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Hocine AIT AHMED : "L’Etat centralisé et policier réduit à néant l’autonomie administrative et financière des collectivités locales" Message à la Conférence Nationale des Elus du FFS " Pour éviter tout contre-pouvoir, l’Etat centralisé et policier contrôle le parlement, la justice et la presse et empêche la société civile de s’organiser de façon indépendante. Il pourchasse tous les acteurs autonomes de la société et entrave par tous les moyens - les intimidations, les gardes à vue, jusqu’à l’assassinat de militants - l’action de l’opposition politique. Pour boucler le tout, il limite les prérogatives des élus locaux proches des populations, réduisant à néant l’autonomie administrative et financière des collectivités locales. » " Pour contenter ses partenaires occidentaux, cette dictature se drape d’une façade démocratique avec un parlement illégitime conçu par la fraude, et justifie ses violations des droits de l’homme par l’état d’urgence en vigueur, qui, dans les réalités quotidiennes est purement et simplement un Etat d’exception sans aucun garde fou légal ou temporel. Tout en modulant un sempiternel terrorisme résiduel à faire fantasmer les derniers quarts d’heure de l’innommable Roberte Lacoste, et tout aussi étrangement à les faire renaître de leurs cendres ; et ce, toujours aux "bons endroits" et aux "bons moments". "la nation algérienne a un besoin vital de respirer, de sortir de l’ombre, de l’isolement et d’une omerta généralisée pour dire non au règne du mensonge et des manipulations meurtrières et ainsi honorer la mémoire de ses enfants tombés au champ d’honneur." Au moment où s’ouvre la conférence d’évaluation de votre mandat, j’ai une pensée lancinante pour tous nos compatriotes victimes d’assassinats ciblés et, en l’occurrence, pour nos frères du parti tombés dans l’exercice de leur responsabilité d’élus. Et quel sens des responsabilités exceptionnelles avez-vous montré dans un pays spolié de ses rêves de paix, de liberté et de justice à l’orée même de son indépendance ? Tandis que la majorité écrasante des Algériennes et Algériens du "Deuxième collège" - comme au temps de la colonisation étrangère, continue à être ghéttoïsée dans une version totalitaire d’un statut de l’indigénat on ne peut mieux indigène. En réalité, cet esprit de responsabilité chez la plupart de nos militants et de nos cadres dépasse le simple devoir d’obligation morale ou contractuelle ; ce qui est déjà, reconnaissons-le en toute humilité, un acquis important dans leur culture civique et leur maturité démocratique. D’autant que d’effroyables processus d’expropriation culturelle, politique, économique et sociale ont sévi contre notre société depuis des décennies, au profit de l’infime minorité du premier collège post-colonial. Il en est résulté un système de non droit et de corruption systématique des moeurs politiques et des mentalités. Un environnement autoritaire et à ce point hostile à toute norme ainsi qu’à toute règle du jeu que ces super citoyens - Aqtab Ellil wennahar, Mouh’tarifin Fi Rabeh Rabeh wa loukane Khasrin - ne se sentent guère comptables, ni requis, ni liés, encore moins tenus par n’importe quel engagement national et international - que ce soit par ignorance ou arrogance et, le plus souvent, les deux à la fois - : en un mot, vous aviez, nous avions donc fort à faire ensemble contre le règne d’une jungle, en opposition pacifique contre la loi du plus fort, du plus fourbe, du plus argenté. Chers camarades, Oui ! Pour vous, la qualité d’élus n’est pas une carrière ou une sinécure, une gloriole familiale ou "tribale" ; elle est vécue principalement comme une vocation, pour des citoyens dignes et à la fois pour de vrais Iqeddacen de la démocratie ; vous avez respecté vos engagements de servir avec détermination et intelligence, les intérêts et les aspirations des électrices et des électeurs qui vous ont fait confiance. J’irais plus loin encore, les missions que vous vous êtes assignées, et que vous avez poursuivi en dépit des obstacles administratifs et des pressions, relèvent des faits de résistance politique, de l’esprit de résistance. Comme pour survivre, vous deviez mobiliser et mettre en jeu vos intuitions militantes et vos réflexes identitaires avec pour levier traditionnel un sens de l’honneur tel qu’il s’était trempé et modernisé dans les luttes d’émancipation politiques et sociales, et dans les résistances armées contre la domination coloniale. Cette notion d’honneur, forme de noblesse individuelle et collective qui, avant d’être et pour être authentiquement patriotique et humaniste, s’était élaborée dans un longue pratique traditionnelle du respect des autres, de la vie et de la vérité.
