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Hocine AIT AHMED au Conseil de l’Internationale Socialiste, Athènes le 30 Janvier 2006 « Quelque soit le scénario qui sera retenu par les décideurs pour la succession de Bouteflika qui se prépare en douce, il lui faudra sérieusement tenir compte d’une population en rupture totale avec le pouvoir. » Hocine AIT AHMED a conduit une délégation du Front des Forces Socialistes au Conseil de l’Internationale Socialiste qui s’est tenu les 30 & 31 janvier 2006 à Athènes. Lors de cette session, George PAPANDREOU, secrétaire général du Parti socialiste Grec, a été élu Président de l’Internationale Socialiste, en remplacement de Antonio Guterres aujourd’hui à la tête du Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU.
Discours de Hocine AIT AHMED, le 30 janvier 2006
Mes ferventes félicitations au camarade George PAPANDREOU. J’ai le sentiment profond qu’il concrétisera les valeurs universelles de Chers camarades, Je voudrais tout d’abord dire, au nom des militants de mon parti et en mon nom personnel à nos camarades de Bolivie et du Chili tout le bonheur que leur succès nous a procuré. Par delà le souci légitime de voir des partis frères accéder au pouvoir, ces victoires démocratiques qui se multiplient chez nos camarades d’Amérique du Sud redonnent de l’espoir à l’ensemble des peuples en lutte. Au moment où l’Empire américain sous la houlette de l’administration néo- conservatrice veut imposer son ordre militaro-économique à l’ensemble de la planète et met en péril l’avenir de cette dernière en même temps que les luttes séculaires des peuples pour la liberté, le droit de disposer de leurs ressources et de construire des sociétés solidaires, ces victoires en Bolivie et au Chili s’ajoutant à celles qui les ont précédé sur le continent sont le signal que Je voudrais également attirer l’attention sur les récents développements de la crise israélo-palestinienne avec la victoire du mouvement HAMAS aux élections et les problèmes que vivent nos camarades du FATAH. Forts, autant de nos principes que de l’expérience algérienne, celle d’hier autant que celle d’aujourd’hui, nous tenons à réaffirmer à nos frères palestiniens que nous ne ménagerons aucun effort pour éviter que le radicalisme de HAMAS ne serve d’alibi à d’autres injustices à l’encontre du peuple palestinien. Un des penseurs du mouvement de l’Indépendance algérienne disait dans les années trente déjà quand le colonialisme français était en train de célébrer le centenaire de sa présence en Algérie : Bouder aux réformes c’est sourire aux révolutions ! Toutes les entraves qui ont jalonné les tentatives de l’Autorité palestinienne de réaliser les conditions d’une paix juste, une paix qui ne soit pas une abdication devant la loi du plus fort sont les premiers responsables de la radicalisation des électeurs palestiniens, bien loin devant les dérives et les erreurs internes que nos camarades sont les premiers à reconnaître. Il serait désastreux que par habitude ou pour simplement se soumettre en toute bonne conscience aux ukases américains de sanctionner le peuple palestinien au prétexte de sanctionner le HAMAS. Nous devons, partout où nous sommes pouvoir affirmer tout à la fois notre préférence pour des camarades idéologiquement et politiquement plus proches de nous tout en respectant les choix des électeurs et en travaillant sans relâche à ce que le règlement juste des problèmes, qu’il s’agisse de libération nationale ou de questions politiques et sociales, soit une option stratégique. L’option stratégique. Voilà qui nous amène à la situation désastreuse de mon pays l’Algérie. La maladie du Président Bouteflika et ses développements rocambolesques ont levé une partie du voile de la mystification largement véhiculée dans le monde d’une Algérie normalisée et enfin sur la voie de la réconciliation. Tout l’appareil de propagande officielle qui s’est