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21/11/2006
Karim TABBOU à "La Tribune" - Nous revendiquerons toujours une Assemblée Constituante qui élaborera la constitution du pays via une réelle représentation politique. - le 18 Novembre 2006

"Pour nous, le texte fondamental ne doit pas changer selon les humeurs du gouvernant du moment. Pour donner un sens à la Constitution, il faut commencer par donner un sens à la politique dans ce pays."

" Sans un retour franc et sérieux du dialogue entre tous les composants de cette société pour aboutir à l’élection d’une assemblée constituante, cette révision projetée ne sera qu’un énième carnaval référendaire."

" Ce dont nous sommes sûrs, c’est que, si l’on ne revient pas à la nature de la crise, qui est fondamentalement d’ordre politique, l’Algérie restera dans la catégorie des pays dominés par des décisions dictées par l’extérieur en dehors de toutes les lois, y compris la Constitution à l’instar de la loi sur les hydrocarbures adoptée en 2005 et amendée en 2006, pour ne citer que celle-là."



L’interview a été accordée à la journaliste Ghada HAMROUCHE
La Tribune : 43 ans après la création du plus vieux parti d’opposition algérien, quel bilan faites-vous de son parcours ?
Karim Tabbou : En toute objectivité, je crois que le Front des forces socialistes (FFS) a eu au moins le mérite d’avoir résisté et de continuer à exister, malgré tous les traquenards qui ont jalonné son itinéraire. Tout en apportant une vision différente sur les problèmes des Algériens, en enrichissant le jargon politique algérien et en émettant des propositions et des alternatives dans des périodes politiques difficiles.
On se rappellera de la position du parti après l’enlèvement du défunt Mohamed Boudiaf en 1963 et la plate-forme proposant une alternative nationale en 1978 à un moment où il n’était pas possible d’émettre un autre son de cloche que celui que permettaient les gouvernants du pays.
Après l’ouverture démocratique en 1988-1989, le FFS a, d’emblée, œuvré pour rendre irréversible l’ouverture démocratique politique. Ce qui n’était pas évident. La scène politique était piégée de manière à ouvrir la voie à toutes sortes d’extrémisme. Le FFS s’est introduit dans cette équation pour accompagner le jeune processus démocratique en Algérie et pour ne pas laisser le monopole de l’opposition aux islamistes. En d’autres termes, éviter que ce monopole ne se transforme en une confrontation violente. Après l’arrêt du processus électoral en janvier 1992, le pays a basculé dans une violence qui l’a conduit au désastre. Tout au long de ces années de feu et de sang, nous avons décomplexé les esprits et le débat en émettant la proposition d’une solution pacifique globale. Nous avons proposé un contrat politique. Le FFS a le mérite d’avoir émis la proposition du contrat au moment où le vide politique cédait le terrain à une violence aveugle. Il s’est assigné la dure tâche de recréer l’espace de débats, plaidant l’approche du contrat dans le cadre d’un dialogue, une négociation permettant de redonner sa chance à la politique et bannissant définitivement la langue des armes. Nous avons plaidé la voie de la négociation à une période où le champ politique était fermé et où la guerre faisait rage. D’une part, un pouvoir qui utilisait la violence pour se maintenir et, d’autre part, des islamistes, qui, croyant avoir été privés d’une victoire, usaient de toutes les violences pour accéder au pouvoir. Dans cette logique infernale de violence, la population, otage et objet indispensable pour gagner la bataille, a payé un prix très fort. La surenchère dans la violence a atteint son paroxysme en passant des assassinats individuels aux massacres collectifs. Dans cet environnement, nous avons été minoritaires à plaider pour l’établissement de passerelles pour réinstaurer la paix. Tout au long de ces années, le FFS a essayé de ramener les acteurs politiques à secréter les moyens de libérer les Algériens de la terreur combinée entre les islamistes et les militaires. Un moment qu’a choisi le pouvoir pour construire les institutions au détriment du débat réconciliateur. Une construction dans la violence, caractérisée par une fraude, massive ne pouvait que donner naissance à un dispositif institutionnel coupé de la population entachant toute légitimité et biaisant toutes les actions.
Le FFS a tenté tant bien que mal d’éviter le pire en tirant la sonnette d’alarme sur le plan national et international et en alertant l’opinion publique nationale et internationale sur une sale guerre qui se menait à huis clos et qui ne pouvait aboutir qu’à la dislocation du pays. Une position qui a coûté au parti la vie d’un très grand nombre de ses militants… mais le FFS est habitué aux sacrifices depuis la dissolution de l’Assemblée constituante qui devait élaborer la première constitution de l’Algérie indépendante.
 