Il n’y a pas d’honneur dans les discours mégalomaniaques et mensongers, dans la terreur d’Etat, le crime organisé, les reniements, les coups d’Etat et de Jarnac contre les partis autonomes, contre les syndicats et les associations libres capables de constituer une société civile garante de l’unité nationale et d’une sortie de crise crédible. Il y a des valeurs comme la paix civile, l’Etat de droit, le développement durable, la justice sociale et la justice tout court, la vérité, les libertés publiques, l’esprit de solidarité, la sauvegarde de la dignité individuelle qu’un Etat digne de ce nom ne peut se permettre de démolir. Il n’y pas de conduite honorable, dans une guerre multiforme menée tambour battant contre son peuple par un Etat " raté ". Cela me renvoie à une intervention que j’ai faite en 1985 sur les droits de l’homme dont vous trouverez ci-joint une copie et qui me semble d’actualité. Je disais alors que "la multiplication des régimes de dictature nous rappellent l’Ordre Nouveau Européen inspiré par les nazis, un ordre pan-étatique en voie de développement sous la pression des super puissances". Si j’évoque aujourd’hui devant vous la structuration du monde en ordre pan-étatique, c’est parce que je considère que les politiques de l’Occident, Europe et Etats-Unis, ont favorisé l’émergence des dictatures dans les pays anciennement colonisés à l’origine de tous les malheurs que connaissent les populations de ces pays. L’Algérie n’a pas échappé à cette règle. Le droit à l’autodétermination est nié au peuple algérien. Alors que ce Droit d’avoir des droits, constitue la raison d’être et la légitimité fondatrice de l’Etat algérien. Les libertés individuelles et collectives sont violées systématiquement. Pour éviter tout contre-pouvoir, l’Etat centralisé et policier contrôle le parlement, la justice et la presse et empêche la société civile de s’organiser de façon indépendante. Il pourchasse tous les acteurs autonomes de la société et entrave par tous les moyens - les intimidations, les gardes à vue, jusqu’à l’assassinat de militants - l’action de l’opposition politique. Pour boucler le tout, il limite les prérogatives des élus locaux proches des populations, réduisant à néant l’autonomie administrative et financière des collectivités locales. Pour contenter ses partenaires occidentaux, cette dictature se drape d’une façade démocratique avec un parlement illégitime conçu par la fraude, et justifie ses violations des droits de l’homme par l’état d’urgence en vigueur, qui, dans les réalités quotidiennes est purement et simplement un Etat d’exception sans aucun garde fou légal ou temporel. Tout en modulant un sempiternel terrorisme résiduel à faire fantasmer les derniers quarts d’heure de l’innommable Roberte Lacoste, et tout aussi étrangement à les faire renaître de leurs cendres ; et ce, toujours aux "bons endroits" et aux "bons moments". Les dictatures peuvent ainsi agir à leur guise, à huis clos derrière leurs frontières et sous l’allégation spécieuse du "principe de la souveraineté des Etats et de la non ingérence dans leurs affaires intérieures", déniant leur souveraineté aux peuples et aux citoyens. Les collectivités locales et les associations représentatives étant empêchées de tout lien avec le reste du monde, le pays se transforme progressivement en prison à ciel ouvert de tout un peuple qui ne voit d’issue que dans le rejet des élections, (l’abstention massive au scrutin du 17 mai en est la démonstration flagrante), dans les émeutes au quotidien, dans l’oubli que procure la drogue, le suicide ou l’exil dans des embarcations de fortune avec au bout la mort par noyade ou la vie clandestine des sans papiers. C’est dans le contexte de cette dure réalité que se tient votre rencontre. Ceci ne doit pas vous décourager. Je n’entre pas dans les débats que vous allez avoir pour tirer les leçons de votre expérience d’élus et qui aideront le parti à mieux servir la population Mais je considère que votre rencontre est un moment fort de la vie du parti qui