-production.

Etablissements privés :

Le FFS considère que les établissements privés doivent :

D’une part venir en complémentarité aux établissements de la formation professionnelle.

D’autre part assurer une formation de qualité.

Ces établissements permettront par ailleurs d’élargir les capacités en postes pédagogiques et de développer davantage les métiers d’art traditionnel et artistique en matière de tourisme.

Recherche scientifique :

L’université algérienne n’assure plus aujourd’hui la mission pour laquelle, elle est destinée, à savoir la formation de cadres de haut niveau, capables de participer au développement du pays.

L’afflux croissant d’étudiants qui arrivent chaque année, fait que le rapport Etudiants/Enseignants devient de plus en plus important, ce qui se traduit par une dégradation du niveau de la formation. L’inadéquation des conditions de travail pour l’étudiant et l’enseignant et le manque d’infrastructures et d’équipements pédagogiques et de recherche accentuent cette dégradation. Il est également constaté une sous-utilisation du potentiel scientifique existant. Ceci est dû principalement à l’inexistence d’une politique réfléchie de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Pour le FFS, l’université doit de garder son caractère publique et doit être préservée de tout désengagement étatique. Elle retrouvera ses titres de noblesse en faisant participer l’ensemble de la communauté universitaire dans toute question engagée sur le devenir de cette institution, lieu privilégié de l’échange et du débat d’idées. Elle est nécessairement ouverte sur le monde et ne saurait s’accommoder de tout dogmatisme.

JEUNESSE

Introduction :
Le problème de la jeunesse ne peut être isolé de son contexte naturel parce que la personnalité de l’individu, sa manière d’être, de penser, d’agir et de ressortir est déterminée par les contraintes idéologiques culturelles et socio-économiques que nous subissons chaque jour. A ce titre, il est impératif, voire indispensable, de faire un constat des lieux.

Données démographiques :
L’Algérie compte, selon le dernier recensement général de la population de l’habitat, 28,16 millions d’habitants. Elle connaît une croissance démographique parmi la plus élevée dans le monde, estimée à 2,18%. Cette population est estimée actuellement à 31,6 millions d’habitants.
Plus de 40% d’habitants ont moins de 15 ans.
Plus de 50% d’habitants ont moins de 20 ans.
Plus de 70% d’habitants ont moins de 30 ans.

Secteur éducatif :
En matière d’éducation, la rentrée scolaire 98/99 a connu un accueil de 7,5 millions d’élèves encadrés par environ 230.000 enseignants, soit moins d’un enseignant pour 30 élèves. Avec une fourchette moyenne de 45 à 48 élèves par classe, nos écoles sont excessivement surchargées.
Cette situation alarmante s’aggrave annuellement par les nouveaux besoins induits ou résultant de la croissance démographique et par le nombre de plus en plus important de redoublants. A ce sujet, durant ces dix dernières années, deux études ont été menées pr le ministre de l’éducation nationale en milieu scolaire sur un groupe d’élèves. Les résultats catastrophiques qui ont été obtenus, plaident pour un dysfonctionnement du système en place et sa refonte en profondeur.

Sur le groupe d’élèves en question, seuls 27,5% parviennent au baccalauréat et seuls 7,2% obtiennent le diplôme.
Cette situation démontre que les déperditions scolaires, tous cycles confondus, sont actuellement de l’ordre de 93%. Par conséquent sur 100 élèves inscrits en première année fondamentale, seuls 07 étudiants parviennent à l’université. Selon les dernières déclarations du C.N.E.S pour l’année 99, seuls cinq élèves sont parvenus au palier de l’enseignement supérieur.

Secteur formation :
Durant l’année scolaire 98/99, le secteur de la formation professionnelle a enregistré l’arrivée environ de 140.000 nouveaux stagiaires. Les sortants de l’appareil pour la même année ont été estimés à 61.000 diplômés, 43 000 abandons sot un total de 104.000 jeunes.
L’offre de formation représente environ 20% seulement des déperditions du système éducatif. Les diplômés de la formation professionnelle sont estimés éventuellement à 43000 chômeurs et ce nombre s’aggrave graduellement du fait qu’en 1988 les diplômés de l’appareil ont 15 mois pour trouver un emploi alors qu’en 1995 il lui faut 35 mois.

