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![]() Hamida Bensadia nous quitte Droits des femmes, militante du FFS et représentante de notre parti à l’Internationale socialiste des Femmes, vie associative, immigration, lutte contre le racisme, droits humains…Si Hamida Ben Sadia aura été présente sur ces différents fronts, et souvent sur tous à la fois, ses combats, en Algérie comme en France, n’ont jamais été cloisonnés. Ils ont au contraire tous un fil conducteur, un dénominateur commun : « le droit, que le droit, rien que le droit », comme elle l’écrit dans son livre Itinéraire d’une femme française, Clamart, Bab El-Oued, Epinay-sur-Seine, paru en 2008. « La lutte continue dans chacun des actes de ma vie. Je ne suis pas infaillible et je ne crois pas à la chance. Je suis seulement lucide, je sais d’où je viens », écrit-encore cette représentante atypique et rare d’une génération de femmes issues de l’immigration. Atypique car insoumise viscérale. Rare car elle a mené ses combats personnels, politiques ou associatifs avec intégrité, loyauté, volonté d’avancer et de transformer le malheur et le moteur pour l’action. Une action radicale et pacifique. « Je repense souvent aux années passées à Alger, aux humiliations quotidiennes que j’y ai vécu comme tant d’autres.J’aurais pu, par désespoir, rejoindre les rangs du FIS pour y dénoncer l’arbitraire et me venger ainsi des vexations. Je n’ai pas choisi la violence. J’ai préféré le dialogue, la paix, la concertation et le débat (…) Le savoir et la conscience m’ont aidée à transformer la violence en moi en action pacifique et résolue contre la dictature des militaires et des nantis », écrit-elle encore. Ta lucidité, ta maturité, tes coups de gueule, ton radicalisme, ton humanité, ton rire et ton incroyable énergie nous manquent déjà atrocement Hamida. Cette énergie, cette capacité de révolte permanente et cette incapacité totale à haïr, cette détermination à ne jamais baisser les bras, personne ne les aura explicité aussi bien que toi. « Si mon obstination à vivre fait peur, c’est que résolument j’ai choisi d’être une combattante, pas une victime ». Hamida nous a quitté le 29 octobre 2009. Voici le texte de la contribution qu’elle à fait parvenir au dernier Congrès du parti. Contribution de Hamida Ben Sadia au IVe Congrès du FFS Monsieur Le président du FFS, cher Da L’ho Chers Camarades, Je suis terriblement déçu et triste de ne pas être parmi vous aujourd’hui, pour ce 4 ème congrès de notre parti, le Front des Forces Socialistes, mais c’est ainsi, de nouvelles activités professionnelles, ma responsabilité dans l’organisation d’un grand festival en France m’en empêche. Je tiens tout particulièrement à remercier les instances du parti qui m’ont désignée comme membre de droit du Congrès, c’est un grand honneur qui m’est fait et également le témoignage de mon appartenance à la grande famille des militants du FFS. Oui, je suis des vôtres. Sachez que bien qu’à 2000 kilomètres de vous toutes et tous, je partage votre détermination et vos exigences, je porte au cœur de mes engagements la lutte pour la démocratie, l’égalité des droits, la justice et le progrès social en Algérie comme partout dans le monde. Aujourd’hui, trop de désespoir, trop de souffrance écrase le peuple. Beaucoup de femmes, d’hommes et combien de jeunes sont désabusés et ne croient plus en la capacité des Hommes à changer les choses. C’est à cela que nous devons répondre car le renoncement, la fatalité ne fait pas parti du vocabulaire de notre parti. Plus que jamais nous avons besoin de recréer les conditions de l’engagement pour permettre aux algériennes et aux algériens d’accéder à l’émancipation humaine. Pour y parvenir, il nous faut tricoter de nouveaux liens sociaux, permettre à chacun de prendre sa place dans cette fabuleuse aventure humaine, faire renaître l’espoir, être à l’écoute de nos concitoyens et permette au plus grand nombre possible d’hommes et de femmes de prendre en main les discussions et les enjeux. Il nous faut redonner tout son sens a l’action politique, mobiliser toutes les intelligences pour changer la donne politique, en ouvrant la voie à une République sociale, démocratique et participative, en cassant la logique de confiscation des pouvoirs, en inscrivant la question majeure de la place et de l’avenir de la jeunesse comme un fondement de la construction politique de notre projet de transformation sociale. Un autre monde est possible, il est nécessaire, il est le seul réaliste. Une société où le chômage est tenu pour inévitable, où les inégalités, la répression, l’injustice, le mépris sont le lot commun, où les individus sont les jouets de décisions qui leur échappent, ou la jeunesse est harcelée, brimée, réprimée lorsqu’elle résiste : une telle société n’a pas d’avenir possible, elle n’est pas réaliste. La concentration des pouvoirs et de la richesse entre les mains de quelques uns, au détriment du bien-être et de la citoyenneté du plus grand nombre, au mépris de la condition humaine ne fournit pas des bases acceptables pour vivre ensemble. Alors, ensemble nous devons nous donner les moyens de développer une dynamique populaire et citoyenne. Elle est le levier essentiel pour bousculer la donne, crédibiliser notre démarche et “donner envie ” aux citoyens de s’investir dans cette bataille. Oui mes chers camarades, changer la politique, c’est prendre cette voie là, car sans une dynamique de reconstruction de pratiques démocratiques de la politique, nous ne pouvons pas gagner, sans convergence entre les secteurs en luttes, celles des mobilisations pour la paix et la démocratie, pour l’égalité des droits et le respect de l’environnement et la construction du projet politique, nous ne pouvons pas gagner. Permettez-moi pour finir de vous dire cela : Nous avons la chance unique de lutter au coté d’un homme dont le courage et l’éthique nous guident, un homme qui n’a cessé tout au long de ces années de mettre son énergie, sa vie au service de la condition humaine, alors Monsieur Hocine Ait-Ahmed je voudrais ici vous rendre hommage et vous remercier d’avoir donné un sens à ma vie. Chers camarades je vous souhaite un congrès fraternel pour relever ensemble le défi de la paix et de la transformation sociale en Algérie Hamida Ben Sadia Paris, le 1er septembre 2007
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