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DECLARATION DU CONSEIL NATIONAL - 02 Septembre 2005 - CONTRE LA THEATRALISATION POLITIQUE ...Les termes de la charte - ordonnance des cercles de décision, de l’aveu de Bouteflika lui même reflètent la prééminence des équilibres au sein du sérail et le poids spécifique d’un président prétendument élu à une majorité écrasante... .... Le Front des Forces Socialistes considère que le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale dicté unilatéralement par le cercle des décideurs est un acte de guerre contre la société qui va aggraver les haines et les ressentiments. Il ne peut cautionner un texte qui glorifie la force et déclasse la médiation politique, consacre l’impunité et l’amnésie, et enfin qui négocie la douleur et la souffrance. ..... Front des Forces Socialistes
Le Conseil National Le Conseil National s’est réuni le jeudi 01 septembre 2005 au siège national du parti. A l’issue de ses travaux, il a adopté la déclaration suivante : Déclaration
Les recettes des hydrocarbures allant d’un record à un autre, au moment où les Algériens et Algériennes espéraient voir leurs gouvernants prendre en cette rentrée sociale une batterie d’actions concrètes et un train de mesures salvatrices à même d’apporter une amélioration tangible à leurs conditions de vie ; le Chef de l’Etat Bouteflika qui en tous lieux et toutes circonstances s’enorgueillit d’être très confortablement élu pour agir au nom du peuple et engager l’Etat, leur impose la corvée d’une énième mascarade électorale. La consultation, sournoisement mise en scène à laquelle sont appelés les électeurs et électrices n’est qu’un stratagème destiné à ceux et celles parmi l’opinion publique nationale et internationale qui veulent encore se laisser manipuler et tromper, qui consiste à absoudre les coupables de crimes et culpabiliser les victimes, et à amalgamer les causes et les effets de la crise Algérienne. L’Edit du prince pompeusement et fallacieusement intitulé « charte pour la paix et la réconciliation nationale » cache mal la volonté et l’outrecuidance des décideurs co-responsables des développements tragiques générés par le coup d’état de janvier 1992, de s’octroyer, en abusant de la lassitude et de l’épuisement de la société une immunité populaire contre des poursuites judiciaires pour violation massive des Droits de l’Homme et crimes contre populations sans défense . Les termes de la charte - ordonnance des cercles de décision, de l’aveu de Bouteflika lui même reflètent la prééminence des équilibres au sein du sérail et le poids spécifique d’un président prétendument élu à une majorité écrasante. Ils confirment que toutes les institutions du pays ne servent que de façade démocratique, de chambres d’enregistrement et caisses de résonance du pouvoir réel non redevable de comptes. Ce pouvoir dont la matrice originelle est constituée des éléments ayant assassiné ABANE Ramdane et dont la structure est consolidée par l’armée des frontières, se nourrit de violence et de coups de force, et se maintient par la corruption et la cooptation de clientèles. Il abhorre la politique et empêche l’émergence d’une classe politique capable de régler pacifiquement les conflits de classes et les différents entre les groupes sociaux. La dissolution des assemblées locales des wilayas de Bejaia et Tizi Ouzou , par le recours à des ordonnances et des décrets arbitraires et illégaux témoigne de l’immoralité et du racisme primaire des décideurs et de l’inexistence d’une sédimentation de la culture d’Etat . Elle atteste qu’a défaut de soumettre et de contrôler l’opposition , on sort le rouleau compresseur et use de toutes sortes de manœuvres pour l’éliminer . En commettant leur forfaiture, les metteurs en scène de la supercherie électorale ont décidé de ne pas intégrer les acteurs autonomes, comme témoins d’une falsification des résultats du vote. Parallèlement, il est visé de planter le décor pour la recomposition du champ politique et la reconfiguration de la représentation politique et sociale dans la région de Kabylie réputée frondeuse. Les stratèges du tout sécuritaire se trompent dans leur hypothèses : ils sous estiment le degré de la maturité politique des citoyennes et citoyens de Kabylie ainsi que le niveau d’enracinement des valeurs du FFS dans la société. Le Front des Forces Socialistes considère que le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale dicté unilatéralement par le cercle des décideurs est un acte de guerre contre la société qui va aggraver les haines et les ressentiments. Il ne peut cautionner un texte qui glorifie la force et déclasse la médiation politique, consacre l’impunité et l’amnésie, et enfin qui négocie la douleur et la souffrance. Le Front des Forces Socialistes ne peut adhérer qu’à une paix qui soit l’aboutissement d’un processus fondé sur la vérité et la justice et qui ne réserve que l’amnistie conditionnelle et individuelle. Le Front des Forces Socialistes prend à témoin l’opinion nationale et internationale qu’il poursuivra inlassablement sa lutte pour que lumière soit faite sur les dépassements et que les auteurs et les commanditaires répondent de leurs actes. Le Conseil National du FFS se prononce pour une campagne imaginative et active des structures, des militants et sympathisants pour la réussite du BOYCOTT du scrutin . Il appelle les algériennes et algériens épris de paix, de justice et de vérité à se démarquer de la tromperie Historique qui ne fait qu’aggraver la crise. Le Front des Forces Socialistes reste confiant que malgré tout le tapage médiatique des fossoyeurs de l’histoire et des semeurs de la confusion, le 29 septembre restera la date anniversaire de sa fondation. Alger, le 02 septembre 2005 Dans la même rubrique : Le conseil national du Front des Forces Socialistes, inscrit ses espérances, ses ambitions et son action dans une perspective de changement radical et pacifique. Le FFS réaffirme sa solidarité avec les forces sociales et les personnalités politiques autonomes qui partagent cette vision et les assure de sa disponibilité pour réfléchir et agir ensemble pour civiliser la politique et imposer l’alternative démocratique. Le FFS donne à son combat pour les droits et les libertés une dimension et une portée nationale mais aussi maghrébine. L’esprit de la déclaration de Tanger du 27 avril 1958 est d’actualité. Nos pays n’ont aucune chance de se développer séparément, la réduction des tensions est un impératif pour l’avenir de nos enfants. L’urgence et la priorité sont l’ouverture des frontières. L’ambition et l’objectif sont la construction démocratique d’un ensemble maghrébin ; espace indispensable à la stabilité de la méditerranée.
Le pays traverse une situation particulièrement dangereuse. Les indices d’une explosion politique et sociale à grande échelle sont visibles. Les Algériens ne trouvent de possibilités d’écoute et d’expression de leurs ras le bol et leur désarroi que dans la défiance électorale et la révolte. Au lieu d’une écoute responsable de tant de révoltes et d’alertes populaires, le pouvoir continue de pratiquer la politique de la peur et de l’insécurité, du chantage et de la corruption.
A l’épreuve des faits, au regard du bilan, il faut pour le moins, faire preuve d’une profonde naïveté politique pour croire à l’existence d’un parlement algérien ; pour croire à la capacité d’intervention de l’APN dans la vie nationale ; pour parler d’élections crédibles. La vérité est ailleurs, le changement est possible. Tout est figé en haut mais tout bouge en bas. Nous ferons le chemin avec ceux d’en bas pour construire un projet politique démocratique pour imposer une alternative démocratique et sociale.
« Seule la restitution de l’intégralité des droits aux algériennes et aux algériens dans un cadre démocratique et sous le contrôle d’une justice indépendante, pilier de l’Etat de droit, est à même de réunir les conditions du retour à la paix et à l’avènement d’une république démocratique. » « Le Front des Forces Socialistes, reste engagé et s’associe à toutes les initiatives visant à défendre et à élargir les espaces de la contestation démocratique aux cotés de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux autonomes. »
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