Enseignement supérieur :
Le secteur de l’enseignement supérieur compte actuellement 38 400 étudiants qui sont encadrés par 16510 enseignants dont 15,5% environ de rang magistral.

Le nombre inscrit en poste de graduations est de 18126 dont 57% en magister.

Ce qui nous donne un taux de couverture d’un enseignant pour 23 étudiants alors que les normes internationales sont respectueusement de 1 pour 12 et de 01 pour 08 pour expliquer la dégradation à tous les niveaux de la formation universitaire, il est indispensable de rappeler que 85%. Les subventions à ce secteur vont vers les paiements. Les salaires est parmi ces 20% qui reste les entretiens d’infrastructures et la maintenance.

72% des investissements réalisés dans le cadre de l’ANSEJ vont vers le transport.

20% des investissements réalisés dans le cadre de l’APSI échouent en cours de route, du fait d’une mauvaise prise en charge de la technologie nouvelle qui nécessite des capacités et d’entreprises importantes.

Le programme d’ajustement structurel lancé depuis 1994, dont l’objectif d’une relance de notre économie a généré la liquidation de 1200 entreprises publiques avec comme corollaires la suppression d’environ 400 000 emplois et l’apparition du chômage chez les jeunes estimé à fin 98 à 24%.

La répartition de la structure du chômage est ci-après :

10% des universitaires

16% des diplômés de la formation professionnelle

74% sans qualification

Conclusion :
D’après le constat que nous venons de faire, il y a lieu de relever que le régime algérien autoritaire et populiste à favoriser un système de gestion de barrières au lieu d’un espace ouvert au libre débat, au libre échange en matière d’information et de communication, et aux découvertes. Cette situation a généré un isolement psychologique profond de nos jeunes. Conjugués à l’absence d’infrastructures culturelles, sportives et de loisirs.

Cet état de censure systématiquement et à tous les niveaux rend nos jeunes réfractaires sinon, incités à la critique, à la création, à l’innovation et à leur épanouissement et les loisirs dans un état d’insatisfaction inimaginable. D’où des différents fléaux que nous connaissons actuellement et qui sont étrangers à nos valeurs ancestrales.

Tels que :

  • La montée de l’intégrisme et de l’extrémisme
  • La prostitution
  • La toxicomanie
  • Le banditisme
  • L’alcoolisme
  • Le suicide
  • Pauvreté et l’exil etc...
Propositions :

Le pouvoir ayant confisqué tous les espaces d’épanouissement de nos jeunes pour assurer la propre reproduction de son système politique en place et d’en assurer la pérennité, donc toutes les propositions que nous allons faire sont subordonnées à une décision politique en premier lieu.

Il s’agit de former l’homme de demain sur la base des principes suivants :

Former un algérien fier de son histoire, autonome et ouvert sur le monde, conscient de sa dignité, jalouse de sa liberté et responsable de ses actes.

Refonte du système éducatif pour recréer une institution qui génère l’intelligence et la créativité pour résorber le chômage.

Préservation des établissements publics de tout désengagement étatique comme prévu par la constitution.

La libération des établissements de la tutelle politique pour que celle-ci puisse s’adapter à son environnement économique et social.

Créer les conditions d’une relance économique en vue d’absorber le chômage.

Favoriser la création d’entreprises et de micro-entreprises, tout en éliminant les contraintes bureaucratiques, le favoritisme et le népotisme.

Adopter le système de formation au besoin réel du monde du travail.

Encouragement du mouvement associatif et création d’espace de rencontres (échanges nationaux et internationales).

Doter les différentes structures de la jeunesse et des sports d’un statut particulier et mettre fin au cycle juridique.

Le droit au logement familial.

Pour une école universelle.

L’adaptation de la recherche scientifique aux besoins de la société algérienne.

Les médias publics doivent être des institutions disponibles, pour la promotion de la culture et la dynamisation de la vie culturelle et artistique. Comme creuset idéal pour la stimulation de l’autonomie dans la société.
Si l’on veut avancer, il faut que le dossier jeunesse est aussi ardu qu’urgent.

MOUVEMENT SYNDICAL
et MONDE DU TRAVAIL

Préambule
A l’orée du 3ème millénaire, à l’heure de la globalisation et de l’ouverture des marchés mondiaux (accords de l’OMC) le travailleur algérien se retrouve malheureusement très fragilisé et son avenir hypothéqué.

