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29/02/2008
Karim Tabbou : " L’évolution vers la modernité et la démocratie est compromise"

Interview du Premier secrétaire national du FFS accordée journaliste Mokrane Ait Ouarabi, publiée dans le quotidien national "El Watan" dans l’édition du jeudi 28 février 2008.


 

Le 16 février, vous étiez victime d’un attentat sur la route de Tadmaït, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Qui aurait intérêt à cibler le premier secrétaire du FFS et que pensez-vous des précisions données par le porte-parole du gouvernement et du « démenti d’Al Qaïda » mis sur un site internet ?

La direction du parti persiste et signe que le premier secrétaire du FFS a été visé directement par cet attentat. L’étude balistique la plus simple prouve au premier venu que l’angle du tir et le tir (une balle) est l’œuvre d’un tireur ayant connaissance de sa mission et de sa cible. Ceci étant, cet attentat a été minutieusement masqué. Il y a eu un attentat dans l’attentat. C’est-à-dire que tout a été programmé pour que l’attaque contre le premier secrétaire soit diluée et masquée par une rituelle attaque contre les militaires. Il est pour le moins curieux que l’attaque se soit produite dans le périmètre de sécurité d’un barrage qui existe depuis toujours et d’une des plus importantes casernes de la Kabylie. On ne peut qu’être surpris par la coïncidence unique des positions du porte-parole du gouvernement et du communiqué d’Al Qaïda concernant l’analyse de l’attentat. Les deux parties affirment que l’attaque de Tadmaït ne visait pas le premier secrétaire. Le FFS ne peut que regretter l’entreprise de désinformation menée par des articles de la presse dite indépendante autour de cette question.
 
Donné pour « vaincu militairement », le terrorisme continue de faucher des vies humaines en Algérie. Comment expliquez-vous cette situation ?
Vaincu militairement ? Personnellement, je ne suis pas un expert des conflits asymétriques. Je vous laisse la responsabilité de cette évaluation. Quels que soient les moyens et les tactiques utilisés, le plus important ce sont les finalités politiques poursuivies par les protagonistes. En tant que fils de ce pays, le coût humain de ces affrontements est inacceptable. A qui profite la dégradation de la situation sécuritaire ? That is the question. Le calvaire des Algériens, ce sont les attentats, mais aussi le paysage défiguré par les barricades, les fossés, les routes barrées et les innombrables barrages et points de contrôle. C’est infernal et impossible que de vivre dans l’insécurité, l’inquiétude et le stress permanents.
 
Les promoteurs du projet de la révision constitutionnelle redoublent d’activité et appellent le président Bouteflika à briguer un troisième mandat. Quelle lecture en faites-vous ?
Dans un pays de non-droit absolu comme le nôtre, où l’Etat est privatisé, à quoi peut bien servir une Constitution, si ce n’est d’outil de légitimation interne et surtout à visées extérieures. Que la révision constitutionnelle soit engagée ou annulée, elle ne changera rien au fond du problème. Au regard des équilibres politiques réels, des centres de décisions réels, la révision constitutionnelle ou même l’annulation de cette révision ne garantissent en rien le respect des libertés fondamentales et le principe de l’alternance au pouvoir. La persistance des rapports de force nus, c’est-à-dire violents, continue de nous installer dans la logique des alternances claniques. A l’heure actuelle, tout se passe comme si Bouteflika est innocent de ces menées politiques et constitutionnelles. S’agit-il d’une vraie hésitation, s’agit-il d’un consensus pas encore réalisé ou enfin s’agit-il d’un silence à usage tactique ? On laisse à ses lieutenants le soin de fermer le jeu très tôt pour empêcher toute dynamique politique alternative, en se réservant le choix du moment et du comment pour confirmer la candidature. Les réseaux faisant office de société civile sont chargés de présenter cette candidature comme une demande populaire. Ces réseaux parasitaires qui pervertissent la notion de société civile compromettent toute évolution vers la modernité et vers la démocratie. Le pouvoir assume la lourde responsabilité d’organiser l’échec de la société civile après avoir organisé l’échec de la société politique.
 
Récemment, des journalistes et des intellectuels ont lancé une pétition contre la révision constitutionnelle. Que pensez-vous de l’initiative ?
Pour le FFS, cette pétition a le mérite d’exister à un moment où il n’y a aucune force du champ politique qui se soit opposée publiquement à la révision constitutionnelle ni au troisième mandat promis à Bouteflika. Cela intervient au moment où les forces qui sont en faveur de cette option cherchent de façon très précoce à fermer le jeu politique et à forcer un consensus dur et large autour de cette option. Il est clair qu’il ne saurait y avoir d’hostilité en direction d’une initiative que nous croyons de bonne foi. Mais nous ne pouvons pas éluder les appréciations différentes que nous avons sur les enjeux et les stratégies à mettre en œuvre devant la situation actuelle. Tout le monde s’accorde à constater la fermeture des champs politique et médiatique. L’intelligence voudrait que nous recherchions ensemble les possibilités de les reconstruire. Nous nous donnerons ainsi une capacité d’intervention réelle pour construire à terme un rapport des forces politique, national et international favorable à l’enracinement des droits de l’homme, au respect des libertés et à l’instauration de l’alternance.
 
