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11/09/2005
Mohand Amokrane CHERIFI : Changer le cours de l’Histoire économique et sociale du pays

Dans une Conférence-Débat animée le 08 septembre 2005 au siège national du FFS ; Mr Mohand Amokrane CHERIFI tire la sonnette d’alarme sur les nouvelles menaces qui pèsent sur la sécurité économique et sociale du pays et fait appel au nationalisme de tous les citoyens Algériens pour contribuer à préserver l’indépendance de l’Algérie si chèrement acquise.

Dans cette perspective révolutionnaire, il estime que nous devons prendre conscience que la mondialisation progresse comme "un tsunami" balayant sur son passage les constructions les plus fragiles et les populations les moins organisées. La guerre économique qui en résulte nous impose de nous rassembler et de lutter, en prolongement du mouvement historique qui a abouti à la libération de notre pays, dans le cadre d’un MOUVEMENT NATIONAL ECONOMIQUE ET SOCIAL (M.N.E.S) visant à défendre les ressources et l’indépendance économique du pays.

L’ensemble des cadres gestionnaires et syndicaux, les travailleurs, les journalistes et tous ceux qui oeuvrent dans les secteurs publics et privés nationaux doivent se sentir concernés en adhérant à ce mouvement d’idées. Il est dans l’intérêt du pays que le CNES, ainsi que toutes les institutions nationales, et cadres dirigeants oeuvrant dans les secteurs économiques et sociaux, agissent en militants du MNES. Le signe d’appartenance à ce mouvement est simple. Il vous suffira de vous considérer « MNES » et d’œuvrer dans votre secteur d’activité selon cette ligne nationaliste. Vous serez alors surpris de découvrir que vous êtes suffisamment nombreux pour impulser une dynamique nationale qui changera le cours de l’Histoire économique et sociale de notre pays."



Conférence-Débat de Mohand Amokrane CHERIFI

Alger - 8 septembre 2005

Changer le cours de l’Histoire économique et sociale du pays

Mon exposé vise à sensibiliser nos compatriotes sur les nouvelles menaces qui pèsent sur la sécurité économique et sociale du pays et à faire appel à leur nationalisme pour contribuer à préserver l’indépendance de l’Algérie si chèrement acquise.

 


Ph Lyes elwatan
Changer le cours de l’Histoire économique et sociale du pays


 

Mettre fin à l’abandon de la souveraineté dans l’économie

 Les meilleures pièces de la Maison Algérie sont de nouveau occupées par des étrangers.
Ce n’est malheureusement pas à titre de locataire pour une période déterminée mais de co-propriétaire pire de propriétaire à part entière qu’il sera difficile de déloger à l’avenir sans payer le prix fort.
L’abandon de la souveraineté dans l’économie s’est fait de manière insidieuse et ne date pas d’aujourd’hui. Cela a commencé avec la loi sur les hydrocarbures de 1992 autorisant les compagnies étrangères à devenir co-propriétaire des gisements existants moyennant un droit d’entrée. L’accord de rééchelonnement de la dette passé avec le FMI dans les années 1994-1995 avait imposé à l’Algérie des conditions d’ouverture économique dont la libéralisation des importations et la privatisation de l’économie.
Cet abandon a pris la forme d’un transfert de propriété sur les ressources minières, d’un transfert des instruments de développement (démantèlements successifs des droits tarifaires et non tarifaires, cession d’entreprises publiques..) et transfert des décisions de gestion et de développement vers des centres de pouvoirs basés à l’étranger ( FMI, Banque Mondiale et firmes multinationales).