attelé ces dernières années à masquer les protestations sociales, les grèves, les émeutes, les manifestations violemment réprimées, qui sont le lot quotidien des algériens s’est trouvé déstabilisé par un imprévu : La maladie de Bouteflika. Pendant plus de cinq semaines, le pouvoir qui ne sait fonctionner que par le mensonge et en se fabriquant des ennemis, a donné la pleine mesure de son archaïsme, de son mépris des faits et de la facilité avec laquelle il se meut dans la plus stalinienne des propagandes. Cet épisode aurait été insignifiant dans la somme des turpitudes de ce régime si l’on n’avait pas senti poindre derrière la panique la tentation de la violence fascisante. Les milices maffieuses qui se sont chargées dans les villes de l’intérieur de l’organisation pour le compte de l’administration des festivités pour le retour de Bouteflika le 31 décembre dernier, le compagnonnage d’anciens émirs de l’AIS, l’Armée Islamique du Salut, le gel du fonctionnement institutionnel et le contrôle absolu sur l’information sont des signes qui ne trompent pas. Ce n’est pas tant que le régime de Bouteflika se soit soucié de perdre un président, c’est surtout que devant le risque du changement le régime s’affole et n’a pas peur de recourir aux pires méthodes pour se maintenir. Nous ne sommes pas sortis de la zone de turbulences avec le retour de Bouteflika malgré les efforts déployés par la propagande pour faire croire à une situation normalisée. Il reste encore des missions à accomplir pour Bouteflika aux yeux de ceux qui l’ont porté au pouvoir : D’abord le traité d’amitié avec Ensuite, les textes qui doivent asseoir l’amnistie des criminels de guerre puis, et ce n’est pas le moins important, le partage du pactole issu des hydrocarbures – bradés aux multinationales comme nulle part ailleurs dans le mondes - derrière des projets de développement aussi fumeux que le pseudo-entreprenariat privé qui avait vu l’émergence des KHALIFA et de ses semblables pour le pillage des ressources nationales. On le voit bien, il y avait de quoi paniquer pour les parrains de BOUTEFLIKA. Le référendum du 29 septembre dernier a bien montré que la population n’est pas dupe et le régime peu soucieux de la convaincre. Quelque soit le scénario qui sera retenu par les décideurs pour la succession de Bouteflika qui se prépare en douce, il lui faudra sérieusement tenir compte d’une population en rupture totale avec le pouvoir.
Chers camarades, Dire que l’unification du Maghreb constitue la condition sine qua non pour le développement de nos pays, de notre région et l’instauration d’un pôle de paix et de stabilité en méditerranée relève de l’évidence. Mais les espérances nées des combats pour l’indépendance et l’émancipation sociale qui avaient mobilisé des générations de maghrébins depuis la première guerre mondiale ont été enterrées. Je ne m’y résoudrai jamais. Nos pays ne sont pas condamnés à se regarder en chiens de faïence pour l’éternité. Nos peuples ne sont pas voués à être nourris de discours agressifs et d’accusations où le nationalisme étriqué fait office de vérité historique. Mais on ne sortira pas de cette impasse aussi longtemps que restera fermée la voie de la bonne gouvernance, de l’Etat de droit, de la transparence et de l’obligation de rendre des comptes à des institutions légitimes. Mais je demeure convaincu que réduire les tensions régionales demeure un impératif pour l’avenir de nos enfants. Partout dans le monde, des ensembles continentaux et régionaux se sont constitués : de l’Asie à l’Europe en passant par l’Amérique latine. Du pire peut sortir le meilleur ! Comme en témoigne le rapprochement entre les 2 grands rivaux géopolitiques d’Amérique du sud qu’étaient le Brésil et l’Argentine. Ces deux pays ont été les promoteurs du Mercosur après avoir réussi une réconciliation politico-militaire exemplaire. Dès lors, les zones frontalières ont cessé d’être des