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20/01/2007
Communication de Hocine Aït-Ahmed au Conseil National du FFS le 19 Janvier 2007 à Zéralda.

" Nos institutions, les différents compartiments du parti doivent agir à deux niveaux : anticiper et dans le même temps fédérer, dans l’esprit de la plateforme de la Soummam, dans le parti, chez nos partenaires, dans la classe politique en général et dans la société autour de la pertinence d’une Constituante et de l’urgence d’une union autour d’un contrat clair pour la 2e République."

 
 
Cher(e) s camarades,
De ma vie, je n’ai vécu une situation aussi rocambolesque et insensée au sein du FFS. Pour la première fois où le Secrétariat national décide enfin de mettre en application notamment la plus stratégique des résolutions du 3e Congrès du parti, à savoir l’ouverture des structures du FFS à la société et prioritairement à notre jeunesse exclue de tout par le système d’oppression, voici qu’un groupe de soit disant militants contestataires flanqués de flics en civil décident de défoncer le portail d’entrée, de fracturer la serrure de la salle de conférences et d’occuper le siège national du parti, dans le but de forcer le Président à limoger le Premier secrétaire Ali Laskri, qu’il avait lui-même désigné.
 
Jamais le FFS où prévalent les principes politiques de respect, n’a connu de telles pratiques de truands dont la police politique a toujours usé et abusé pour contrôler les franges en colère de la société y compris les clubs sportifs.
 
Cette contestation qui fut annoncée la veille par la radio nationale puis montée en épingle par des journalistes aux ordres, au premier rang desquels les zouaves de l’inénarrable "dépêche de Kabylie" qui, de son vivant, auraient pu faire fuir de nouveau à Annaba le grand poète Si Moh Ou M’Hend, est loin d’être un phénomène de génération spontanée. Dans la lettre adressée aux militants et aux sympathisants à la suite de l’assassinat de notre frère et camarade Rabah Aïssat, le Premier Secrétaire, Ali Laskri souligne : "Le FFS est un des derniers territoires qui empêche de dictaturer en rond et en silence se voit être l’objet de toutes attentions de certaines officines." Ajoutant : "J’ai le devoir de vous alerter et le souci de ne pas dramatiser". C’est dans le même esprit et la même vigilance que je vous interpelle en tant qu’instance majeure responsable.
Je voudrais d’abord dénoncer, deux rumeurs mensongères et grotesques.
On fait circuler que "le Président est toujours désinformé ou mal informé". Comment assurer les militants et sympathisants du contraire ?
 
Sans informations crédibles je me serais souvent trompé d’analyses dans les moments les plus dramatiques ; comme lors de l’opération des Arouchs, par exemple. Les anticipations correctes qui me valent quelque estime, ne relèvent ni de la magie ni du bluff, mais de la connaissance prudente et suivie du terrain. C’est de cette manière que j’ai toujours essayé de coller aux réalités dans l’accomplissement de mes missions d’hier et aujourd’hui. Je me fie d’abord aux rapports du Secrétariat national, dont j’apprécie le dévouement, la compétence, l’esprit d’équipe, la modestie exemplaire et surtout leur qualité fondamentale : la franchise. Ce ne sont pas des menteurs, fabricants de fausses informations ou de vérités.
 
Du reste, par souci d’information, de travail en commun, de partage d’idées, de voisinage parentale entre les 2 instances élues par le Congrès, - ni trop de proximité ni trop de distance - j’avais demandé au Conseil national, lors de la session du 4 août 2006, un message d’appréciation portant sur la situation du pays et du parti. A ce jour, je n’ai pas eu de réponse.
Certes, les statuts ne vous y obligeaient pas, bien sûr ! Pas plus qu’ils ne m’ont contraint moi-même à vous assaillir de commentaires et de conseils, comme si je manquais d’occupations par ailleurs. Mais que d’interrogations sur des problèmes sensibles ont été traitées par le même mutisme. Aujourd’hui, tout cela est secondaire. L’essentiel étant de réfléchir à nos insuffisances et de tirer les leçons de cette longue expérience qui, somme toute, a su jusqu’ici préserver l’unité du parti.
 
