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![]() Karim TABBOU : " Il est impératif d’engager le pays dans un processus de changement pacifique, négocié, progressif et ordonné" Contribution du premier secrétaire au débat politique de la Session ordinaire du conseil national qui s’est tenu les 24 & 25 janvier 2008 au siège national à Alger.
Alger, le jeudi 24 janvier 2008
Le pays vit une situation paradoxale. D’un coté, une situation sécuritaire préoccupante, un front social en ébullition, une crise grave du secteur de l’éducation, un immobilisme et une léthargie institutionnels. De l’autre coté, on ne peut qu’être frappés par les réactions parcellaires et partielles de la population. Les gens sont isolés, désespérés, anxieux, nerveux et ne sont pas heureux. Ils ne réagissent que devant l’urgence et les problèmes qui les touchent directement. Comment ne pas être surpris par le manque d’intérêt manifesté par les parents devant la situation qui est faite à leurs enfants qui soient lycéens ou étudiants. Comment expliquer leur passivité alors que l’avenir de leurs enfants est en jeu et risque d’être hypothéqué. Par opposition, quel crédit accorder à une mobilisation populaire pour un 3ème mandat et une révision constitutionnelle. Le caractère factice de cette mobilisation n’échappe à personne. La réalité est que l’espoir a été cassé, que les promesses n’ont pas été tenues, que la décadence et la régression du pays représentent un danger réel. Le pays ne peut pas rester en l’état, il est urgent de recréer la confiance, de frayer la voie à l’espoir, de sensibiliser et de remobiliser cette population, de travailler avec elle pour unir le pays et le développer et pour construire une nation moderne. Nous avons besoin de convaincre la population que le changement auquel nous appelons changera réellement leur vie quotidienne ; que le nécessaire changement du système est une condition indispensable pour mettre fin à la corruption institutionnelle, au déni des libertés démocratiques et aux injustices sociales. Nous voulons que le peuple algérien casse la gangue des archaïsmes dans laquelle on cherche à l’enfermer, prenne conscience de sa force et devienne un acteur à part entière de ce changement. La politique est une chose trop sérieuse qui ne peut être confiée ni aux seuls politiques et ni à n’importe quelle institution. C’est l’ensemble de la population qui doit être l’acteur. Je tiens à souligner à cette occasion l’importance de la réintégration de la communauté émigrée dans la vie politique nationale Le moment est venu pour un débat national sur la situation du pays et de ses perspectives. Notre réunion d’aujourd’hui s’inscrit dans ce débat. Je voudrais attirer votre attention sur quelques aspects qui me paraissent importants et qui concernent la situation sécuritaire, la situation socio-économique et la situation politique :
Sur le plan sécuritaire, L’examen de la situation du pays a permis de constater une accentuation de la violence à l’approche de l’élection présidentielle. Les acteurs de cette violence montrent une capacité opérationnelle forte et d’un choix de cibles hautement symbolique. La concentration des attentats au centre du pays (surtout en Kabylie et dans la capitale), le choix de cibles symboliques (siège du gouvernement, la Cour Suprême, le siège de l’ONU, le président de la République…) la programmation et la coordination de ces évènements peuvent donner lieu à plusieurs lectures et interprétation : 1. Cette stratégie du centre vise à neutraliser une région politiquement sensible. Comment ne pas remarquer que cette stratégie est une image en miroir du dispositif initial de l’Etat d’urgence ayant touché les cinq wilayas du centre 2. Comment ne pas remarquer que la gestion médiatique de ces attentats s’apparente à une véritable entreprise de désinformation au service d’objectifs politiques parfois contradictoires. Elle est en tous cas, révélatrice de conflits larvés entre les commanditaires et les détenteurs des moyens de propagande et des luttes au sommet du pouvoir pour le pouvoir. 3. Cette situation dévoile au grand jour l’internationalisation de fait de la crise algérienne. Nous ne voulons retenir que les positions affichées du président Sarkozy et l’implication du secrétaire général et du conseil de sécurité des nations unies demandant la constitution d’une commission d’enquête.
Sur le plan économique et social, L’état de la population continue de se dégrader. Malgré les ressources financières disponibles, les conditions de vie et de travail de la population ne cessent de se dégrader. Le désespoir des jeunes, premières victimes de la crise sociale, qui recherchent à fuir leur condition son dans la révolte au quotidien, la drogue, le suicide et l’immigration illégale dans des embarcations de fortune au risque de leur vie. Ce sont des réalités qui illustrent la gravité de la situation. Les lycéens, les étudiants ainsi que toute la communauté de l’éducation, ne sont pas mieux lotis. Nous avons du pétrole mais nous n’avons pas d’école. L’équation de l’école et du pétrole résume à elle seule le degré de développement du pays.
Sur le plan politique, Quelques mois après le scrutin législatif et quelques jours après le scrutin local, le pays replonge, dans la léthargie et les manœuvres de coulisses et les grenouillages politiques. Toutes les institutions vivent dans le marasme, l’impuissance et l’immobilisme. Cantonnées dans une situation d’attente et d’expectative armée. Un débat byzantin s’est installé entre les vrais faux protagonistes de l’alliance présidentielle sur la révision constitutionnelle. L’opposition du pouvoir s’associe à ce vrai faux débat. Pendant ce temps, les vrais décideurs se livrent au rituel des stratégies de la tension. Pour une fois, le risque d’un dérapage et d’une évolution vers une situation incontrôlée et incontrôlable est réel. D’autant que certains protagonistes jouent avec le feu de l’éthnicisation de la politique. C’est pour parer à ces aventures qu’il est impératif d’engager le pays dans un processus de changement pacifique, négocié, progressif et ordonné. Ce processus doit permettre le retour de la confiance et doit déboucher sur une solution viable, durable et acceptable par tous les acteurs de la scène politique algérienne. Ce changement ne peut se faire sans la population ni à plus forte raison contre la population, le changement se fera avec l’ensemble des forces politiques et sociales qui y trouveront un moyen de faire valoir leurs revendications et donc un intérêt à s’y associer. La population est le moteur du changement. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’action politique et organisationnelle de notre parti. Nous avons l’espoir de partager ce chemin avec les personnalités politiques dont l’engagement en faveur de la paix et de la démocratie ne souffre d’aucun doute. Je vous invite à débattre et approfondir l’analyse politique, ensuite nous aborderons les points relatifs aux aspects organisationnels du parti. J’aurai le plaisir et l’honneur de vous présenter les membres du secrétariat national à la fin de nos travaux. Merci de votre écoute
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" Même dans un contexte fermé où le pouvoir tente de tout figer, la population bouge, revendique, se révolte, manifeste. Notre devoir est de partager et d’accompagner le mouvement de la société. Notre participation aux élections locales doit se comprendre comme une poursuite de notre lutte légale pour l’émergence de noyaux de contre-pouvoir. A aucun moment, nous n’avons perdu de vue le fait constant que l’Etat d’urgence organise des élections truquées, dévoie le suffrage universel et ne vise que la validation des représentations du pouvoir."
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