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Karim Tabbou à La Nouvelle République : « Aït-Ahmed pourrait bientôt rentrer » In La Nouvelle République du 27 mars 2008. " Dans cet entretien qu’il nous a accordé, le premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), Karim Tabbou, qui a été reconduit à la tête du parti le 6 décembre 2007 après avoir remis son mandat au président de son parti le 1er décembre de la même année, revient sur certains sujets de l’actualité nationale où encore en relation directe avec son parti, entre autres, l’initiative politique lancée par Aït Ahmed, Mehri et Mouloud Hamrouche, la révision de la Constitution, l’attentat qui l’a ciblé à Tademaït ainsi que la réaction du FFS par rapport la dégradation du pouvoir d’achat des citoyens et la nouvelle grille des salaires. "
La Nouvelle République : Une initiative politique est lancée conjointement par les trois personnalités, Aït Ahmed, Mouloud Hamrouche et Abdelhamid Mehri. Pouvez-vous nous expliquer un peu l’esprit de cette nouvelle démarche ?
Karim Tabbou : Aujourd’hui, la scène politique est complètement fermée au débat, il n’est laissé d’espace qu’aux zaouïas et à des acteurs qui n’ont aucune perspective démocratique. Plus encore, un changement est perçu à tous les niveaux de la société et de l’Etat. A commencer d’abord par toutes ces personnes qui appellent Bouteflika à réviser la Constitution, ce qui lui permettra de briguer un troisième mandat. Ces personnes, en réalité, ne cherchent qu’à avoir plus d’avantages à travers ce troisième mandat. A partir de là, les trois personnalités politiques nationales ont décidé de rendre l’espoir à la population en leur proposant de l’accompagner et de participer à tout processus politique qui ambitionne de faire revenir le pays à la démocratie et de lui faire dépasser la crise qui fait sombrer les Algériens dans le désespoir. Autrement dit, ce processus doit permettre le retour de la confiance et doit déboucher sur une solution viable, durable et acceptable par tous les acteurs de la scène politique algérienne. Voilà l’esprit de l’appel des trois personnalités Aït Ahmed, Hamrouche et Mehri. Ce changement ne peut se faire sans la population ni plus, à plus forte raison, contre la population, le changement se fera avec l’ensemble des forces politiques et sociales qui y trouveront un moyen de faire valoir leurs revendications et donc intérêt à s’y associer. La population est le moteur du changement. C’est dans cette perspective que s’inscrit toute l’action politique et organisationnelle de notre parti. Nous avons l’espoir de partager ce chemin avec les personnalités politiques dont l’engagement en faveur de la paix et de la démocratie ne souffre d’aucun doute. Nous avons besoin de convaincre la population que le changement auquel nous appelons changera réellement sa vie quotidienne que le nécessaire changement du système est une condition indispensable pour mettre fin à la corruption institutionnelle, au déni des libertés démocratiques et aux injustices sociales. Nous voulons que le peuple algérien casse les archaïsmes dans lesquels on cherche à l’enfermer, prenne conscience de sa force et devienne un acteur à part entière de ce changement. La politique est une chose trop sérieuse qui ne peut être confiée ni aux seuls politiques et ni à n’importe quelle institution. C’est l’ensemble de la population qui doit être l’acteur. Je tiens à souligner à cette occasion l’importance de la réintégration de la communauté émigrée dans la vie politique. Quelle appréciation cette initiative a-t-elle eu de la part du triumvirat et de la société civile ? Cet appel a eu un écho très favorable de la société civile. On reçoit des journalistes, des syndicalistes, des organisations des droits de l’Homme qui nous demandent de mieux comprendre cette initiative et à connaître les actions futures. Sans anticiper, les trois personnalités se concertent, discutent et s’échangent des informations sans qu’elles soient cernées dans une action ou un rendez-vous quelconque. Cette initiative n’est ni dans la géographie du pouvoir ni dans son calendrier, c’est une action qui va au-delà de l’élection présidentielle ou de la révision de la Constitution. Le plus important est de rendre espoir aux Algériens et de leur montrer qu’il est possible de relancer la machine politique et démocratique dans le pays. Cet appel est engagé en direction de toute la société, les acteurs pouvant se mettre à contribution dans une dynamique nationale de construction, c’est-à-dire, s’il y a des syndicalistes qui veulent se joindre à une dynamique politique nationale ou des journalistes qui veulent défendre leurs intérêts de journalistes mais dans un cadre de dynamique politique nationale, des militants de droits de l’Homme qui veulent défendre leurs intérêts, tous ces gens peuvent se regrouper dans une vraie alternative politique. Mehri a bien expliqué l’idée lors de sa dernière sortie médiatique. Pour qu’il