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25/12/2004
CONSEIL NATIONAL- SESSION DECEMBRE 2004
Résolution Politique
... "Une réconciliation véritable doit être le couronnement d’un large débat au sein de la société dans un cadre démocratique et doit impérativement obéir aux principes inaliénables de vérité et de justice." ...

Front des Forces Socialistes
Conseil National

Session session ordinaire 23 & 24 décembre 2004

Résolution politique

Notre pays traverse l’une des phases les plus décisives de son histoire. En face d’enjeux géostratégiques important et devant toutes les transformations économiques et politiques qui se déroulent sur la scène internationale, notre pays risque d’évoluer en marge de l’histoire pendant que la population en subit les conséquences néfastes.

L’absence d’une volonté réelle de laisser la libre expression combinée aux conditions de vie des citoyens qui sont en continuelle dégradation, constitue des facteurs explosifs qui pèsent dangereusement sur la cohésion sociale.

L’Etat sensé appartenir à la nation se réduit de jour en jour à une organisation policière de répression et de contrôle de la population. L’inexistence d’un vrai Etat au service des citoyens ne saurait être comblée ni par les discours démagogiques des officiels, ni par les défilés de salons, que le pouvoir qualifie pompeusement de dialogue social, de Bipartie, tripartie...

Sur le plan politique :

Sous couvert d’une réforme, un type nouveau de gestion des affaires publiques se met insidieusement en place et les aberrations politiques économiques, politiques et sociales deviennent récurrentes. Une gouvernance stalinienne consistant à proclamer des slogans et des principes démocratiques et à pratiquer le contraire dans les faits quotidiens.

Ne disposant d’aucune possibilité de regard et de contrôle, les Algériens constatent que leur avenir se joue dans les coulisses des contrats politiques et des arrangements financiers occultes. Les citoyens découvrent alors que le maintien de l’état d’urgence depuis des années aura servi à privatiser l’Etat et à éradiquer le public et la politique. Du détournement du suffrage universel à la manipulation de l’histoire, les institutions sont devenues de simples appareils où se côtoient des charlatans, les prédateurs et les mafieux de tout bord. Autant de dérives et de manipulations que seules le cercle présidentiel, l’ENTV, la direction de l’UGTA et les associations satellites continuent à professer et à qualifier de démarche de développement et de réconciliation nationale. Comment peut-on parler d’une réconciliation dans l’absence des libertés individuelles et collectives ? Une monstruosité politique visant à imposer le silence au peuple algérien et à garantir l’impunité aux décideurs qui se sont rendus coupables de crimes contre l’humanité.

Pour le Front des Forces Socialistes, la véritable réconciliation doit se faire entre l’Etat et le peuple algérien. Elle passe inévitablement par la restitution au peuple algérien ses droits politiques, économiques, sociaux et culturels. Des droits indivisibles qui ne peuvent s’exercer que par la libération des champs médiatique et politique et par le respect des droits de l’homme. Une réconciliation véritable doit être le couronnement d’un large débat au sein de la société dans un cadre démocratique et doit impérativement obéir aux principes inaliénables de vérité et de justice.

Au lieu de prendre en charge les préoccupations et les souffrances des citoyens dans un cadre démocratique, le pouvoir adopte une stratégie expéditive en imposant la voie référendaire. Quelle crédibilité peut avoir un référendum dans un système incapable de s’interdire de recourir à la force et à la manipulation ?

Le Front des Forces Socialistes persiste et signe que seul le retour à la légitimité populaire qui passe par l’élection d’une assemblée constituante souveraine est à même de redonner la parole au peuple, pour que soient consacrés les principes de l’Etat de droit et de démocratie garants d’un développement durable pour notre pays.

Sur le plan des libertés :

Le maintien de l’Etat d’urgence avec ses corollaires répressifs, combiné à une prolifération à grande échelle des structures clientélistes de délation, prouve l’obsession maladive du pouvoir à vouloir régenter la société par la négation absolue de toutes les libertés. Les journalistes, les syndicats, les étudiants..., toutes les catégories sociales sont victimes de la persécution.

Malgré toutes ces brimades, les citoyens à Ghardaïa, Taref, Ouargla, El Beyedh, Oran, Sidi Bel Abbes, Tizi Ouzou, Bejaia, Boumerdes, Bouira, Alger..., continuent à défier la terreur et à se battre quotidiennement pour faire barrage à la mentalité de soumission et de servitude.

Sur le plan économique et social :

L’absence d’une stratégie économique cohérente qui garanti la sauvegarde du patrimoine et des richesses nationales risque de conduire, à très court terme, le pays vers une totale dépendance. La privatisation des entreprises publiques dans l’absence de transparence, d’un vrai dialogue social et d’institutions représentatives, conduira inéluctablement vers un transfert mafieux du patrimoine national au profit de lobbies et de groupes financiers occultes. Les conséquences économiques et sociales de ce processus seront immédiatement ressenties puisque des milliers de travailleurs seront évincés de la vie active et des régions entières seront livrées à la mafia et aux prédateurs.

Malgré l’embellie financière historique, la situation sociale du pays s’aggrave, la pauvreté s’accroît dans les villes et les campagnes et s’exprime par l’extension de maux sociaux, la violence urbaine et des émeutes dans de nombreuses communes du pays. Le terrorisme y trouve le terreau social favorable. La mendicité s’est généralisée. Le spectacle de femmes et d’enfants qui fouillent dans des poubelles pour se nourrir au quotidien donne l’image d’un pays en déchéance.