limites pour créer une dynamique de coopération et d’intégration. Nous ne pouvons être en reste au risque d’êtres réduits à des bantoustans balayés dans une mondialisation irréversible. L’Europe, quant à elle, a une responsabilité centrale. Celle de ne plus traiter les pays du sud comme des colonies, hier pas mûres pour l’indépendance, aujourd’hui pas mûres pour la démocratie, l’Etat de droit et les Droits de l’Homme. La solidarité de l’Europe à l’égard des peuples opprimés de l’Est n’est visiblement pas valable pour ceux du Maghreb. Le peuple ukrainien, par exemple, ne serait pas hasardé à des manifestations pacifiques de prise de pouvoir, sans la conviction que l’armée et les forces de sécurité ne pourraient ne pourraient réprimer dans le sang sans essuyer les foudres de l’Europe. En revanche, l’histoire des 30 dernières années montre l’approche schizophrène des pays européens à l’égard de notre région et spécialement de l’Algérie. Tout en proclamant l’universalité des valeurs éthiques et des principes démocratiques, ils se sont toujours gardés de dénoncer les trucages électoraux, les répressions sanglantes et les violations massives des droits de l’homme au Maghreb. Il est vrai que les justifications historiques et sécuritaires jouent en faveur du statu quo : acheteurs de gaz, les anciens colonisateurs redoutent aujourd’hui la fermeture des robinets ou les attentats sur leur sol. Aussi, le bilatéralisme des relations historiquement privilégiées tient-il lieu de politique européenne. Il a surtout servi à la protection des privilèges, au développement de réseaux de commissionnements et à la dilution des relations d’Etat à Etat dans l’opacité de groupes d’intérêts incontrôlables. Le bilatéralisme, ajouté aux menaces terroristes, consolide les dictatures corrompues, tout en proclamant la coopération pour la modernité et la « sécularisation » des sociétés supposées trop « sensibles aux sirènes islamistes ». Comme si celles-ci n’étaient pas le fruit du despotisme et de la prédation. Les élites politiques européennes restent trop souvent otages des préjugés d’hier et des calculs d’aujourd’hui. Elles ferment les yeux sur le fossé qui se creuse toujours plus entre les sociétés des deux rives. Sans se rende compte qu’elles apportent ainsi de l’eau au moulin des tenants du « choc des civilisations » et d’une montée de l’obscurantisme. Je vous remercie pour votre attention. Hocine AIT AHMED. Dans la même rubrique : " Le système innove en légalisant ce qu’il a toujours fait et ce qui lui a permis de durer : il décrète et légifère l’oubli et l’impunité. Il légifère le refus de ce qui constitue précisément l’histoire d’un peuple : la mémoire. Il paraît que nous devons circuler, qu’il n’y a plus rien à voir : ni Mécili, ni Boudiaf, ni Mahiou, ni personne. Il n’y a plus rien à voir et surtout pas 200 000 morts et 15 000 disparus. Que faire alors de nos yeux, de cette mémoire qu’on prétend nous dénier ? VOIR et SE SOUVENIR précisément."
Le Mercredi 21 septembre 2005 à 15h00, Hocine AIT AHMED, a animé une conférence de presse au niveau du Centre d’Accueil de la Presse Etrangère à Paris. " J’appelle les Algériennes et les Algériens à refuser le diktat et l’instauration d’un pouvoir présidentiel absolu consacré par cette charte en boycottant activement le référendum du 29 septembre 2005 ".
Intervention de Hocine Aït- Ahmed le 28 juin 2004 Lors du colloque « FrançAlgérie » à l’Assemblée Nationale Française. "Tout a été fait pour que les rapports franco-algériens soient englués dans un pathos où se mêlent la culpabilité, les vieux réseaux sentimentaux et pécuniers de la « Françalgérie ». C’est exactement ce qu’il fallait pour instaurer un début d’omerta sur notre pays et pour que les « amis de l’Algérie » tolèrent chez nous des atteintes aux droits de l’Homme qu’ils ne toléreraient ni chez eux ni ailleurs."
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