Et depuis 1999 ?
D’abord, il faut noter que les présidentielles de 1999 ont eu le mérite de briser le mur de la peur et la terreur, donnant la voie au fol espoir de la tenue des premières élections libres, restructurant politiquement le pays. La qualité des débats imposés par les candidats à cette présidentielle a permis aux Algériens de reprendre confiance et de croire en des lendemains meilleurs. Malheureusement, les décideurs ont senti le retour à l’exercice politique et opéré leur coup de force, coupant la voie à l’aboutissement d’une expérience électorale sans précédent. Le pays est depuis plombé.
On tente, vainement, de maquiller un cadavre. Le drame de la Kabylie en 2001 a ouvert la voie à une situation dangereuse pouvant entraîner la dislocation totale du pays. Le FFS a refusé alors de faire la politique des comptables et a assumé une position historique pour éviter que la logique aventurière ne s’impose.
Le FFS a fait face au fascisme des arouchs qui voulaient conduire la population à des modes d’expression violents. La Kabylie est un des bastions de la démocratie où s’expriment toutes les opinions et où existent toutes les sensibilités. C’est pourquoi, elle a fait l’objet d’un scénario de dislocation. Il y a 500 000 personnes qui y sont armées. Imaginez un peu si ces gens-là avaient usé de leurs armes pour se faire justice au moment de l’assassinat de Matoub ou lorsque des lycéens se faisaient canarder par des gendarmes ?!! Nous avons choisi d’éviter le pire à la région et de faire barrage à la stratégie de « mercenariat » et de l’organisation du désordre que le pouvoir privilégie pour appliquer sa politique. Bref, le FFS a, pour emprunter l’expression d’un syndicaliste, cessé d’être un parti politique pour devenir un territoire démocratique.
Pendant tout ce temps-là, le pouvoir n’a cessé de nous attaquer sur tous nos territoires, notamment concernant nos propositions politiques qu’il appliquait tardivement et en décalage avec les phases où elles ont été proposées, pervertissant de la sorte la période transitoire que nous proposons pour aboutir à un réel processus démocratique sans oublier la réconciliation nationale que nous avons toujours prônée et que le pouvoir a saisie pour donner naissance à une réconciliation « amnésiante » consacrant l’impunité et occultant le droit à la vérité. Cette guerre contre le parti sur un fond de violence ambiant va jusqu’à tuer le rêve des Algériens et toute alternative politique possible.
Le stade optimal de la destruction est de parvenir à faire perdre à l’individu confiance en tout. Nous refusons que le rêve soit confisqué. Nous nous battons pour que l’Algérien continue à rêver.
C’est pourquoi le FFS est une cible permanente de ce pouvoir qui tente périodiquement de lui fomenter des crises internes.
 
Vous expliquez donc la crise qui secoue le parti depuis quelques semaines par une machination du pouvoir...
Oui et non. Cette crise a deux aspects. Externe et interne. Je dirais que nos problèmes ou si vous voulez le malaise a commencé le lendemain de l’organisation du grand rassemblement célébrant le cinquantenaire du Congrès de la Soummam. Nous avons réussi via nos modestes moyens à rassembler 10 000 personnes, selon les estimations de la police, venues des quatre coins de l’Algérie. Le FFS a réussi à se faire rencontrer les Algériens à Ifri autour de l’acte fondateur de l’Etat algérien moderne, selon les leaders de la révolution au moment où quatre partis politiques présumés majoritaires ont échoué à organiser une manifestation de soutien au peuple libanais en usant des moyens de l’Etat. Les Algériens ont pu constater que la salle Harcha était à 95% vide. Ils ont échoué à mobiliser les Algériens autour d’une si noble cause. Notre réussite indiscutable face à leur échec cuisant a dérangé le pouvoir qui a de tout temps bâti sa stratégie sur la dispersion. La dislocation des syndicats indépendants, les directions imposées aux élections du bâtonnat, du syndicat des magistrats et du CNES ne sont que l’expression de cette stratégie, sans parler du coup d’Etat permanent dans les partis, légitimé par une justice à ses ordres. En somme, le pouvoir est passé de la violence physique au procédé du coup d’Etat interne, piégeant de la sorte toutes les organisations. Le FFS a évolué dans ce contexte, connu des échecs et des réussites, dont la plus importante reste certainement son existence contre vents et marées, la constance de ses principes et la cohérence de ses discours.
 