Ce processus d’abandon se renforce et s’accélère.
Citons entre autres la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui octroie un droit de propriété aux étrangers sur les nouveaux gisements et le changement du statut de Sonatrach qui devient une société comme les autres, le programme de privatisations systématiques des entreprises publiques sans tenir compte du caractère stratégique de certaines activités, l’ouverture du capital des banques à plus de 51 %, la gestion déléguée du secteur de l’eau et j’en passe.
Toutes ces mesures marginalisent les opérateurs nationaux et ouvrent le terrain à une appropriation par les intérêts étrangers des ressources nationales les plus viables, le pétrole et le gaz en particulier, et des instruments publics de développement de l’économie du pays avec la privatisation du secteur industriel. Ces mesures ultra- libérales dans un pays ne disposant pas des instruments de régulation et de contrôle d’accompagnement transfèrent les leviers économiques du pays à des centres de décision extérieurs basés à Washington, Paris et dans d’autres capitales étrangères.
L’accord d’association avec l’UE qui est entré en vigueur ce 1er septembre et l’accord d’adhésion avec l’OMC en cours de négociation ouvrent le marché algérien aux produits étrangers, en levant les protections sur la production nationale, sans avoir préparé les entreprises algériennes publiques et privées à faire face à la concurrence internationale induite par cette ouverture commerciale.
Il a souvent été dit et répété que le pays étant exportateur quasiment d’un seul produit (les exportations hors hydrocarbures représentent environ 900 millions de dollars en 2005, de l’ordre de 2% du total des exportations) n’a aucun intérêt à une libéralisation immédiate des échanges.
Dans l’état actuel de l’économie, le pays n’a aucun avantage comparatif (qualité et prix) dans pratiquement tous les produits hors hydrocarbures et, face à la concurrence étrangère, sera obligé de fermer l’ensemble de ses activités productives avec les conséquences dramatiques sur l’emploi existant. L’Algérie, dépossédée de ses ressources et de son appareil de production, sera réduite à un comptoir d’importation de produits étrangers (20 milliards d’importation cette année 2005 soit la moitié de nos exportations d’hydrocarbures chiffre appelé à augmenter dans le futur jusqu’à extinction de nos recettes hydrocarbures.), revenant ainsi à son statut antérieur de colonie sans perspective de développement.
Par ailleurs, le pays dispose d’une aisance financière (réserves de change approchant les 50 milliards de dollars auxquelles il faut ajouter le stock d’or et le fonds de stabilisation des recettes, contre une dette extérieure de l’ordre de 20 milliards de dollars) qui ne justifie pas la cession systématique de son patrimoine à des capitaux étrangers.
Pour justifier cette politique d’ouverture systématique aux multinationales, on a surtout mis l’accent sur les découverts des entreprises publiques et la nécessité de la privatisation pour faire cesser les déficits et rentabiliser le potentiel de production. Plus récemment, on a même évoqué des pressions étrangères pour ouvrir l’économie et libéraliser le secteur pétrolier. D’aucuns parlent de calculs politiques dans une stratégie d’alliance avec les Etats Unis et la France.
En faisant le choix de confier aux firmes étrangères le soin de dynamiser l’économie nationale, les autorités escomptent obtenir de leur part des transferts de technologie et de savoir-faire, une meilleure productivité, la sauvegarde voire la création de nouveaux emplois et un bilan devises positif de leur participation. Pour éviter toute contestation de cette orientation de la part des travailleurs des entreprises publiques déficitaires, les seuls choix qui leur sont offerts sont soit la fermeture soit la cession de ce patrimoine aux gestionnaires étrangers. Cette orientation exclut toute option de réhabilitation du potentiel humain et matériel existant, hypothéquant ainsi toute stratégie future d’indépendance économique.
Il faut admettre que cette orientation de faire reposer le développement national sur des étrangers est basée sur une méconnaissance de la réalité économique mondiale et des motivations des entreprises multinationales dont intérêts ne coïncident pas forcément avec ceux du pays. C’est une évidence que la technologie s’acquière mais ne se donne pas. Elle est au cœur de l’existence même des entreprises internationales et la cession effective de cette technologie au pays d’accueil est illusoire car elle mettrait en danger leur devenir.
En vérité le partenariat que ces entreprises étrangères ont à l’esprit est celui du cavalier et du cheval. Eux dessus et nous dessous. C’est le cheval algérien qui supportera le poids de la charge et c’est le cavalier étranger qui fixera la direction à suivre.
Il faut savoir également que dans le contexte de la mondialisation, les entreprises multinationales soumises à des conditions de concurrence de plus en plus sévères et les exigences de rentabilité de plus en plus élevés de leurs actionnaires considèrent la masse salariale comme une variable d’ajustement et, au total, prennent des décisions contre l’intérêt des salariés.
Il faut se rappeler en même temps que ces entreprises quittent le pays d’accueil au moindre signal de baisse de leurs résultats ou de perspective de meilleurs profits ailleurs. Le cas de l’Argentine est révélateur. L’économie s’est effondrée, les capitaux étrangers ayant fui le pays du jour au lendemain pour se placer ailleurs. Ce fut le cas aussi de plusieurs pays asiatiques qui se sont trouvés dans la même situation. Les monnaies nationales de ces pays ont dû être dévaluées aggravant le chômage et la pauvreté de la population.
L’expérience internationale des pays industrialisés et des pays dits émergents a montré que le développement ne peut s’opérer qu’en s’appuyant sur le génie national, l’apport étranger direct n’étant requis qu’à titre de complément, et de façon minoritaire dans les secteurs stratégiques. Bien plus, même les pays qui ont atteint un stade de développement avancé prône « le patriotisme économique », en protégeant leurs secteurs et leurs entreprises à caractère stratégique de toute appropriation étrangère pouvant mettre en danger leur souveraineté nationale.
Le gouvernement en même temps qu’il libéralise et privatise sans discernement, puisque même le secteur pétrolier n’est plus à l’abri de cette libéralisation, prévoit de financer sur cinq ans des investissements d’un montant global de 50 milliards de dollars, principalement dans le domaine des infrastructures qui vise à combler le déficit en logement et à réduire le chômage. Intention louable mais sans impact durable en matière d’emplois et de relance de l’activité productive nationale. C’est un peu comme un orage d’été qui fait beaucoup de bruit mais qui ne produit pas suffisamment de pluie pour arroser la terre. Cela créera des emplois non productifs et donc non durables, juste le temps d’un chantier de construction d’une route ou d’un logement. La cause de tout ce gâchis est l’absence d’une vision globale et d’une politique économique nationale mise en œuvre par les Algériens et pour les Algériens et dont les infrastructures ne constitueraient qu’un volet d’une politique globale dont la base serait le développement des secteurs économiques productifs.
Le plus préoccupant est qu’avec le démantèlement programmé des entreprises publiques nationales et le faible soutien apporté aux petites et moyennes entreprises du secteur privé, cette manne financière profitera aux firmes étrangères, à leurs équipements, à leur produits et à leur personnel.
De plus, le projet de réforme du gouvernement ne se résume pas à privatiser sans discernement tous les secteurs d’activité, en commençant par les entreprises publiques économiques, y compris les domaines stratégiques, mais ouvre la voie à la privatisation ultérieure des services publics. La démarche actuelle ne vise pas à mettre en oeuvre les règles de marché, lesquelles n’excluent pas l’existence d’un secteur public concurrentiel, mais à construire une économie ultra- libérale avec des acteurs privés étrangers.
Ce projet manque de visibilité et de crédibilité dans la mesure où il ne s’inscrit dans aucune politique économique englobant l’ensemble des secteurs, ni dans aucune stratégie de développement clairement définie en concertation avec les acteurs politiques et économiques concernés et visant à préserver les intérêts nationaux.
Il faut savoir en même temps que l’ensemble des pays dits développés qui préconisent le libre-échange dans le cadre de la mondialisation pour favoriser leurs exportations ne s’appliquent pas cette règle à eux-même, n’hésitant pas à l’enfreindre chaque fois que leurs intérêts se trouvent menacés.
Récemment encore Washington a refusé que le groupe pétrolier chinois Cnooc mette la main sur son concurrent américain Unocal. La France s’oppose aux intentions supposées de Pepsico de racheter Danone. Elle vient de décider de protéger dix secteurs stratégiques. Rappelons que l’administration américaine a imposé les quotas sur les importations d’acier européens ou de textiles chinois, a déposé une plainte devant l’OMC pour soutenir Boeing contre Airbus. Les pays européens, les Etats Unis, le Japon et la Suisse subventionnent leur agriculture (production et exportation) et restreignent l’accès de leur marché aux produits agricoles violant ainsi les règles du libre échange et de la concurrence.
La politique actuelle du gouvernement si elle devait être poursuivie appauvrirait l’Algérie et les Algériens. La quasi- totalité de ses ressources minières serait dans un proche avenir entre les mains des étrangers, rapatriée vers leur pays d’origine et épuisée à terme. Les donneurs d’ordre dans les secteurs de l’économie seraient des étrangers dont les objectifs de rentabilité financière ne coïncident pas nécessairement avec les exigences de développement économique du pays. La nouvelle Division Internationale du Travail dans le monde ferait :
 *(i) de notre pays une région asséchée de ses ressources naturelles et un comptoir de commercialisation de produits d’importation,
*(ii) de sa population un personnel d’exécution au service des activités commerciales et de sous-traitance des pays industrialisés,
*(iii) et de l’Algérie un simple pays de villégiature pour les touristes.
 