Le président du parti Hocine Aït Ahmed a lancé le 14 septembre 2007 avec Mouloud Hamrouche et Abdelhamid Mehri une initiative pour la démocratisation du pouvoir. Quel écho a-t-elle eu ? Et que faut-il faire, selon vous, pour atteindre un tel objectif ?
Cet appel à initiatives pour la démocratisation du pouvoir émane de trois personnalités politiques importantes. Cet appel a reçu un écho favorable dans l’opinion. Je ne peux que constater le silence du pouvoir. Pour ma part, je soutiens totalement cette initiative. Il paraît évident que la suite à donner à cette initiative ne pourra émaner que de la société dans son ensemble. Il me paraît également évident que le projet politique qui pourrait naître de cette initiative sera construit et porté par toutes les forces qui militent pour une alternative démocratique et en faveur d’un changement du système politique dans le pays. J’espère que très prochainement les enjeux, les acteurs et les stratégies qui aideront à réaliser ce projet seront réunis.
M. A. O.
Mokrane Ait Ouarabi 


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  29/03/2008
 Karim Tabbou à La Nouvelle République : « Aït-Ahmed pourrait bientôt rentrer »

In La Nouvelle République du 27 mars 2008.

" Dans cet entretien qu’il nous a accordé, le premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), Karim Tabbou, qui a été reconduit à la tête du parti le 6 décembre 2007 après avoir remis son mandat au président de son parti le 1er décembre de la même année, revient sur certains sujets de l’actualité nationale où encore en relation directe avec son parti, entre autres, l’initiative politique lancée par Aït Ahmed, Mehri et Mouloud Hamrouche, la révision de la Constitution, l’attentat qui l’a ciblé à Tademaït ainsi que la réaction du FFS par rapport la dégradation du pouvoir d’achat des citoyens et la nouvelle grille des salaires. "

  12/03/2008
 Karim Tabbou : " La finalité de la démocratie est que les gens puissent décider de leur propre vie et des choix politiques qui les concernent"

Interview du 1er secrétaire accordée au journaliste Nabil Benali et publiée dans l’hebdomadaire national " Les Débats", publiée dans l’édition du 12 Mars 2008 sous le titre " Les privatisations ne doivent pas toucher les secteurs stratégiques".

" Le FFS restera un parti socialiste attaché aux valeurs qui fondent notre identité et notre action politique : la justice, la liberté, la paix, la démocratie, l’épanouissement de l’individu sans négation des réalités collectives, la volonté de progrès. "

" Nous faisons de l’instauration de la démocratie le fer de lance de notre combat politique. "

" La démocratie a partout progressé dans le monde. Dans notre pays ainsi que dans les pays du Maghreb, elle reste à instaurer. ... Pour le FFS, une des urgences nationales et régionales, c’est de stopper les métastases maffieuses de ces systèmes qui bloquent le développement de l’humain maghrébin. "

  23/02/2008
 Karim TABBOU : " L’Algérie est un pays malade ; la solution consiste en une Alternative démocratique véritable qui le fera sortir de la crise actuelle"

Interview du Premier secrétaire du FFS accordée au journal Qatari "El Raya". Interview réalisée par le journaliste Mustafa Fethi et publiée le 23 février 2008 dans le N° 9422.

Lire l’intégralité de l’interview en langue arabe au niveau de l’interface arabe du site sur le lien suivant :

http://www.ffs-dz.com/article512,512.html

  11/08/2007
 Karim TABBOU au Soir d’Algérie : "On continue à gérer la société par le flic et le fric"

A l’issue de la Rencontre des anciens de 1963 du FFS à Draa Ben Khedda, le Premier secrétaire national a occordé cette Interview publiée in Le Soir d’Algérie du 11 août 2007.

"Où en est la préparation du congrès du FFS ?

Après la conférence des audits et celle des élus, nous comptons organiser trois précongrès régionaux, celui de Draâ-Ben-Khedda en est le premier. Le congrès du FFS aura lieu les 5, 6 et 7 septembre 2007 et Hocine Aït Ahmed sera parmi nous."

" Quelle lecture faites-vous de la révision des listes électorales par le ministère de l’Intérieur ?

Zerhouni a une approche policière de la politique. Il veut gérer l’Algérie comme on gère un commissariat. Cette manière d’obliger les Algériens à donner leur voix n’est qu’une perfection des méthodes de la fraude électorale, une substitution politique à la population. C’est une logique policière d’obliger les gens à voter malgré eux, cette culture de flic ne nous étonne pas car on gère la société par le flic et par le fric."

  12/06/2007
 KARIM TABBOU À L’EXPRESSION : " « L’APN n’est ni populaire ni nationale »

Interview rélaisée par Hakim KATEB et publié le 12 juin 2007.

"La poursuite de la politique de la fuite en avant et du mensonge, a fait que ces élections se sont déroulées dans l’indifférence la plus totale. Aujourd’hui, on se retrouve avec, d’un côté, des institutions qui sont montées par le pouvoir et, de l’autre côté, la population qui est en dissidence électorale. Le peuple a donné des signaux forts de la nécessité du changement de cap, de prendre des mesures sérieuses pour assainir la situation du pays. Il faut réengager la population dans la politique, sinon le fossé séparant les deux parties ne fera que se creuser davantage. Donc, le gouvernement, par le maintien de sa composante, n’est que l’expression d’un malaise profond au sein du système qui, à défaut, trouve que c‘est plus expéditif de maintenir les équilibres tels qu’ils sont."

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