|
||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||
Conférence de presse du Président du FFS à l’issue du Troisième Congrès "Les jeunes ont compris qu’il existe une alternative entre la violence et le désespoir et l’abattement. Ils ont compris que l’ordre établi, que la dictature, veut les enfermer dans ce couple infernal. Leur émergence au FFS me conforte dans l’idée qu’ils sont décidés à ne pas se laisser faire." DÉCLARATION LIMINAIRE
Depuis ma dernière conférence de presse à Alger, il y a un an à l’hôtel El Djazaïr, lors de la campagne des présidentielles anticipées, je retrouve mon pays baignant toujours dans une situation de crise, sans perspective sérieuse de dénouement. Et je dois dire que c’est ce constat qui a dicté de lui-même le mot d’ordre de notre congrès, celui de l’alternative démocratique face à la logique mortelle du pouvoir.
La politique dite de concorde civile, bâtie sur des accords secrets entre chefs de guerre, a été mise en œuvre au détriment de la société et de ses revendications de vérité, de justice et de paix effectives.
Simultanément, le pouvoir a accentué sa politique de normalisation autoritaire de la société et de la vie publique.
C’est dans ce cadre que le FFS a été l’objet d’intrigues et de pressions multiples pour tenter de le normaliser et de l’amener à rallier un consensus " béni-oui-oui " d’appareils partisans.
Le Front des Forces Socialistes n’est absolument pas disposé à s’inscrire dans une telle logique. C’est contraire à ses principes, à ses idéaux et à son combat démocratique. Notre 3ème congrès national l’a réaffirmé.
Il s’est tenu, comme vous devez le savoir, malgré les conditions d’accueil difficiles que le pouvoir nous a imposé.
Le plus important, pour nous, est qu’il a débouché sur des résultats qui doivent redynamiser notre action politique à travers une ouverture plus large et soutenue en direction de la société pour construire l’alternative démocratique.
Ce qui a été remarquable à ce congrès est cette jeunesse qui conteste, mais qui a appris à formuler politiquement sa contestation. Cette jeunesse a déjà conquis le parti et sans doute les structures et les instances dirigeantes n’ont pas été attentives à cela. J’y vois une source d’espoir et d’optimisme pour l’avenir. Les jeunes ont compris qu’il existe, que dis-je, une alternative entre la violence et le désespoir et l’abattement. Ils ont compris que l’ordre établi, que la dictature, veut les enfermer dans ce couple infernal. Leur émergence au FFS me conforte dans l’idée qu’ils sont décidés à ne pas se laisser faire. Et ce refus, ils le formulent avec une grande maturité politique. Beaucoup d’entre eux ont investi le FFS en bousculant d’ailleurs le ronron des structures en place et en s’affirmant politiquement. Ils veulent construire et se battre. Je dois dire qu’ils me rappellent si bien ma génération que je leur saurais gré de consentir à m’accepter comme allié. C’est la source de mon optimisme pour ce pays. Et je souhaite que la jeunesse investisse tout aussi franchement les autres partis politiques et le mouvement associatif. Cette jeunesse est si franchement majoritaire dans ce pays, si pleine d’un dynamisme combattu par les tenants de l’ordre établi, que je me permet de détourner, légèrement, le vers du tunisien Aboulkacem Chabi.
Si la "jeunesse" veut un jour la vie,
Il faut bien que le destin réponde,
Il faut bien que la nuit s’estompe,
Il faut bien que les chaînes se brisent.
Et bien, cette jeunesse, j’en suis sûr parviendra à briser les chaînes de l’indignité que ce système dictatorial représente pour ce pays si riche de ses femmes, de ses hommes et de sa fabuleuse jeunesse.
Alger, le 31 mai 2000
Hocine Ait Ahmed
Dans la même rubrique :
texte complet de la résolution de l’atelier KACEM ZIDOUN Les objectifs du millénaire des Nations Unies pour le développement
Pages - 1
|
2 -
|
|
|||||||||||||||
|
||||||||||||||||