Face à cette menace sur la sécurité économique nationale que faire ?
Préserver les ressources et l’indépendance économique de l’Algérie
L’alternative est simple. Il faut armer économiquement l’Algérie et non la désarmer. Le nationalisme économique doit prévaloir dans la conception et la mise en œuvre de la politique économique et sociale nationale. Cela ne signifie pas repli sur soi mais tout doit être fait pour préserver les intérêts nationaux et placer les ressources, les instruments de développement économique entre les mains des Algériens.
Toute réforme doit s’inscrire dans le cadre d’une politique économique nationale et des politiques sectorielles préalablement définies. Les opérations de privatisation, l’ouverture du marché aux investissements étrangers, la libéralisation des importations plus généralement la libéralisation de l’économie sont des moyens au service de cette politique et non une fin en soi.
Veut - on une politique basée sur la promotion des exportations ou bien celle de substitution des importations ou les deux à la fois ? L’Algérie n’a t’elle pas un grand marché intérieur à gagner par la production nationale en exploitant ses avantages comparatifs avant d’aller à la conquête des marchés extérieurs ? La dimension maghrébine, africaine et arabe ne doit’ elle pas être mieux exploitée pour, à partir de l’intégration régionale, créer un meilleur rapport de force pour aborder la compétition internationale.
Dans le cadre de cette politique nationale, l’examen secteur par secteur des différentes activités (énergie et ressources minières, biens industriels intermédiaires, biens de consommation finale) permettrait de définir des stratégies de branche et des restructurations d’entreprise, dans le contexte actuel de mondialisation, pouvant comporter des apports de capitaux publics ou privés, des conversions, des spécialisations, en veillant à préserver l’emploi.
 