Revenons à l’aspect interne de la crise. Vos détracteurs vous reprochent la violation des statuts, notamment la non-tenue du congrès depuis six ans, alors qu’il était prévu pour 2004, la non-programmation de l’audit et de la conférence des cadres en plus du non-respect de la périodicité de la tenue du conseil national et la responsabilité politique non assumée. Somme toute, une dictature…
Laissez-moi vous dire que l’on ne peut analyser sous un regard strictement organique la vie et l’évolution d’un parti. Contrairement à leurs allégations, il n’y a pas de léthargie. Leur contestation intervient, comme je vous l’ai dit, quelques jours après la manifestation d’Ifri.
Je tiens, avant d’aborder l’aspect organique et interne de la crise, à souligner que la simple évocation de Abane Ramdane rappelle au clan de Oujda son crime contre le peuple algérien en 1962. Ce clan, qui a toujours fonctionné sur une logique tribale et clientéliste et détenant un triste palmarès de violations des droits de l’Homme, continue aujourd’hui à vouloir régler des comptes avec tous ceux qui se sont opposés à sa démarche. Il veut solder les comptes d’hier en détruisant ceux qui n’ont jamais partagé sa vision via une approche raciste à l’égard d’un certain nombre de symboles. Je crois profondément que l’on veut châtier le FFS pour avoir marqué sa fidélité au congrès de la Soummam, avec toute sa symbolique, mais également pour le retrait des six qui a contrecarré leur dessein en délégitimant l’élection de leur candidat. Tout cela cadre avec les tentatives de déstabilisation du parti, tout comme de toutes les organisations qui ne gravitent pas autour de ce clan.
Pour en revenir aux questions internes, le FFS ne compte pas organiser un congrès administratif. Nous voulons organiser un évènement politique important. Nous refusons de nous plier aux approches administratives d’un parti et de rater nos objectifs. Nous ne pouvons pas nous le permettre. C’est pourquoi, nous refusons d’être les otages d’un règlement que nous avons nous-mêmes confectionné. Le congrès ne s’est pas tenu en 2004 à cause des élections présidentielles et de toute la pièce théâtrale montée à cette occasion, y compris l’opposition factice d’un certain candidat pour les nécessités du show qui s’est soldé par la réélection de Bouteflika. Le retard est donc une décision de toutes les instances du parti. Quant aux réunions périodiques du Conseil national, les procès-verbaux sont là pour témoigner du respect de leur tenue. Cette direction a tenu trois conseils nationaux ordinaires et quatre extraordinaires. Pour ce qui est de l’audit, nous avons préconisé cette année une autre démarche avant de la tenir. L’évaluation obéit à un certain nombre de règles. Les défis auxquels nous faisons face aujourd’hui nous obligent à opérer une évaluation profonde. C’est précisément ce nouveau procédé qui a déclenché cette crise et soulevé l’ire des contestataires. La situation actuelle du pays, nos résultats lors des Locales, l’image que donnent nos militants du parti et les critiques de la population nous poussent à assumer nos responsabilités. Le FFS ne peut faire partie de ceux qui discréditent la politique. Notre devoir est de prendre en charge doléances et revendications de la population et de tenir compte de ses reproches à travers la correction de nos actes et de nos approches. Nous devions comprendre pourquoi nous sommes majoritaires à l’APW alors que cette majorité ne s’exprime pas dans un certain nombre d’APC. Pourquoi notre électorat nous a-t-il boudés dans certaines régions ? C’était le message à décortiquer pour corriger notre action et pour continuer à bénéficier de la confiance de la population. Pour cela, nous avons institué les Conférences politiques d’évaluation (CPE) où étaient conviés, outre nos militants, les sympathisants du parti, le mouvement associatif, le syndicat mais aussi la population de la commune. Les débats transparents nous ont permis de regagner la confiance de notre base militante mais aussi de drainer de nouvelles adhésions.
Les effectifs du parti ont triplé suite à ces CPE. Ce qui n’a pas plu à tout le monde, notamment les mis en cause des échecs.
 
Vous insinuez que les contestataires sont les responsables des échecs ?
Pas tous. Mais une bonne partie parmi eux. Il y a également ceux qui ont été discrédités auprès de la population par leur comportement ou ceux dont la popularité n’a pas résisté à celle des nouveaux adhérents.
Il y a aussi le blocage contre le rajeunissement du parti. Aujourd’hui, la moyenne d’âge de la majorité de nos partisans se situe entre 25 et 36 ans. Il faut signaler également les résistances archaïques au renouveau et l’ouverture aux combats des femmes et des syndicats. Nous sommes en voie de réussir une révolution intellectuelle, ce qui explique les secousses et l’étendue de l’onde de choc dans les rangs de ceux qui ont été emportés par le vent du changement. Cette expérience de démocratisation à la base ne plaît certainement pas à tout le monde. Bref, le parti évolue et personne ne nous imposera des calendriers. Le congrès, que nous voulons celui de la démocratie, se tiendra quand les conditions politiques le permettront.
 