Bien plus, l’Etat algérien en appliquant les accords du FMI (P.A.S), a occulté la réalité du terrain, en sacrifiant les droits du travailleur, et en négligeant ses obligations légales vis à vis du monde du travail.

Ceci a été rendu possible avec la complicité de la centrale syndicale, aidé par un climat de guerre et une terreur quasi quotidienne.

Cet état de fait ne pourrait durer et ne peut en aucune manière servir la société en général, et les travailleurs en particulier.

Le FFS, conscient des enjeux et des dangers qui guettent le monde du travail face aux prédateurs de l’économie nationale, dénonce avec force toutes les manipulations et répressions pernicieuses dont sont victimes les travailleurs, et à quelques niveau que ce soit.

Par conséquent, le FFS appelle tous les travailleurs à se mobiliser et rester vigilants pour sauvegarder leur outil de travail, et demeurer plus que jamais revendicatifs de leurs droits les plus fondamentaux, à un meilleur pouvoir d’achat et à une dignité de leur personne humaine.

L’organisation syndicale demeure le leitmotiv qui doit pouvoir, librement et consciencieusement, leur permettre de faire aboutir leurs revendications les plus légitimes.

Historique du syndicat  :
Durant la période coloniale, le travailleur algérien a subi un déni de justice flagrant par son interdiction à toute activité syndicale.

Cette ségrégation devait engendrer une discrimination et des inégalités choquantes i nduisant chez les Algériens une prise de conscience politique quant au rang de sous-citoyens qui leur est dévolu.

Dès lors les Algériens émigrés en France et qui constituaient une main d’œuvre à bon marché ont tôt fait de rejoindre les organisations syndicales afin de les tenir mobiliser aux côtés des moudjahidines et pour le combat libérateur.

Le 24 février 1956, malgré la répression policière et les intimidations de l’administration coloniale, l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA) est nées sous la houlette de Aïssat Idir qui périra dans les geôles de police suite aux tortures subites.

Le syndicalisme algérien s’est donc forgé dans le creuset de la revendication ouvrière, du mouvement national et de la lutte de libération nationale.

Le syndicat post-indépendance :
Dès l’indépendance, les affrontements entre clans de l’armée présageaient déjà des lendemains noirs pour les algériens qui venaient de sortir d’une longue et douloureux guerre de libération et qui espéraient une nouvelle ère de paix dans une Algérie indépendante.

Le pouvoir dictatorial mis en place durant l’été 1962, a élaboré une stratégie de musellement de la société et d’instrumentalisation de toutes les forces vives du pays (travailleurs, étudiants, femmes, intellectuels, politiques...).

Cette dérive autoritaire devait conduire à la domestication puis à la canalisation des forces sociales dans des mouvements de masses satellites au seul profit du pouvoir en place..

La remise en cause planifiée de la presque quasi-totalité des lois sociales et syndicales et ce ne dépôt de la ratification des conventions internationales du travail (O.I.T) relative au libre exercice du droit syndical.
La centrale syndicale UGTA, squattée par des apparatchiks et véritables supplétifs est détournée de sa mission originelle pour un devenir qu’un simple appendice-noire un instrument de verrouillage de toute revendication.

De la contestation au changement :
Aucune dictature au monde n’a développé son pays, bien au contraire, l’implantation d’une pègre sociale, d’une maffia politico-financière toujours conduit au délabrement d’une économie nationale.

Certains pays comme l’Espagne, la Grèce ou le Portugal ont opéré un changement de qualité par l’entremise d’une élite militaire éclairée qui a su faire passer leur pays de la dictature à la démocratie par un processus de transition.

En Algérie, tout changement par le biais d’institutions n’est qu’une utopie devant la volonté délibérée du pouvoir à se maintenir en place, tournant le dos à un projet démocratique.

Le FFS est convaincu que tout changement ne peut venir que par l’ouverture et l’extension d’un front social, seul à même de contrecarrer les tristes desseins de la dictature militaire.

Le travailleur constitue donc la seule force réelle de changement si celui-ci est structuré dans un syndicat réellement autonome.

La contestation devient, de ce fait, la seule voie d’expression, d’affirmation et de revendication

Le FFS et le syndicat :
Dans sa proclamation du 29 septembre 1963, le FFS a dénoncé le sabotage et la mise au pas du mouvement syndical ouvrier, de l’organisation estudiantine et de toutes les organisations nationales de la société civile.