Toute ouverture de l’économie doit se faire de manière graduelle et ne devenir totale que dans les secteurs concurrentiels.
Le secteur minier, et en particulier le pétrole et le gaz, amont et base du développement économique, est une propriété de la Nation. Le droit de propriété sur ces ressources n’est pas cessible. Les entreprises publiques de biens intermédiaires et de biens d’équipement (sidérurgie, mécanique, électricité, électronique, matériaux de construction) qui constituent des instruments d’entraînement de l’économie, doivent être mises à niveau et ne s’ouvrir aux partenariats étrangers qu’en restant majoritaires dans le capital. La libéralisation du marché peut être opérée de façon graduelle dans le secteur concurrentiel des biens de consommation finale et dans certaines activité de services comme l’hôtellerie et la restauration où les entreprises nationales publiques et privées peuvent soutenir à armes égales la compétition..
 
Arrêter le démantèlement de la protection sociale
Le démantèlement de la protection sociale ne date pas d’aujourd’hui. Le rééchelonnement de la dette dans les années 90 a induit l’abandon du soutien des prix des produits de première nécessité. Il faut ajouter à cela la dépréciation progressive du Dinar et une augmentation générale des prix qui n’est pas accompagnée de la même progression dans les salaires ces dernières années. Tout cela a induit une baisse générale du pouvoir d’achat. Par ailleurs, les critères de rentabilité financière se sont substitués aux critères de rentabilité économique et sociale dans la production et les investissements. Cela a induit des fermetures d’unités avec comme conséquence des pertes d’emploi et la détérioration des conditions de vie de la population.
Le social n’est plus considéré désormais comme un objectif en soi mais comme un facteur résiduel du développement économique en conformité avec les théories libérales.
 