Vous parlez de démocratisation à tous les niveaux du parti, pourtant le secrétariat national est imposé et c’est d’ailleurs l’objet de la dernière contestation ?!
Je crois qu’il y a confusion. Le secrétariat national n’est pas une instance du parti. Il y a la présidence, le conseil national et la commission de discipline et de règlement juridique qui sont des instances élues.
Or, le secrétariat national est composé de collaborateurs du Président. C’est lui qui choisit ce groupe et qui affecte à chacun la responsabilité qu’il veut lui faire assumer. Personne ne trouve à redire quand un président choisit ses conseillers. C’est la même chose pour le secrétariat du FFS, il est choisi par le président du parti et n’a jamais été élu selon les statuts du parti.
 
Vous avez évoqué des conditions politiques à réunir pour la tenue du VIe congrès. Peut-on les connaître ?
Il s’agit essentiellement des échéances statutaires que nous devons absolument tenir avant de fixer la date du congrès.
 
C’est-à-dire ?
L’audit démocratique que nous tiendrons très prochainement. Il ne nous reste plus que la mise en place de la logistique qui précède cette échéance. La Conférence nationale des cadres est prévue pour les 15 et 16 novembre prochains et, enfin, les conventions thématiques qui constitueront les documents de base du congrès pouvant dégager déjà les grandes lignes du programme que fixera le congrès pour les années à venir, notamment la stratégie et la ligne politique.
 
Si l’on en croit vos assertions, le congrès a de fortes chances de se tenir d’ici à 2007 ...
Très probablement. Sauf retournement spectaculaire, le VIe congrès se tiendra l’année prochaine.
 
Que pense le FFS de la révision constitutionnelle projetée ?
Les constitutions sont un produit algérien qu’on peut exporter aussi bien que le pétrole. Bien que nous ne puissions discuter d’un document dont on ignore le contenu et les visées sur le principe même de la révision, une question s’impose : avons-nous appliqué les précédents textes ? La Constitution de 1963 n’a pas empêché le coup d’Etat de 1965 et celle de 1989 n’a pas empêché les chars d’occuper Alger en 1991. Pour nous, le texte fondamental ne doit pas changer selon les humeurs du gouvernant du moment. Pour donner un sens à la Constitution, il faut commencer par donner un sens à la politique dans ce pays. Le FFS est conséquent avec lui-même et constant dans les positions qu’il a toujours adoptées. Nous revendiquerons toujours une Assemblée constituante qui élaborera la Constitution du pays via une réelle représentation politique. D’ailleurs, on ne peut débattre de la loi fondamentale à huit mois des législatives. Ce débat vient en aval d’une telle élection et non en amont.
Sept ans après le lancement d’un prétendu plan de relance économique, l’Algérien n’en ressent aucun impact.
Rien ne peut sortir le pays du marasme économique et social dans lequel il est plongé. Sans un retour franc et sérieux du dialogue entre tous les composants de cette société pour aboutir à l’élection d’une assemblée constituante, cette révision projetée ne sera qu’un énième carnaval référendaire. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que, si l’on ne revient pas à la nature de la crise, qui est fondamentalement d’ordre politique, l’Algérie restera dans la catégorie des pays dominés par des décisions dictées par l’extérieur en dehors de toutes les lois, y compris la Constitution à l’instar de la loi sur les hydrocarbures adoptée en 2005 et amendée en 2006, pour ne citer que celle-là.
 
Vous avez participé aux législatives de 1997, boycotté celles de 2002. qu’en sera-t-il de celles de 2007 ?
Toute participation à une élection est conditionnée par l’intérêt qu’elle peut générer. Le sens de cette élection, comme celui des précédentes, se débat au sein des instances du parti. Le FFS saisit cette opportunité pour appeler les acteurs politiques à un retour à un processus sérieux. Par anticipation, je peux vous dire que le Parlement actuel est une organisation de masse. La preuve en est, pour ne citer que cet exemple, sa motion de soutien à un texte constitutionnel dont il ignore le contenu et qui, peut-être, portera la dissolution de ce Parlement ou l’une de ses deux chambres.
 