y ait le maximum d’initiatives à l’effet de rendre visible dans la société le maximum d’acteurs qui peuvent être des piliers sur lesquels vont se reposer une construction politique sérieuse. Il y a des informations qui circulent sur une éventuelle venue d’Aït-Ahmed en Algérie dans le cadre de la même initiative. Qu’en est-il de tout cela ? Il n’y a pas une date précise qui est fixée. J’ai lu des articles qui disent qu’Aït Ahmed exerce des pressions sur Mehri. Une chose est sûre, si Aït Ahmed doit rentrer, il doit être porté à la connaissance de l’opinion publique. Si le parti lui demande de venir et s’il y a une dynamique de politique de terrain qui rend sa présence utile ici qu’ailleurs, il n’hésitera pas à rentrer. Mais on n’est pas là pour exécuter un calendrier qui se fait ailleurs. Si le FFS ne soutient pas le projet de la révision de la Constitution qui permettra au président de briguer un troisième mandat. Envisage-t-il de présenter un candidat à la présidentielle de 2009 ? Moins d’une année après le scrutin législatif et quelques mois après le scrutin local, le pays replonge dans la léthargie et les manœuvres de coulisses et les grenouillages politiques. Toutes les institutions vivent dans le marasme, l’impuissance et l’immobilisme, cantonnées dans une situation d’attente et d’expectative armée. Un débat byzantin s’est installé entre les vrais/faux protagonistes de l’Alliance présidentielle sur la révision constitutionnelle. L’opposition du pouvoir s’associé à ce vrai/faux débat. Pendant ce temps, les vrais décideurs se livrent au rituel des stratégies de la tension. Pour une fois, le risque d’un dérapage et d’une évolution vers une situation incontrôlée et incontrôlable est réel. D’autant que certains protagonistes jouent avec le feu de l’ethnicisation de la politique. C’est pour parer à ces aventuriers qu’il est impératif d’engager le pays dans un processus de changement pacifique, négocié, progressif et ordonné. L’attentat perpétré sur la route de Tadmaït dans la wilaya de Tizi Ouzou, le 16 février dernier, dont vous dites être la cible est perçu comme étant une tentative de faire du FFS un parti ciblé. Quelle sens donnez-vous à cet attentat ? La direction du parti signe et persiste que l’attentat a ciblé le premier secrétaire du FFS. La première étude prouve que le tir d’une balle est l’œuvre d’un tireur ayant connaissance de sa cible. Analysant l’impact, il est impossible de dire que l’acte n’a pas ciblé le conducteur du véhicule. En tant que premier secrétaire du plus vieux parti de l’opposition en Algérie, comment expliquez-vous la multiplication des attentats terroristes au moment où on parle d’une « réussite totale » de la politique de réconciliation nationale ? La réconciliation nationale est un but inéluctable pour notre parti. Une vraie réconciliation est inséparable d’une démocratisation réelle du pays. C’est vous dire que notre conception de la réconciliation ne ressemble en rien avec celle prônée, plébiscitée et appliquée par le pouvoir. Il ne faudrait pas faire attribuer cette politique de « réconciliation » suivie à la seule personne du président. C’est une volonté de tout le système. Personne n’a le droit de s’en laver les mains, y compris ceux qui font mine de s’y opposer. Quant à votre question, cette réconciliation ne pouvait pas réussir tout autant que les conceptions sont ouvertement éradicatrices. Mieux, nous sommes toujours dans la logique d’éradication et de la recomposition violente du champ politique. La négation du politique, l’état d’urgence, l’instrumentalisation de la justice, la fermeture des champs d’information et d’expression, et le contrôle social sont toujours les options fondamentales du système. La réconciliation de Bouteflika n’est que la poursuite par d’autres moyens, des choix sécuritaires et aventuristes de janvier 1992. En tant que parti d’opposition, que propose le FFS devant la dégradation du pouvoir d’achat, les grèves des syndicats autonomes et la flambée des prix des produits de première nécessité au moment où le gouvernement a signé la nouvelle grille des salaires ? Malgré les ressources financières disponibles, les conditions de vie de la population ne cessent de se dégrader. Le désespoir des jeunes, premières victimes de la crise sociale, qui cherchent à fuir leur condition. La famille de l’éducation n’est pas mieux lotie. Nous avons du pétrole mais n’avons pas d’école. La réalité du terrain, et surtout du quotidien, est que l’espoir de la population a été cassé, que des promesses n’ont pas été tenues et que la décadence et la régression du pays représentent un danger réel. Le pays ne peut pas rester en l’état, il est urgent de recréer la confiance, de frayer la voie à l’espoir, de sensibiliser et de remobiliser cette population, de travailler avec elle pour unir le pays et le développer, et pour construire une nation moderne. Le moment est venu pour un débat national sur la situation du pays et de ses perspectives.