Dans les conditions actuelles, un enfant sur deux qui naissent aujourd’hui n’a aucune chance de terminer sa scolarité ou de trouver un emploi plus tard. A ce rythme, ce sont des générations entières qui viendront rejoindre l’armée actuelle des chômeurs et des jeunes exclus du système scolaire, rejetés dans la rue et poussés vers la criminalité quand ce n’est pas le terrorisme l’exil ou le suicide au stade ultime du désespoir.

La nature mafieuse et opaque du régime, l’inopérabilité des institutions mises en places, l’insécurité qui demeure à un niveau élevé, l’incompétence et l’indigence intellectuelles des haut responsables de l’administration qui découragent toute perspective d’investissement national et surtout l’absence de politique et de stratégie économiques sont autant d’éléments qui pèseront directement sur l’avenir économique de la nation, particulièrement sur des closes et les conditions d’adhésion de notre pays à l’organisation mondiale du commerce(OMC).

Les chefs du gouvernement défilent, les programmes se multiplient et aucune incidence positive sur les conditions de vie des Algériens n’est enregistrée. Au contraire les conditions sociales ne cessent de se dégrader et l’écart devient de plus en plus évident entre l’Algérie de dedans, composée d’une minorité de bénéficiaires de la rente et l’Algérie de dehors représentée par la majorité d’exclus, de chômeur et de déshérités.

Le Front des Forces Socialistes considère que :

  •  Ne peuvent s’insérer sur la sphère économique mondiale et résister à la compétition acharnée que les pays qui sont gérés sur la base des principes de la bonne gouvernance. A l’ère moderne, il n’y a plus de place aux discours démagogiques pompeux et erronés. Les réformes, les programmes et les discours ne peuvent êtres viables s’il n’y a pas d’impacte positif sur le niveau de vie des citoyens.
  •  L’adhésion de notre pays à l’OMC ne peut conduire, dans l’absence de démocratie et des règles de bonne gouvernance qu’à une dislocation sociale et économique.
  •  Les privatisations ne peuvent concerner les secteurs stratégiques protégés par la constitution, dont les hydrocarbures, et que toute cession de patrimoine national à des étrangers ne doit en aucun cas aboutir à un contrôle extérieur de la production national, ni à une dépendance technologique et financière du pays.

Convaincu que seules une véritable participation des citoyens et une réelle démonstration de l’Etat et de la société sont à même d’éviter au pays d’autres décennies plus sanglantes.

Front des Forces Socialistes :

  • Met en garde les autorités contre la de dépossession de notre pays d’un secteur public assaini et d’une base industrielle moderniser seule à même de valoriser nos matières (Pétrole, gaz et ressources minières...), fournir les équipements et autres biens intermédiaires nécessaires à notre agriculture et aux autres secteurs d’activités.
  • Demande la mise à niveau et la prise de mesure d’amnistie fiscale aux profits des entreprises publiques de production qui recèlent de fortes potentialités de création de richesses et d’emplois.
  • Dénonce la discrimination devant la loi, les crédits bancaires et autres facilités financières dont sont victimes les entreprises publiques de production, soumises à une concurrence déloyale devant les monopoles et les privilégiés du secteur privé.

Partisan d’un secteur public assaini et de la promotion de l’entreprise privée créatrice de l’emploi et des richesses.

Le Front des Forces Socialistes :

  • Dénonce la mesure annoncée de privatisation systématique du secteur public.
  • Appelle les travailleurs dans chaque entreprise concernée et leurs syndicats à s’organiser pour empêcher la liquidation de leur outil de production et de leur emploi.
  • Recommande à l’ensemble des cadres gestionnaires et syndicaux de se concerter dans chaque entreprise et dans chaque branche d’activité pour définir des stratégies sectorielles qui sauvegardent l’outil de production et l’emploi en proposant au cas par cas les adaptations, reconversions et diversifications nécessaires.
  • Invite ses militants et sympathisants parmi les travailleurs, syndicalistes et cadres gestionnaires des entreprises menacées de privatisation et ceux œuvrant dans des milieux économiques et universitaires, à s’engager fortement dans la réflexion et l’action pour contribuer à sauvegarder l’emploi et à conserver un secteur public compétitif au plan national et international.
  • Exprime sa pleine solidarité à toute initiative prise ou à prendre au niveau national ou local pour éviter des fermetures d’unités de productions, des licenciements collectifs ou des cessions de patrimoine contraires aux intérêts nationaux...
  • Engagé à poursuivre son combat pour l’avènement d’une deuxième république qui restitue au peuple son droit à l’autodétermination et son droit le plus élémentaire qu’est le DROIT D’AVOIR DES DROITS.

Le Front des Forces Socialistes

  • Dénonce les arrestations des journalistes, des syndicalistes et des militants des droits de l’homme et des citoyens.
  • Dénonce les mesures prises récemment par le gouvernement pour la restriction des libertés syndicales et du droit de grève.
  • Dénonce les décisions de transfert des prérogatives des élus locaux au profit de l’administration et la relégation des représentants du peuple au rang de simples figurants dans les institutions, pourtant sensées représenter les citoyens.
  • Exige la levée de l’Etat d’urgence et la libération de l’ensemble des détenus de la dissidence nationale pacifique.

Le Font des Forces Socialistes appelle l’ensemble des algériennes et des algériens à se mobiliser pacifiquement pour faire barrage au bradage du patrimoine national, à s’organiser pour arracher leur droit d’expression et d’organisation et à se solidariser avec toutes les victimes des violations des droits de l’homme.

Le Front des Forces Socialistes lance un appel à tous les acteurs sociaux et politiques autonomes à se concerter et à engager des actions concrètes pour la sauvegarde des libertés et des acquis démocratiques des hautes luttes politiques.

TICHY Le, 25 Décembre 2004



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