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16/01/2008
Karim Tabbou à Al Moustakila : " C’est tout le système qu’il faut changer "

Le premier secrétaire du FFS, Karim Tabbou, à l’émission « Les dossiers maghrébins » de la chaîne de télévision Al Moustakila, le Mercredi 16 Janvier 2008 ; synthèse de l’émission.

 

« C’est tout le système qu’il faut changer ! »
 Le premier secrétaire du FFS, Karim Tabbou, a déclaré à la chaîne de télévision Al- Moustakila, mercredi soir, au sujet du troisième mandat que pourrait briguer Abdelaziz Bouteflika en avril 2009, que la question ne se pose pas au niveau des hommes. « C’est tout le système politique en Algérie qu’il faudra changer », a précisé Karim Tabbou qui a rappelé que sur le plan de l’éthique personnelle, « Bouteflika a fait son choix, lors des élections présidentielles d’avril 1999, en faveur d’un fonctionnement violent du système ». « Bouteflika a accepté d’être désigné chef de l’Etat dans une élection dont la totalité de ses concurrents se sont retirés » a ajouté M. Tabbou.
Aujourd’hui, a expliqué M. Tabbou, le fonctionnement du système demeure le même et ce sont les mêmes cercles influents qui décident en finalité des questions de la révision ou pas de la Constitution et du 3ème mandat de BOUTEFLIKA. Ni la population et ni même Bouteflika ne sont associés à ce genre de décisions qui sont tellement sérieuses pour le système qu’il n’associe ni le mauvais peuple et ni le faux président.
Concernant la révision de la Constitution, M. Tabbou a rappelé que depuis la première Constitution imposée au lendemain de l’indépendance, aucune Constitution n’a réussi à protéger ni les hommes ni les institutions. Il faut souligner que les différentes constitutions en Algérie n’ont pas été élaborées par des institutions démocratiques. Pis, elles n’émanent pas de la volonté populaire.
 
« Al Qaida est l’invitée de marque des régimes arabes »
A la question sur les attentats du 11 décembre 2007 perpétrés contre le siège du conseil constitutionnel et du siège de l’ONU à Alger, le premier secrétaire du FFS a indiqué que l’organisation Al Qaida est devenue l’invitée de marque des régimes arabes. A chaque fois qu’ils sont confrontés à des nécessités de démocratisation, a affirmé Tabbou, les régimes arabes invitent Al Qaida sur leurs territoires. « Nous avons remarqué que chaque pays arabe essaye de prouver que cette organisation est plus active dans son territoire ! », a ajouté Karim Tabbou. Par ailleurs, l’invité d’Al Moustakila a déclaré qu’en Algérie, les attentats et la violence sont devenus un système de langage que seuls les cercles du pouvoir sont en mesure de décoder. Ces derniers, a ajouté Tabbou, ne se parlent plus politiquement, mais règlent leurs différents par la violence et les coups de force !
Depuis 1991, beaucoup de promesses ont été faites aux Algériens. Au début de la violence, les décideurs avaient évoqué « le dernier quart d’heure du terrorisme », puis « le terrorisme résiduel ». Après la promulgation de la Loi portant Concorde civile, les autorités ont évoqué « la fin du terrorisme » avant d’affirmer que ceux qui sont restés au maquis n’étaient que des bandits.
 
Aujourd’hui, les Algériens sont confrontés à la situation suivante :
Une capacité opérationnelle des auteurs des attentats, puisqu’ils ont réussi à perpétrer des attentats contre le Palais du gouvernement, le siège du Conseil constitutionnel et le siège de l’Onu à Alger.
Toutes les promesses du retour à la démocratie, à la paix et au développement sont avérées fausses. Le régime est le seul bénéficiaire de la situation actuelle. En effet, seize ans après le déclenchement de la violence, les Algériens se retrouvent malheureusement dans la même situation.
 
A propos de l’analyse de la situation sociopolitique du pays, le premier secrétaire du FFS a indiqué qu’il ne s’agit pas d’analyser la situation du pays, mais de voir la réalité du terrain. « Neuf universités sont en grève, le secteur de la fonction publique et l’éducation nationale sont paralysés. Sur le plan politique : aucune stratégie et aucun programme n’indiquent la présence d’institutions politiques en Algérie. Alors que le pays affiche une santé financière positive, les citoyens sont confrontés à une situation sociale intenable. Une grande partie de la population est dans les besoins les plus élémentaires.
 
« On ne peut pas parler de carte politique en l’absence d’élections démocratiques »
Concernant le changement de la carte politique au lendemain des élections législatives du 17 mai 2007, le premier secrétaire du FFS a expliqué qu’en l’absence d’élections démocratiques, on ne peut pas parler d’une carte politique. L’équation électorale véritable quand il y a liberté d’exercice de la politique, liberté du choix, compétition loyale sur la base de règles du jeu claires. Cette équation aboutit à une vraie représentation politique.
En Algérie, c’est une autre équation : l’état d’urgence, l’absence de toutes les libertés, la violence et la corruption. Cette équation ne peut aboutir qu’au partage de la rente et à une carte mafieuse.
 
« Nous avons déjoué une tentative de coup d’Etat »
A la question sur la contestation militante, le premier secrétaire du FFS a affirmé que « nous sommes un parti d’opposition qui a subi une tentative de renversement de sa ligne politique et de ses structures ». Nous ne sommes pas à l’abri de tentatives de coups d’Etat, a souligné M. Tabbou, avant d’ajouter qu’il ne faut pas oublier que nous sommes dans un pays où la culture du coup d’Etat est érigée en règle de gestion de la société et de toutes les organisations politiques, sociales, culturelles ...

Le FFS, grâce à la vigilance de son président et de ses militants, a souligné Karim Tabbou, a su déjouer la tentative de renversement contre ses structures et sa ligne politique en organisant son 4ème congrès. Il a rappelé que l’une des principales recommandations du dernier congrès est l’ouverture du parti qui se traduit sur le plan politique mais aussi sur le plan de la structuration. L’un des choix organiques du FFS, a indiqué le premier secrétaire, est de sortir du ghetto et des espaces géographiques dont lesquels on veut le confiner.



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