Les résultats de cette politique sont catastrophiques 
L’Algérie est classée 108ème sur 177 pays dans le Rapport Mondial sur le Développement Humain 2004, établi par le Programme des Nations Unies pour le Développement. Ce classement est basé sur l’indicateur de développement humain qui prend en considération dans chaque pays le PIB par habitant, l’espérance de vie et le niveau d’instruction de la population. Il révèle une crise du facteur humain en Algérie. En 2005, le pays est classé 103 ème non pas parce qu’il a progressé sur le plan social mais simplement parce que quelques pays qui étaient mieux classés en 2004 ont régressé en 2005.
1- Le chômage s’est aggravé
Un algérien sur 3 en âge de travailler est au chômage, le travail informel masquant en partie cette triste réalité. Pour la classe d’âge 15-24 ans, le taux de chômage dépasse les 50%, soit 1 jeune sur 2 en moyenne. La création nette d’emplois (nouveaux emplois - licenciements et départs à la retraite) affichée dans les statistiques officielles même si elle est positive, ne rend pas compte de la nature de ces emplois souvent précaires et majoritairement dans les secteurs administratifs, et ne répond à la demande des nouveaux arrivants sur le marché du travail aggravant ainsi le taux de chômage.
2- Les conditions de vie et de travail se sont détériorées
Détérioration du pouvoir d’achat
Le revenu par habitant est divisé par 2 depuis 1990. Chaque salarié doit faire vivre une moyenne de 5 personnes. Cette moyenne cache la détresse de familles plus nombreuses frappés par le chômage et vivant d’expédients, de personnes âgées sans ressources, de femmes et enfants abandonnés suite à des divorces et survivant grâce à la mendicité. Les migrations dans les villes suite aux violences dans les campagnes ont aggravé le phénomène de l’exclusion sociale en milieu urbain.
Licenciements
420.000 pertes d’emplois dans les secteurs productifs ont été enregistrées durant la période 1999-2000. Ce chiffre a dépassé depuis lors les 500.000 malgré le « plan dit de relance
Inégalités
L’écart entre les salaires (1 à 30) est très élevé, comparativement à d’autres pays à revenus intermédiaires comme l’Algérie. La progression des hauts salaires a été plus importante que celle des bas salaires. En moyenne, en se basant sur les patrimoines individuels et les revenus salariaux et non- salariaux, chaque commune compterait 1000 à 2000 millionnaires en Dinars. Sur les 1541 communes d’Algérie, le nombre de millionnaires représenterait environ 5 à 10 % de la population, alors que les estimations donnent 5 à 10 % de ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté (moins de 100 DA par jour).
3- Les indicateurs de pauvreté
La moitié de la population algérienne vit avec moins de 2 dollars (200 DA) par jour. Selon ce critère du système des Nations Unies, 12 millions d’algériens vivraient en dessous du seuil de pauvreté.
En matière de santé, la majorité des algériens n’ont pas accès aux soins primaires à cause du coût des prestations et des médicaments. Selon l’UNICEF, 25.000 nourrissons décèdent chaque année, et un bébé sur 10 naît handicapé, à cause de la non prise en charge de la mortalité infantile. Aux maladies courantes qui touchent des catégories de populations sans couverture médicale, sont venues s’ajouter des épidémies qu’on croyait éradiquées comme la peste et la typhoïde.
En matière d’éducation, l’Algérie compte 7 millions d’analphabètes. L’UNICEF signale dans son dernier rapport que 200.000 enfants sont privés d’école chaque année. De plus, 5 millions d’adolescents sont éjectés du système éducatif depuis dix ans, à raison de 500.000 par an.
En matière d’habitat, le déficit en logements, estimé à plus de 2 millions d’unités, a entraîné une augmentation dramatique à 8 du taux moyen d’occupation. Des étudiants sont logés à 5 par chambre individuelle dans les résidences universitaires.
De plus, les pénuries d’eau potable, certaines agglomérations urbaines manquant d’eau 5 jours sur 7, aggravent l’insalubrité de ces logements.
Les conséquences de cette paupérisation sont dramatiques : divorces et effondrement des structures familiales et communautaires ; maux affectant la jeunesse algérienne : drogue, prostitution, suicides, délits de droits communs, absence de perspectives et exil.
Que faire pour améliorer les conditions de vie des Algériens et éviter que la paupérisation de la population et les inégalités sociales ne continuent à alimenter la violence ?
 