doit vous permettre d’interpeller les autorités et de prendre à témoin l’opinion nationale et internationale. Il importe de dénoncer plus que jamais la politique d’hypercentralisation policière et maffieuse. En réalité, le refus d’accorder une autonomie administrative et financière aux collectivités locales comme cela se fait dans toutes les démocraties du monde a pour but : 1, de rendre indestructible la pyramide totalitaire qui écrase notre société ; 2, d’empêcher les sociétés opprimées par les dictatures du Tiers Monde de s’ouvrir et de participer à la vie et aux activités internationales. Cette option s’inscrit, pour le régime, dans sa croisade stratégique visant à saboter de nouveau le Conseil onusien des droits humains, après avoir été l’un des principaux fossoyeurs de feu la Commission Internationale des droits de l’Homme de Genève. En effet, pour continuer à s’assurer impunité et pérennité il est en train de s’opposer systématiquement à tout aggiornamento des institutions de l’ONU et à leur reconstruction dans la perspective d’une restitution aux peuples et aux individus du Monde en Tiers, leurs droits d’avoir des droits, au plan national et international. Et, typique comme option anti-révolutionnaire, la politique déshonorante de soutien systématique aux répressions sauvages, à l’exemple des crimes contre l’humanité qui continuent à décimer les populations du Darfour ; le déni de protection et de solidarité à ce peuple martyr, relève aussi des complicités stratégiques et des leurres tactiques qui, certes, nourrissent de fausses espérances, mais, en réalité, ne font que donner du temps et du grain à moudre aux éradicateurs de Khartoum. Permettez-moi, chers camarades, de terminer par quelques conseils pratiques. Il faut revendiquer haut et fort l’agrément et le soutien par le pouvoir et par l’Etat des associations et syndicats autonomes. Il faut prendre appui sur les engagements souscrits par "l’Etat" au plan international pour réclamer le droit de ces associations à adhérer à des ONG régionales et mondiales ; il s’agit notamment d’établir des coopérations décentralisées en particulier au niveau du Maghreb. Et, par dessus tout, militer à part entière pour renforcer les mouvements associatifs capables de faire émerger et renforcer les sociétés civiles internationales avec pour objectif de désamorcer une apocalypse planétaire, Now-and-Tomorrow, à l’échelle de la planète.
Un tout dernier mot. Etant proches des populations, et forts de leur appui, c’est par vous et à travers vous que nous pourrons impulser une dynamique nationale et internationale l’évolution progressive démocratique et pacifique. N’oublions jamais qu’il fut un temps où l’Algérie, par désespoir de cause, avait été reléguée aux tout derniers rangs de la décolonisation. Ce qui explique les étonnants titres de noblesse et l’immense respect qu’elle suscitera tout au long de sa résistance armée et qu’elle continue d’ailleurs d’inspirer dans la mémoire des Damnés de la Terre. Il n’y a d’historique que le phénomène d’auto mobilisation exemplaire des citoyennes et des citoyens autour du GPRA. Le peuple algérien a payé si cher son accession révolutionnaire à l’indépendance et surtout à son droit suprême à l’autodétermination, principe qui résumait parfaitement ses aspirations et ses horizons démocratiques. Question de survie et d’honneur, la nation algérienne a un besoin vital de respirer, de sortir de l’ombre, de l’isolement et d’une omerta généralisée pour dire non au règne du mensonge et des manipulations meurtrières et ainsi honorer la mémoire de ses enfants tombés au champ d’honneur. Wa Ech’hadou ! Wa Ech’hadou ! Temoignez ! .. Témoignez !..
Salams.
Hocine Ait-Ahmed
Dans la même rubrique : Contribution de Hocine AIT AHMED aux festivités commémoratives du cinquantennaire de la tenue de la conférence de Tanger. " Nos pays n’ont aucune chance de se développer séparément" "Dès lors, Nous ne pouvons être en reste au risque d’être réduits à des bantoustans balayés dans une mondialisation sauvage."
