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Résolution du conseil national - 18 septembre 03 Le conseil national du front des forces socialistes réuni le jeudi 18 septembre 2003 en session extraordinaire et après débat sur la situation politique de notre pays, a adopté la déclaration suivante.
L’impasse politique dans laquelle est conduit notre pays laisse les portes ouvertes à toutes sortes d’aventures politiciennes aux conséquences incalculables sur l’avenir de la population. La situation est au point de dégénérer sur tous les fonts.
Violences misères, injustices prennent des proportions gravissimes et n’épargnent aucune catégorie sociale, pendant que les décideurs imposent une méthodique et progressive extinction de la vie politique. L’objectif véritable est de fermer les espaces à la construction et à l’expression d’une opposition politique crédible. Les multiples groupes qui déversent leurs faux vrais scandales pour de vrais faux débats, œuvrent par la propagande, à banaliser le coup d’Etat qui se pratique à ciel ouvert, et à empêcher les débats politiques de fond, nécessaires à la construction démocratique de notre pays.
Quel est ce sens de l’Etat dont se prévaleront les plus hautes autorités quand les institutions sont squattées par des clans à leur seul bénéfice ?
Sur fond de ces luttes de pouvoir personnelles et de groupes, une machination est entrain de se mettre en place pour une nouvelle fausse bipolarisation à l’intérieur même du sérail. L’unique souci du pouvoir dans sa globalité est de pérenniser par tous les moyens son système et de s’assurer ainsi la mainmise sur les richesses du pays. Il n’hésite pas à utiliser toutes sortes de stratagèmes dangereux pour contrer l’émergence d’une véritable alternative démocratique et citoyenne.
Les Algériens s’interrogent avec angoisse sur l’issue d’une crise au sommet de l’Etat qui n’est pas la leur dont ils appréhendent les conséquences désastreuses.
Incapable d’imaginer des solutions politiques aux multiples crises qui s’aggravent de jour en jour, le pouvoir se réfugie dans la gestion des équilibres et le partage de la rente. Le pays est en panne, non pas d’un leader mais d’un projet politique, économique et social tourné vers les besoins de la population.
Quel est l’alternative au pourrissement programmé et qui fait courir des risques d’explosion irréversibles ?
L’élection d’une Assemblée Nationale Constituante est un impératif de rupture avec les faux-semblants et les faux fuyants. L’une des taches prioritaires de cette assemblée est de définir les équilibres constitutionnels de nos institutions. Assurer un socle constitutionnel de libertés, de droits de l’Homme et de pluralisme. Réduire le présidentialisme qui caractérise les régimes sous développés, c’est bannir le pouvoir personnel. C’est aussi mettre un terme à la présidentialisation feutrée de la vie publique, à la course et à la recherche maladive des hommes présidentiables. C’est à dire que l’échéance présidentielle doit suivre et non pas précéder la constituante.
Encore une fois, le FFS interpelle solennellement tous les décideurs. Il les adjure d’opérer les révisions déchirantes nécessaires pour mettre en œuvre sans délai une sortie de crise politique et démocratique. Les enjeux dépassent plus que jamais les considérations de personne, de régions ou d’appareils. Il s’agit d’abord de sauver notre pays du chaos. IL importe de tourner la page des fausses solutions, des faux dialogues, des manœuvres de sérail et des diversions dangereuses.
Le vrai patriotisme nous impose l’obligation d’en finir avec les atteintes aux droits de l’homme, à la liberté de la presse, l’arbitraire sans limite, la détresse morale et sociale et l’impunité du crime organisé que les détenteurs de la rente pétrolière tentent d’occulter par des polémiques trompeuses.
Le FFS considère que l’urgence des urgences est de libérer une dynamique politique de construction démocratique de l’Etat et de la société.
Le FFS appelle l’ensemble des algériens à préserver dans ses luttes quotidiennes contre la Hogra et l’arbitraire et à se mobiliser pacifiquement pour mettre fin aux fausses solutions et aux supercheries politiques.
Dans la même rubrique : Le conseil national du Front des Forces Socialistes, inscrit ses espérances, ses ambitions et son action dans une perspective de changement radical et pacifique. Le FFS réaffirme sa solidarité avec les forces sociales et les personnalités politiques autonomes qui partagent cette vision et les assure de sa disponibilité pour réfléchir et agir ensemble pour civiliser la politique et imposer l’alternative démocratique. Le FFS donne à son combat pour les droits et les libertés une dimension et une portée nationale mais aussi maghrébine. L’esprit de la déclaration de Tanger du 27 avril 1958 est d’actualité. Nos pays n’ont aucune chance de se développer séparément, la réduction des tensions est un impératif pour l’avenir de nos enfants. L’urgence et la priorité sont l’ouverture des frontières. L’ambition et l’objectif sont la construction démocratique d’un ensemble maghrébin ; espace indispensable à la stabilité de la méditerranée.
Le pays traverse une situation particulièrement dangereuse. Les indices d’une explosion politique et sociale à grande échelle sont visibles. Les Algériens ne trouvent de possibilités d’écoute et d’expression de leurs ras le bol et leur désarroi que dans la défiance électorale et la révolte. Au lieu d’une écoute responsable de tant de révoltes et d’alertes populaires, le pouvoir continue de pratiquer la politique de la peur et de l’insécurité, du chantage et de la corruption.
A l’épreuve des faits, au regard du bilan, il faut pour le moins, faire preuve d’une profonde naïveté politique pour croire à l’existence d’un parlement algérien ; pour croire à la capacité d’intervention de l’APN dans la vie nationale ; pour parler d’élections crédibles. La vérité est ailleurs, le changement est possible. Tout est figé en haut mais tout bouge en bas. Nous ferons le chemin avec ceux d’en bas pour construire un projet politique démocratique pour imposer une alternative démocratique et sociale.
« Seule la restitution de l’intégralité des droits aux algériennes et aux algériens dans un cadre démocratique et sous le contrôle d’une justice indépendante, pilier de l’Etat de droit, est à même de réunir les conditions du retour à la paix et à l’avènement d’une république démocratique. » « Le Front des Forces Socialistes, reste engagé et s’associe à toutes les initiatives visant à défendre et à élargir les espaces de la contestation démocratique aux cotés de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux autonomes. »
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