L’autre rumeur fantaisiste mais très récurrente auprès de la base est que j’ai gardé des contacts étroits et privilégiés avec des "proches", des "sages", des "historiques fidèles". Je n’ai reçu et ne tient à recevoir ces personnes quelque fussent nos liens passés, d’autant que certains d’entre eux s’appuient sur leurs propres prétendues initiatives de médiation qui ont déjà arraché au Président la promesse de mettre un terme au Secrétariat national. Je me pose souvent la question  : Est-ce possible d’immuniser les militants contre la contamination du mensonge, alors que le mensonge est à la base de toutes les institutions et activités d’une gouvernance sans queue ni tête. Je vous avoue que je ne cesse de faire des efforts pour éliminer les mensonges, qu’ils proviennent des adversaires ou des proches et amis ; l’enjeu étant de préserver ma propre survie morale et intellectuelle. A force de lutter pour ma décontamination personnelle, je finis par militer en faveur d’une décontamination publique à commencer par l’immunisation des structures du parti.
 
Ainsi, pendant que les autorités, les partis croupions et les notabilités en jachère donnent du Tamtam médiatique et multiplient les surenchères autour de la lutte contre la corruption, pendant que se déroule le procès de Khalifa Bank et que seuls les lampistes sont les acteurs d’une justice tragi-comique, on ne parle pas de ceux qui doivent réellement répondre de leurs actes ; on oublie de mettre en lumière la nature prédatrice du système qui gangrène tout ce qu’il touche et principalement une justice totalement prise en otage par les propriétaires de "l’Etat". On oublie enfin et surtout que la stratégie de normalisation et d’occupation des territoires autonomes visait principalement, mais indirectement le FFS. Après le printemps noir de 2001, l’irruption barbare des Arouchs, l’invasion de l’insécurité tous azimuts en Kabylie, l’assassinat de nos élus, nous nous trouvons ici et maintenant face à une étape stratégique de destruction directe du parti.
 
Mais à la différence des scénarii précédents, cette fois les tentatives de déstabilisation ont commencé par les actions suivantes :
-Multiplier les groupes en vue de faire imploser l’organisation de l’intérieur.
-Grâce à la couverture médiatique, semer en permanence le doute et la confusion au sein des militants, en manipulation les propos des dirigeants.
-Dévaluer le politique en discréditant les instances dirigeantes du parti et les initiatives politiques et organiques qu’elles mènent.
-Provoquer des incidents susceptibles de provoquer un engrenage de violences et de constituer des éléments à charge dans le cas d’une intervention de la justice. Une justice à une seule et unique vitesse. Comme en témoigne son rôle supplétif tout au long la sale guerre jusqu’à maintenant.
-Tenter de brader le capital politique du parti en l’engluant dans des luttes de personnes et dans la surenchère médiatiquement téléguidée.
 
Pendant ce temps se met en place contre le FFS et sous couvert du "rassemblement des démocrates soucieux de TAGMATS", un dispositif de déstabilisation des structures et des militants, dans le style des services et des spécialistes des coups bas. J’aimerais bien en savoir plus sur les positions de certaines notabilités du parti, qui magouillent dans ces eaux.
 
Il faut reconnaître que les services n’ont fait qu’exploiter la dégradation interne à l’organisation du FFS. Il n’y a qu’à passer en revue le profil des individus qui encadrent la fronde : ils sont connus de tous comme étant soit des corrompus, soit des escrocs, soit tout simplement des gens très proches des services. Et si des militants les suivent tout en les connaissant, c’est qu’à leur niveau ils ont un problème, qui avec le maire FFS, qui avec le responsable local de la section. L’un est déçu de n’avoir pas été mis sur la liste électorale précédente, l’autre sait qu’il ne sera pas sur la prochaine, certains encore, peut être les plus nombreux, représentent la clientèle d’élus FFS corrompus qui leur promettent un logement, un terrain ou un emploi. En plus de tout ça, nous voyons la réapparition d’éléments qui ont fait partie de toutes les dissidences précédentes. Mais ne perdons pas de vue que certains sont récupérables et c’est ce que je recommande instamment à Da Ali de faire.
 