Mettre en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement
Progrès économique et progrès social sont indissociables. Le bien être des citoyens étant le but ultime des réformes, l’homme doit être au centre des programmes et projets de développement. Ceci m’amène à traiter des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) - des objectifs globaux que les dirigeants du monde entier se sont fixé lors du Sommet du Millénaire en septembre 2000 - constituent un agenda ambitieux pour réduire la pauvreté d’ici à 2015, ainsi que ses causes et manifestations.
Les objectifs sont les suivants : Réduire de moitié l’extrême pauvreté et la faim, réaliser l’éducation primaire universelle et l’égalité des sexes, réduire de deux tiers la mortalité des enfants de moins de 5 ans et de trois quarts la mortalité maternelle, inverser la tendance en matière de propagation du VIH/sida et du paludisme, et réaliser un développement durable et assurer la viabilité de l’environnement. Ils comprennent aussi l’objectif de l’établissement d’un partenariat mondial pour le développement, avec des objectifs pour l’aide, les échanges et l’allégement de la dette.
Les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs ont été mitigés. La prochaine Assemblée Générale de l’ONU ( mi-septembre 2005) va faire le point de la situation. Mais d’ores et déjà, on peut dire que certains pays sont sur la bonne voie pour réaliser certains objectifs, mais aucun des Objectifs du Millénaire pour le Développement ne devrait être atteint, au rythme où les progrès sont accomplis à l’heure actuelle au niveau mondial sur le plan économique et social. Les raisons sont nombreuses mais celles qui reviennent le plus souvent sont liées à l’insuffisance et à l’inefficacité des dépenses publiques, résultat de politiques économiques inappropriées et d’une mauvaise gouvernance.
L’Algérie fait partie des pays qui, malgré les ressources dont elle dispose, n’est pas sur la bonne voie, pour réaliser ces objectifs d’ici à 2015 sauf changement de politique et implication de l’ensemble des acteurs concernés. L’Etat centralise tout or la machine de l’Etat a pour le moment un rendement médiocre.
Il est impératif d’aligner la politique économique et sociale nationale sur les OMD. Tout doit être mis en œuvre en terme d’allocation des ressources, de décentralisation des responsabilités et des moyens au niveau des collectivités locales, et de contrôle d’exécution pour s’assurer que chacun de ces objectifs sera effectivement réalisé dans les temps impartis, avant 2015.
A cet effet, l’économie de marché doit être sociale, cela veut dire que l ‘Etat doit corriger les inégalités que le marché génère en garantissant un revenu social minimum aux personnes sans ressources. Le système actuel de protection sociale devra être rationalisé, rendu transparent et plus équitable. Il est illusoire de croire qu’une économie libérale est réalisable sans transparence des marchés, sans lutte contre la corruption, sans l’indépendance de la justice, sans l’équité sociale face aux forces aveugles du marché, sans une ouverture vers la société civile et une attention soutenue aux pauvre et aux exclus. A défaut, le marché devient un bazar et une jungle. Au capitalisme mondialisé de marché, nous devons opposer le socialisme national de marché.
 