27-03-2008 Nouara Nacer-Khodja Dans la même rubrique : Interview du 1er secrétaire accordée au journaliste Nabil Benali et publiée dans l’hebdomadaire national " Les Débats", publiée dans l’édition du 12 Mars 2008 sous le titre " Les privatisations ne doivent pas toucher les secteurs stratégiques". " Le FFS restera un parti socialiste attaché aux valeurs qui fondent notre identité et notre action politique : la justice, la liberté, la paix, la démocratie, l’épanouissement de l’individu sans négation des réalités collectives, la volonté de progrès. " " Nous faisons de l’instauration de la démocratie le fer de lance de notre combat politique. " " La démocratie a partout progressé dans le monde. Dans notre pays ainsi que dans les pays du Maghreb, elle reste à instaurer. ... Pour le FFS, une des urgences nationales et régionales, c’est de stopper les métastases maffieuses de ces systèmes qui bloquent le développement de l’humain maghrébin. "
Interview du Premier secrétaire du FFS accordée au journal Qatari "El Raya". Interview réalisée par le journaliste Mustafa Fethi et publiée le 23 février 2008 dans le N° 9422. Lire l’intégralité de l’interview en langue arabe au niveau de l’interface arabe du site sur le lien suivant : http://www.ffs-dz.com/article512,512.html
A l’issue de la Rencontre des anciens de 1963 du FFS à Draa Ben Khedda, le Premier secrétaire national a occordé cette Interview publiée in Le Soir d’Algérie du 11 août 2007. "Où en est la préparation du congrès du FFS ? Après la conférence des audits et celle des élus, nous comptons organiser trois précongrès régionaux, celui de Draâ-Ben-Khedda en est le premier. Le congrès du FFS aura lieu les 5, 6 et 7 septembre 2007 et Hocine Aït Ahmed sera parmi nous." " Quelle lecture faites-vous de la révision des listes électorales par le ministère de l’Intérieur ? Zerhouni a une approche policière de la politique. Il veut gérer l’Algérie comme on gère un commissariat. Cette manière d’obliger les Algériens à donner leur voix n’est qu’une perfection des méthodes de la fraude électorale, une substitution politique à la population. C’est une logique policière d’obliger les gens à voter malgré eux, cette culture de flic ne nous étonne pas car on gère la société par le flic et par le fric."
Interview rélaisée par Hakim KATEB et publié le 12 juin 2007. "La poursuite de la politique de la fuite en avant et du mensonge, a fait que ces élections se sont déroulées dans l’indifférence la plus totale. Aujourd’hui, on se retrouve avec, d’un côté, des institutions qui sont montées par le pouvoir et, de l’autre côté, la population qui est en dissidence électorale. Le peuple a donné des signaux forts de la nécessité du changement de cap, de prendre des mesures sérieuses pour assainir la situation du pays. Il faut réengager la population dans la politique, sinon le fossé séparant les deux parties ne fera que se creuser davantage. Donc, le gouvernement, par le maintien de sa composante, n’est que l’expression d’un malaise profond au sein du système qui, à défaut, trouve que c‘est plus expéditif de maintenir les équilibres tels qu’ils sont."
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