Cette déclaration a été, à maintes reprises, réaffirmée par les différents documents et prises de positions politiques quant à l’amorce d’une dynamique nouvelle et alternative.

Pour le FFS, l’étouffement systématique du mouvement associatif, la persistance de l’instrumentalisation des syndicats et l’embrigadement de la société civile sont autant d’indices de la volonté d’un pouvoir inique au retour à la pensée unique.

Malgré ces déclarations et ces positions de principe le FFS, en tant que parti socialiste n’a jamais accordé l’importance souhaitée à la mobilisation et à l’organisation des travailleurs dans tous les secteurs.

C’est ainsi qu’est constaté la non prise en charge, de façon constante, aussi bien dans le discours du FFS que dans l’action politique, des aspirations concrètes des différentes couches de la société en vu de réaliser la jonction entre la demande sociale et le constat démocratique.

La question sociale demeure posée.

Situation sociale actuelle :
Le système dictatorial mis en place dès 1962, a empêché l’émergence d’une société civile qui aurait pris en charge les aspirations de couches sociales les plus démunies.

L’ajustement structurel, résultat d’accords complices et de soumissions éhontées aux institutions économiques internationales (FMI - BM...) aura induit un effet désastreux par l’asphyxie de l’économie nationale.

La promulgation de lois scélérates, la déstructuration du tissu industriel, la faillite de l’agriculture, la mise à mort d’entreprises de production et la liquidation de diverses unités économiques, avec le silence complice de la centrale syndicale a entraîné la mise à l’arrêt de plusieurs millions de travailleurs accentuant ainsi le taux de chômage déjà très élevé.

Le désordre économique a conduit le pays à une crise grave entraînant un affaissement du pouvoir d’achat et une détresse des masses déshéritées et paupérisées de la population.

Il est évident que l’aggravation des fléaux sociaux (crime, drogue alcoolisme, prostitution, suicide, banditisme...) qui affectent des pans entiers de la société ont des répercussions sur les jeunes.

Pour une société civile autonome :
Depuis sa création le FFS ne cesse de lutter pour le respect et la promotion des droits de l’homme dans leurs intégralités tant les questions des droits de l’homme et de l’Etat de droit sont indissociables.

Privilégiant l’idée de traiter les causes avant de combattre les effets, il milite pour la mise en place d’institutions démocratiques et pluralistes et la promulgation de lois civiles justes qui régiraient les rapports entre individus.

Le FFS ne peut donc qu’encourager l’institution et la création de syndicats libres et autonomes capables de prendre en charge les préoccupations des travailleurs, des étudiants et des commerçants et souhaite voir les droits de l’homme et les droits syndicaux franchir les portes de nos écoles et de nos entreprises.

Au vu des abus multiples de violations des droits syndicaux, le FFS dénonce le recours à la violence et à la corruption pour le règlement des conflits et la remise en cause des intérêts matériels et moraux des travailleurs.

La revendication d’un pluralisme syndical étant pour le FFS un prolongement logique du pluralisme politique, il encourage donc la promotion de la pratique syndicale et la conquête

Ce n’est pas la caporalisation à l’extrême de l’UGTA, totalement coupée du monde du travail, qui pourrait servir de tampon.

La terrible tragédie d’octobre 1988, a prouvé massivement la nature fictive, trompeuse et inutile de cette “ organisation de masse ”.

Le FFS réitère ses engagements pour la défense des droits légitimes et acquis sociaux des travailleurs.

Le FFS lutte pour une alternative sociale, et milite pour l’émergence des syndicats autonomes. Pour faire barrage à tout embrigadement et main mise sur le mouvement syndical.

Les travailleurs doivent réapproprier leurs dignités et leurs libertés.

Ils doivent investir tout syndicat autonome existants et œuvrer pour la création d’autres organisations syndicales.

Propositions concrètes :
Le FFS doit impérativement :

Provoquer une conférence nationale sur la question syndicale, en interpellant le pouvoir sur l’application réelle et effective des textes et conventions internationales ratifiées par l’Algérie.

Envisager la création d’une confédération nationale avec les syndicats autonomes existants.

Comme la charte internationale des droits de l’enfant ; en dénonçant l’exploitation des enfants sous toutes les formes. La place de l’enfant est dans l’école ; une école publique de qualité et accessible pour tous.