Nous Sommes Tous Pour le M.N.E.S
Ph Lyes elwatan

Bien entendu la réussite de cette démarche alter- mondialiste et sociale suppose l’instauration d’un Etat de droit et la mise en place d’institutions démocratiques.
En définitive, nous devons prendre conscience que la mondialisation progresse comme un tsunami balayant sur son passage les constructions les plus fragiles et les populations les moins organisées. La guerre économique qui en résulte nous impose de nous rassembler et de lutter, en prolongement du mouvement historique qui a abouti à la libération de notre pays, dans le cadre d’un mouvement national économique et social (M.N.E.S) visant à défendre les ressources et l’indépendance économique du pays. L’ensemble des cadres gestionnaires et syndicaux, les travailleurs, les journalistes tous ceux qui oeuvrent dans les secteurs publics et privés nationaux doivent se sentir concernés en adhérant à ce mouvement d’idées. Il est dans l’intérêt du pays que le C.N.E.S, ainsi que toutes les institutions nationales et cadres dirigeants oeuvrant dans les secteurs économiques et sociaux, agissent en militants du M.N.E.S. Le signe d’appartenance à ce mouvement est simple. Il vous suffira de vous considérer « M.N.E.S » et d’œuvrer dans votre secteur d’activité selon cette ligne nationaliste. Vous serez alors surpris de découvrir que vous êtes suffisamment nombreux pour impulser une dynamique nationale qui changera le cours de l’Histoire économique et sociale de notre pays.
 
Alger, le 08 septembre 2005
Mohand Amokrane CHERIFI


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  16/03/2008
 Ghardaϊa ville morte : forte mobilisation à l’occasion du procès de FEKHAR Hammoudi.

Karim TABBOU à conduit la délégation du FFS qui a assisté au procès. Il a animé deux rassemblements de soutien ert de solidarité avec les accusés et les grèvistes.

Lire le communiqué de l’Union des Commerçants sur le lien suivant : http://ffs-dz.com/article523,523.html

Ci-joint, quelques photos du rassemblement.

  03/01/2008
 Le troisième mandat ou le mandat… habituel ?

Analyse de Monsieur Abdelhamid MEHRI envoyée à la presse le 02 janvier 2008 et publiée dans plusieurs quotidiens le jeudi 03 janvier 2008.

" Ma conviction est que la prolongation du mandat du Président sans changement radical du système de pouvoir conduit le pays, au minimum, à une impuissance plus marquée à résoudre ses problèmes et à faire face aux grands défis qui l’attendent à l’intérieur et à l’extérieur. De même que l’intronisation d’un nouveau président, quelles que soient ses qualités, sans changement radical du système, conduira aux mêmes résultats."

Lire le texte integral en Arabe sur le lien suivant : http://www.ffs-dz.com/article504,504.html

  30/11/2007
 APPEL : " France-Algérie : Dépasser le contentieux historique"

From Algéria-Watch

http://algeria-watch.de/fr/article/pol/conf_manif/petition_depasser_contentieux.htm

L’appel ci-publié intitulé « France-Algérie : dépasser le contentieux historique » a été rédigé à l’initiative d’historiens français et algériens. Il a été signé par les personnalités qui avaient lancé le 31 octobre 2000 l’Appel des douze pour la reconnaissance par la France de la torture pratiquée durant la guerre d’Algérie. (...)

Au-delà de la critique des politiques mémorielles et des histoires officielles – aussi bien en France qu’en Algérie –, ce texte est une adresse « aux plus hautes autorités de la République française » pour « faire advenir une ère d’échanges et d’amitié entre les deux pays, et au-delà, entre la France et les pays indépendants issus de son ancien empire colonial ».

Il circule en Algérie comme France et a recueilli au 30 novembre 2007 les 165 signatures qui figurent ci-dessous, à la suite de l’appel. (Extrait du communiqué des initiateurs)

Pour signer : http://www.ldh-toulon.org/

  11/11/2007
 Notre contrat politique : La transparence, la bonne gouvernance et la responsabilité
Les Grandes Lignes du Programme Electoral que propose le FFS aux citoyennes et citoyens lors des élections locales APC & APW du 29 novembre 2007.

  14/09/2007
 Déclaration de Hocine AIT AHMED, abdelhamid MEHRI et Mouloud HAMROUCHE
Déclaration rendue publique le vendredi 14 septembre 2007

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