Voilà. J’arrive au bout de cette contribution et je vous souhaite plein succès dans vos travaux. N’oubliez surtout pas que militants, sympathisants, notre belle jeunesse, à l’intérieur et à l’extérieur du pays suivent avec espoir le devenir du FFS. Et la poursuite rigoureuse des Conférences Politiques d’Evaluation.
 
J’espère que les ex-dirigeants finiront par sortir de leur mutisme pour condamner sans ambages ces pratiques maffieuses qui ne déshonorent que leurs meneurs et leurs inspirateurs. Leur silence serait un soutien à la conspiration. Il sera interprété par les services comme un signal de la part d’un fédérateur éventuel des "opposants" à une demande de soutien auprès d’eux. J’attends de vous particulièrement que vous démentiez la mystification qui présente les frondeurs comme les meneurs d’une simple contestation contre la direction alors que tout est mis en place, y compris le meurtre des frères Azraraq et Aïssat, contre le parti lui-même. Et contre son Président. En effet, comment lui être fidèle tout en occupant le siège jusqu’à ce qu’il chasse Laskri - la crème des hommes - qu’il a lui-même désigné. 
 
Vos débats devraient également penser à ce qui nous attend, et ce qui nous guette et surtout à nous y préparer pour y faire face.
Soyons réalistes, les plus vulnérables d’entre nous, ou les plus fragiles parce que tentés, continuerons à être travaillés au corps pour les faire abdiquer et les soumettre ou pour le moins entretenir le doute et la confusion dans l’esprit des militants les plus sincères.
Par ailleurs, une même attention sérieuse s’impose au sujet de l’occupation et de la falsification du champ sémantique, par la propagande crypto-stalinienne.
Passent les manipulations qui pervertissent les notions fondamentales du politique et de la modernité, du patriotisme, de l’Identité, de la réconciliation, qui les habillent de majuscules pour les vider de toute substance ; elles sont devenues vulgaires à force de banalité. Par contre, nous devons recentrer davantage notre réflexion sur les conséquences destructrices, de cette dynamique corruptrice des mots. Parce que portés par les matraquages médiatiques contre une population indigène dépouillée de toutes leurs libertés démocratiques et de leurs droits humains. Décidément les rapports entre la corruption du langage et la puissance corruptrice du langage nous ont fabriqué un cercle vicieux.
 
A nous de contribuer à le briser. Et pour cela "regarder dans la même direction", retrouver les objectifs stratégiques et l’esprit FFS.
Nos institutions, les différents compartiments du parti doivent agir à deux niveaux : anticiper et dans le même temps fédérer, dans l’esprit de la plateforme de la Soummam, dans le parti, chez nos partenaires, dans la classe politique en général et dans la société autour de la pertinence d’une Constituante et de l’urgence d’une union autour d’un contrat clair pour la 2e République.
J’attends de chaque militant un engagement fort pour préparer nos prochaines échéances internes dans la sérénité le débat apaisé. Aucune manœuvre, aucune personne ne doit nous distraire de ce but. Ce sont ces conditions là qui garantiront et crédibiliseront notre détermination à être le creuset et le cadre qui perpétuera le contrat de Novembre.
 
A vous les salamaleks
Hocine Ait-Ahmed


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" Une chose est indéniable, dans l’accumulation chaotique des campagnes de manipulations et de mensonges menées tambour battant par les autorités de fait et de force, le peuple algérien a, par son abstention massive exceptionnelle, signifié clairement, fortement et sans équivoque sa rupture avec le système de prédation culturelle, politique, électorale, économique et sociale. Au-delà du ras le bol, il a marqué son inébranlable volonté de reconquérir sa souveraineté et restituer aux citoyennes et citoyens leurs libertés d’expression, d’organisation et de participation à la gestion politique, culturelle, économique et sociale du pays. Il est de notre responsabilité de traduire ce message en programme politique efficace, cohérent et mobilisateur de l’ensemble des forces saines du pays, en vue d’une alternative démocratique et sociale radicale et pacifique."

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