Message de Hocine AIT AHMED au Conseil national du FFS, réuni en session extraordinaire le Jeudi le 6 décembre 2OO7. " Nous avons conclu un pacte, un double pacte, dois je le rappeler : la République Démocratique et Sociale et l’Unité du Maghreb. C’est pour cela que nous n’avons pas le temps d’amuser les galeries officielles et périphériques en s’attardant sur l’écume des fausses échéances ou en amusant les galeries officielles et périphériques qui se pavanent dans les succès factices et éphémères, et dans la multiplication des effets d’annonce illusoires. "la composante humaine de tous nos échelons doit refléter l’esprit du FFS. Humilité, abnégation, résistance, détermination et une espérance chaque jour renouvelée."
Questions insolites de aux membres du Conseil National réunis en session ordinaire à Alger le 26 juillet 2007 « D’évidence, les gouvernements totalitaires comme le nôtre, ont le génie malfaisant d’ouvrir de profondes fosses communes pour y enterrer les faits et les évènements précis qui leur font toujours peur. Comme la destruction du GPRA par le groupe de Tlemcen. Condamner le passé comme s’il n’avait jamais existé. Mais le passé existe avec force et, quand il bégaie dans le présent, c’est qu’il refuse de passer vers l’avenir. » « La motivation qui pousse les décideurs à multiplier les gaffes et les empressements irresponsables est qu’ils réalisent qu’ils maîtrisent l’espace national et les " indigènes " mais pas le temps. L’impunité garantie par la corruption et l’esbroufe n’est pas éternelle. »
Contribution du Président du FFS, Mr Hocine Aït-Ahmed, à la Conférence nationale de l’Audit de construction du F.F.S, les 21 & 22 juin 2007 à Zéralda. " Une chose est indéniable, dans l’accumulation chaotique des campagnes de manipulations et de mensonges menées tambour battant par les autorités de fait et de force, le peuple algérien a, par son abstention massive exceptionnelle, signifié clairement, fortement et sans équivoque sa rupture avec le système de prédation culturelle, politique, électorale, économique et sociale. Au-delà du ras le bol, il a marqué son inébranlable volonté de reconquérir sa souveraineté et restituer aux citoyennes et citoyens leurs libertés d’expression, d’organisation et de participation à la gestion politique, culturelle, économique et sociale du pays. Il est de notre responsabilité de traduire ce message en programme politique efficace, cohérent et mobilisateur de l’ensemble des forces saines du pays, en vue d’une alternative démocratique et sociale radicale et pacifique." " Aussi devons-nous préparer nos structures pour concrétiser vraiment les options stratégiques d’ouverture vers la société recommandées par le 3e congrès et qui sont terriblement d’actualité." " Que notre belle jeunesse et nos si dignes femmes, exclus et expropriés de tout, s’arment de volonté politique et de non-violence : Pour qu’ensemble nous puissions construire cette Deuxième République."
Message de Hocine AIT AHMED concernant L’AUDIT DE CONSTRUCTION adressé au Conseil national réuni en session ordinaire les 31 mai et 1er juin 2007. " Nous devons construire un parti et proposer un programme politique en phase avec la société. Je refuse le fétichisme du parti ; l’esprit de parti doit l’emporter sur l’esprit partisan. Le parti est un moyen nécessaire mais non exclusif de notre marche vers les libertés et l’autodétermination individuelle et collective." "La reconstruction et la consolidation de l’unité politique et sociale de la nation se feront à partir de l’émancipation de l’ensemble des Algériennes et Algériens, en toute égalité de statut. Sur cette route nous ne sommes pas seuls, et nous ne sommes pas les seuls. Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui, par delà les différences de générations et d’itinéraires nous nous retrouvons, à l’échelle nationale, en communion fondamentale d’idéaux et d’options politiques." "Nous sommes dans la société et nous sommes sous le regard du peuple. Je sais que nous serons à la hauteur de nos missions et de nos ambitions, chacun à sa place et chacun dans son rôle. EN SYNERGIE." "Le système d’oppression finira. La naissance de la deuxième République Algérienne sera.Avec l’avènement de la démocratie qui en est la condition sine qua non." " Nous nous donnons la route, Nous nous donnons le temps."
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