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19/01/2007
Notes de Hocine AIT AHMED à la session politique du Conseil National du FFS réuni le 18 janvier 2007.

" Notre but est de ne jamais abdiquer notre autonomie avec l’espoir qu’elle pourra servir d’instrument à l’alternative démocratique incontournable, pour concrétiser l’objectif de guerre proclamé le 1er Novembre à savoir, La République Démocratique et sociale."

 
Bienvenu(e)s, très cher(e)s compatriotes et ami(e)s, venu(e)s prendre part aux débats de cette session politique du Conseil National du FFS.
Un mot pour vous dire : Vous êtes chez vous.
 
Votre libre et franche participation à cet espace commun de libres et franches discussions portant sur les terribles régressions et souffrances culturelles, politiques économiques et sociales impitoyablement infligées à notre société tombe à point nommé. Nul doute que les contributions des personnalités et des syndicats autonomes, du mouvement associatif, des ONG nationales aboutiront à un diagnostic lucide et responsable et déchireront le voile des illusions savamment entretenu par les faux scénarii et les manipulations politiques électorales, économiques mensongers. Les enjeux stratégiques camouflés visent en réalité à empêcher systématiquement l’émergence et la visibilité d’une véritable société civile algérienne, qui est à la fois prélude et garante d’un avenir démocratique.
 
Nous avons le besoin et donc la volonté de reconstruire et d’amplifier ces rapports de franche camaraderie, de complicités constructives, de dévouements spontanés, d’initiatives et de jonctions militantes qui viennent de marquer l’hommage sincère et conséquent que nous avons rendu avec foi et espoir aux aînés du Congrès de la Soummam. C’est à eux seuls que nous devons d’assumer un devoir de mémoire que les impostures s’acharnent à effacer ; ils ont forgé et défendu, vaille que vaille, la primauté du politique sur le militaire. Rafraîchissons la mémoire d’en face - d’en-haut - mais si bas : la proclamation et l’application de ce principe fondamental fut l’un des moteurs des exploits militaires, politiques et diplomatiques qui ont imposé la victoire finale de la résistance populaire à la colossale expédition de reconquête coloniale.
 
C’est redire que la révolution algérienne est irréductible à un homme, à un appareil, à une caste et à de faux messies. "Confiez la révolution au peuple, il la mènera vers la victoire" disait Ben M’hidi. Dès lors, reconstruire ensemble et pacifiquement ce tissu spirituel et politique, c’est aussi aider les algériennes et algériens à retrouver leurs identités profondes, leurs dignités personnelles et collectives. Ils forgeront de leurs propres mains une dynamique de sortie de crise politique et démocratique.
 
J’aimerais vous associer à un hommage à deux grands humanistes démocrates qui viennent de disparaître, dont les immenses qualités intellectuelles et morales étaient mises au service également de l’indépendance de notre pays et de l’émancipation de notre société. Il s’agit de Mustapha Lacheraf et de Jean Pierre Vernant. Au-delà des moments de tristesse, des marques d’affection et d’estime.
 
Mustapha, compagnon de lutte et de détention, intellectuel engagé et intègre a voulu servir l’Etat qu’il souhaitait totalement décolonisé et sans compromissions. Sa proximité avec le pouvoir, n’a rien altéré de son jugement ni de sa rigueur. Ne s’est-il pas exclamé un jour dans une tribune officielle : "Je suis ministre de l’Education nationale, et non pas ministre de l’arabisation forcenée !" Il entendait ainsi marquer sa différence quand la mode était au consensus des zélateurs démagogues. Sa production intellectuelle est sans commune mesure avec sa carrière officielle. A la prison de La Santé, je m’amusais avec lui, - ex-prof d’arabe au lycée Louis Le Grand - à traduire en arabe les éditoriaux du quotidien Le Monde. Plus tard, ses visites au siège du FFS à Alger étaient des moments de bonheur pour les militants et pour moi-même.
 
Quant à Jean Pierre Vernon, grand chef de la résistance française et membre du Parti Communiste, il a su, sans rien renier de ses convictions, s’émanciper du Stalinisme conquérant de l’époque. Son engagement politique en faveur de l’indépendance de l’Algérie et de l’unité du Maghreb ne souffrait aucune équivoque. Dans un de ses ouvrages intitulé "Entre mythe et politique" il publiera la lettre adressée à la direction du PCF par la Fédération de France du FLN dont il approuvait les critiques acerbes concernant la trahison des principes anti-coloniaux du communisme.
 
Deux justes que tout séparait ; nés sur 2 rives opposées, baignés dans des environnements culturels différents. Chacun a creusé son sillon vers l’humanisme des Droits de l’Homme et une internationalisation solidaire des causes justes.
 