Le parti a été frappé d’une certaine léthargie, notamment depuis le dernier congrès ? Comment expliquez-vous cette inertie ?
Je crois que les mots sont assez forts pour désigner une certaine « absence », peut-être, du parti sur la scène médiatique. Cela doit être interprété objectivement. Le Parti est passé de la politique des masses à une politique plus efficace. Le FFS a eu également à gérer une situation des plus difficiles. Durant un peu plus d’une année, nous avions à faire face à la crise en Kabylie. Nous avons affronté une logique fasciste, une « voyoucratie » pour empêcher cette région de sombrer dans le K.-O. Cependant, le FFS a dénoncé la pièce théâtrale que furent les Présidentielles de 2004 et l’opposition factice de Benflis. Nous avons célébré le cinquantenaire de la révolution à Aïn Benian en présence de Aït Ahmed et de Mehri. Nous avons célébré le cinquantenaire du congrès de la Soummam à Ifri par un rassemblement grandiose. Nous étions l’un des rares partis à avoir organisé un débat sur la charte pour la paix et la réconciliation en avertissant de la perversion du texte. Nous avons également participé aux élections locales partielles dans des conditions difficiles. Nous avions été les seuls à avoir voté, au sein de nos Assemblées de wilaya élues, un soutien au peuple libanais en lui dégageant une aide. Bref, nous avons fait de notre mieux pour exister sur une scène politique piégée. Cela, sans oublier que nous sommes écartés des médias publics lourds depuis un peu plus de quatre ans.
 
Ne pensez-vous pas que l’absence physique de Aït Ahmed pèse sur le parti ?
Sans doute, l’absence de Aït Ahmed pèse directement ou indirectement sur le parti vu ce que représente le Zaïm pour les militants et pour, d’ailleurs, tous les Algériens.
Un Homme politique ne s’évalue que par son utilité. Pour Aït Ahmed, il se trouve que son utilité durant toutes ces dernières années, imposait sa présence au niveau de son activité internationale. Sans ses interventions sur le plan international pour faire entendre la voix de la raison, la situation aurait certainement été autre. Il a tout fait pour faire éviter le pire aux Algériens.
Nous préférons voir Aït Ahmed actif et dynamique à l’étranger que soumis à la loi du silence en Algérie.
 
M. Aït Ahmed a toujours été le ciment qui colmate toutes les fissures susceptibles de lézarder les murs de la construction FFS, croyez-vous que le parti survivra à la disparition du Zaïm ?
Il est vrai que le parti a toujours été identifié à M. Aït Ahmed. Seulement, l’une des œuvres majeures de ce grand homme et l’une de ses fIertés personnelles, c’est d’avoir, indéniablement, transmis ses valeurs et principes à plusieurs générations. Le FFS est fier aujourd’hui d’avoir en son sein, le plus vieux dirigeant politique et le plus jeune porte-parole de parti. M. Aït Ahmed a parfaitement su transmettre son combat pour la démocratie et les droits de l’Homme en Algérie à des générations différentes… et dans tous ses combats, il a su préserver ses principes sans les brader.
Le sens populaire et politique du Zaïm va toujours comme un gant à M. Aït Ahmed au regard de son itinéraire, son engagement en faveur de la liberté et de la démocratie.
Sa disparition posera certainement problème en matière de charisme et de sagesse. On ne peut pas réinventer un Aït Ahmed ni égaler son parcours politique.
Cela pour vous dire que le FFS survivra certainement à son fondateur, il faut juste savoir comment sera cette survie.
 
Et comment la voyez-vous ?
Le parti peut être normalisé et survivra administrativement dans le giron du pouvoir à l’instar d’un grand nombre de formations politiques algériennes. Comme il peut poursuivre la résistance à l’hégémonie et le combat qu’il a toujours mené depuis sa création en 1963. Cette seconde option est la plus plausible car nous sommes aujourd’hui des milliers à partager les convictions de Aït Ahmed et les valeurs universelles en lesquelles il a toujours cru. Je suis convaincu que son parti tout comme son idéal politique lui survivront. 
G. H.
 


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" Nous faisons de l’instauration de la démocratie le fer de lance de notre combat politique. "

" La démocratie a partout progressé dans le monde. Dans notre pays ainsi que dans les pays du Maghreb, elle reste à instaurer. ... Pour le FFS, une des urgences nationales et régionales, c’est de stopper les métastases maffieuses de ces systèmes qui bloquent le développement de l’humain maghrébin. "

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Lire l’intégralité de l’interview en langue arabe au niveau de l’interface arabe du site sur le lien suivant :

http://www.ffs-dz.com/article512,512.html

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