Nous constations malheureusement et avec amertume que ce n’est pas le cas dans notre pays. L’enfant algérien doit jouir de ses droits et de tous ses droits tels que spécifiés dans la charte internationale du droit de l’enfant.

MOUVEMENT ASSOCIATIF

Historique du mouvement :
Dès 1962, le pouvoir a entrepris la création d’organisation de masses, telle que l’U.N.F.A, l’U.N.J.A et les S.M.A sous l’égide du parti unique, le néo FLN, afin de canaliser les énergies populaires.

La dissolution des associations existantes aura participé à la dépolitisation, à l’implosion et à la fragmentation de la société algérienne.

De plus, les manoeuvres insidieuses et pernicieuses de ce pouvoir aura entraîné la disparition, pour le moins l’effacement de l’intelligence de la scène politique algérienne.

Après vingt (20) ans de dictature, les événements d’avril 1980 avec l’avènement du printemps berbère ont permis l’ouverture d’une large brèche dans l’édifice dictatorial, base sur des comportements unionistes et exclusivités.

La dépression du peuple de sa souveraineté aura entraîné, en définitive, la crise culturelle et identitaire qui tire ses origines du mouvement national pour aboutir à une crise multidimensionnelle.

L’explosion du 05 octobre 1988 qui est la traduction d’un ras-le-bol populaire ainsi que les événements survenus dans différentes régions du pays en 1983-1985 devaient engendrer une ouverture contrôlée

L’ouverture contrôlée :
Les tentatives pervertissement de ces événements en les important à “ une main étrangère ” et leur minimisation au rang de “ chahut de gamin ” ne pouvaient tromper personne.

La constatation d’un foisonnement d’associations, créée à la faveur de ces événements majeurs témoigne de la soif de la société algérienne de s’organiser et de se prendre en charge. Loin de tirer les leçons du passé et fidèle à sa tradition de division, le pouvoir tentera d’opposer à ces associations d’autres associations de son obédience créées à grand renfort financier.

De plus, la promulgation de la loi n° 90-31 visait beaucoup à imposer d’importantes restrictions des activités de ces associations et leur contrôle par des sujétions matériels et financières.

Enfin, les tentatives de récupération de ces associations par ce même pouvoir la caporalisation de certaines d’entre elles par des partis politiques dénués de toute éthique ainsi que les embûches bureaucratiques témoignent des difficultés qui jonchent l’existence et le parcours de ces associations.

Espoirs et désillusions :
Ces associations créées à la veille de l’ouverture politique et de la constitution du 23 février 89 qui consacre la liberté d’associations ont occupé le terrain dans différents domaines d’activités (social, culturel, scientifique, caritatif...).
Malheureusement le processus démocratique interrompu en 1992 à la faveur d’un coup d’état et l’état de siège instauré peu après aura en raison de la majorité de ces associations qui ont été obligées de cesser toutes activités en raison de la situation de guerre dans laquelle nous a plongé le pouvoir.

Les rares associations restées fonctionnelles sont celles qui n’ont aucune représentativité mais qui sont à la solde du pouvoir pour le soutenir dans sa démarche dans son processus de concorde civile.

La récente dissolution du conseil supérieur de la Jeunesse en raison de l’énorme poids des dépenses occasionnées par le maintien de ces associations “ sous-perfusion financière ” sonne le glas de cette démarche.

Perspectives et changement :
La population algérienne qui connaît une croissance démographique des plus élevée, plus de 70% de jeunes, est devenue une véritable poudrière et tous les ingrédients sont réunis pour une explosion sociale sans précédent.
L’exemple de plusieurs guerres civiles survenues dans le monde reste visant dans nos mémoires de par les hécatombes qu’elles ont provoquées tant au plan matériel et financier qu’au plan humain.

C’est pourquoi la société civile doit s’organiser afin de faire échec à l’entreprise suicide d’un pouvoir qui ne veut pas rompre avec ses anciennes pratiques de division et d’asservissement du peuple.

Un sursaut salutaire et rédempteur devient impérieux devant le danger d’une déflagration sociale qui menacerait la survie même de la patrie algérienne.

L’ouverture d’un front social devient également une impérieuse nécessité pour acculer ce pouvoir impopulaire à son retrait de la gestion du pays afin de laisser se promouvoir la démocratie, seule à même de redonner au peuple sa véritable dimension.

Tipaza, le 27 Mai 2000



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