Ces deux parcours sont exemplaires ; ils doivent inspirer les nouvelles élites en voie de développement. L’un a su, tout au long de la guerre de libération, garder un lien organique avec un appareil sans partager les dérives de son fonctionnement totalitaire, sans adhérer à ses reniements, TOUT EN GARDANT SON AUTONOMIE PERSONNELLE et SON LIBRE ARBITRE. L’autre a démissionné et de l’appareil et de la politique pour se consacrer autrement aux idéaux de justice et de liberté.
 
Il est connu et reconnu que les systèmes dictatoriaux ont horreur de la libre pensée et interdisent tout espace de débat publique. Et même quand il s’agit de débats internes aux organisations de la société politique et civile, ils ne s’interdisent aucune forme de manipulations et de répressions pour détruire ou pour pervertir leurs activités et leurs espaces. Notre parti en a fait, et fait encore aujourd’hui, les terribles expériences. Mais il continue à résister à leurs assauts et à leurs forces spéciales... dont les quelques supplétifs dévoyés par la corruption et les promesses électorales.
 
Notre but est de ne jamais abdiquer notre autonomie avec l’espoir qu’elle pourra servir d’instrument à l’alternative démocratique incontournable, pour concrétiser l’objectif de guerre proclamé le 1er Novembre à savoir, La République Démocratique et sociale.
 
 
Je vous laisse les salamaleks.
Hocine Ait-Ahmed
 
 
 
 


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" Nous avons conclu un pacte, un double pacte, dois je le rappeler : la République Démocratique et Sociale et l’Unité du Maghreb. C’est pour cela que nous n’avons pas le temps d’amuser les galeries officielles et périphériques en s’attardant sur l’écume des fausses échéances ou en amusant les galeries officielles et périphériques qui se pavanent dans les succès factices et éphémères, et dans la multiplication des effets d’annonce illusoires.

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« D’évidence, les gouvernements totalitaires comme le nôtre, ont le génie malfaisant d’ouvrir de profondes fosses communes pour y enterrer les faits et les évènements précis qui leur font toujours peur. Comme la destruction du GPRA par le groupe de Tlemcen. Condamner le passé comme s’il n’avait jamais existé. Mais le passé existe avec force et, quand il bégaie dans le présent, c’est qu’il refuse de passer vers l’avenir. »

« La motivation qui pousse les décideurs à multiplier les gaffes et les empressements irresponsables est qu’ils réalisent qu’ils maîtrisent l’espace national et les " indigènes " mais pas le temps. L’impunité garantie par la corruption et l’esbroufe n’est pas éternelle. »

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" Pour éviter tout contre-pouvoir, l’Etat centralisé et policier contrôle le parlement, la justice et la presse et empêche la société civile de s’organiser de façon indépendante. Il pourchasse tous les acteurs autonomes de la société et entrave par tous les moyens - les intimidations, les gardes à vue, jusqu’à l’assassinat de militants - l’action de l’opposition politique. Pour boucler le tout, il limite les prérogatives des élus locaux proches des populations, réduisant à néant l’autonomie administrative et financière des collectivités locales. »

" Pour contenter ses partenaires occidentaux, cette dictature se drape d’une façade démocratique avec un parlement illégitime conçu par la fraude, et justifie ses violations des droits de l’homme par l’état d’urgence en vigueur, qui, dans les réalités quotidiennes est purement et simplement un Etat d’exception sans aucun garde fou légal ou temporel. Tout en modulant un sempiternel terrorisme résiduel à faire fantasmer les derniers quarts d’heure de l’innommable Roberte Lacoste, et tout aussi étrangement à les faire renaître de leurs cendres ; et ce, toujours aux "bons endroits" et aux "bons moments".

"la nation algérienne a un besoin vital de respirer, de sortir de l’ombre, de l’isolement et d’une omerta généralisée pour dire non au règne du mensonge et des manipulations meurtrières et ainsi honorer la mémoire de ses enfants tombés au champ d’honneur."

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" Une chose est indéniable, dans l’accumulation chaotique des campagnes de manipulations et de mensonges menées tambour battant par les autorités de fait et de force, le peuple algérien a, par son abstention massive exceptionnelle, signifié clairement, fortement et sans équivoque sa rupture avec le système de prédation culturelle, politique, électorale, économique et sociale. Au-delà du ras le bol, il a marqué son inébranlable volonté de reconquérir sa souveraineté et restituer aux citoyennes et citoyens leurs libertés d’expression, d’organisation et de participation à la gestion politique, culturelle, économique et sociale du pays. Il est de notre responsabilité de traduire ce message en programme politique efficace, cohérent et mobilisateur de l’ensemble des forces saines du pays, en vue d’une alternative démocratique et sociale radicale et pacifique."

" Aussi devons-nous préparer nos structures pour concrétiser vraiment les options stratégiques d’ouverture vers la société recommandées par le 3e congrès et qui sont terriblement d’actualité."

" Que notre belle jeunesse et nos si dignes femmes, exclus et expropriés de tout, s’arment de volonté politique et de non-violence : Pour qu’ensemble nous puissions construire cette Deuxième République."

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